Wall Street fait son ménage d’hiver, le marché aime bien renvoyer les apprentis financiers à leurs études de temps en temps. Tenez, prenez le bitcoin, qui décolle de plus de 3000 dollars en une dizaine de minutes hier, récupère le niveau de 90’000 dollars pour le rendre aussitôt et rentrer dans le rang une petite heure ensuite. 120 millions de dollars de positions shorts à effet de levier sont liquidées, entrainant la hausse, puis vient le tour de 200 millions de dollars de positions longues, toujours à effet de levier, et le bitcoin de se retrouver à la case départ en termes de prix, cela correspond à un fort joli swing de 140 milliards de dollars, ah les joies du levier…
Sur le front des actions on continue d’adorer détester les sociétés portées au firmament il a y peu encore, les investisseurs sortent de la tech, hier ils n’apprécient guère une annonce du Financial Times qu’Oracle ne serait pas suivie par Blue Owl (Blue Angel n’a pas commenté) pour financer un centre de données dans le Michigan à raison de 10 milliards de dollars. La firme de Larry Ellison a beau démentir, le marché n’écoute pas et l’envoie 5,4% plus bas. C’est probablement cela qui permet à la pression vendeuse de s’accentuer sur le secteur de la tech hier, on pense aussi à OpenAI, qui vaudrait 750 milliards de dollars en bourse ce qui soulève des interrogations ainsi que de nombreux sourcils. Un superbe château de cartes que la société de Sam Altman? Quoi qu’il en soit, le doute s’est instillé dans les esprits au sujet de l’intelligence artificielle et de la monétisation des investissements colossaux déjà consentis dans ce domaine, c’est là probablement la meilleure nouvelle de l’année, le marché n’est pas euphorique, il effectue une saine rotation depuis début novembre. À ce sujet, l’institut de sondage Bank of America publie sa dernière enquête mensuelle conduite auprès de gérants dans le monde entier, il en ressort notamment que le pari le plus embouteillé du moment reste d’être long les sept magnifiques (Nvidia, Apple, Microsoft, Alphabet, Amazon, Meta et Tesla).
Quatrième séance consécutive de repli pour les indices S&P500 (SPX) et Dow Jones. Le SPX casse sa 50 jours, le Nasdaq100 (NDX) fait de même et s’approche de sa 100 jours (la 100 dma à 24'546 points contre une clôture à 24'647 pts). Je note que l’indice S&P500 équipondéré (SPW) reste solidement installé au-dessus de sa propre 50 jours, d’ailleurs hier il n’abandonne que 0,31% contre -1,16% au SPX, avec un breadth positif, la faiblesse d’hier est donc confinée aux secteurs de la tech, des services de communication et à quelques industrielles. La volatilité des actions remonte quelque peu, elle croise en chemin celle des obligations qui est bien basse ces jours. Le rendement du 10 ans US semble d’ailleurs endormi dans la zone 4,18% - 4,14%. Sur le front du dollar c’est un peu pareil, la paire EUR/USD ne bouge guère plus, elle cote ce matin 1,1729, les intervenants ne seraient-ils pas passés en mode attentiste? Il faut dire que le très attendu indice des prix à la consommation (US CPI) est attendu cet après-midi à 14h30. En apéritif nous aurons eu droit aux décisions de la Banque Centrale Européenne, la BCE ne devrait pas bouger ses taux, ainsi que de la Banque d’Angleterre, qui devrait elle réduire le loyer de l’argent de 0,25% au Royaume-Uni, le niveau actuel est à 4%.
Bloomberg nous rappelle ce matin que le positionnement long net sur l’Euro persiste à rester élevé depuis le Liberation Day de qui vous savez début avril, rendant la monnaie unique vulnérable à tout positionnement plus colombe que prévu de Christine Lagarde et ses collègues, à suivre.
Aujourd’hui, nous suivrons aussi notamment les trimestriels de Nike et FedEx.
Au menu macro-économique de ce jeudi, aux Etats-Unis à 14h30, place donc à l'inflation de novembre.
Bernard Arnault déclare dans une interview à CNBC espérer tenir encore dix ans aux commandes de LVMH. Nicolas Sarkozy a démissionné de son poste d'administrateur d'Accor. Roche et Novartis seraient proches de s'entendre avec la Maison-Blanche sur le prix des médicaments. Rheinmetall va vendre le reliquat de ses activités civiles pour se concentrer sur le militaire. Avolta obtient une concession à l'aéroport Shanghai Pudong. Micron gagne 8% hors séance après ses trimestriels. Warner Bros exige une garantie personnelle de Larry Ellison dans le cadre de l'offre d'achat déposée par Paramount. Elliott s'invite au capital de Lululemon, révèle le WSJ. Comcast a évalué sa division médias à 81 milliards de dollars dans son offre sur Warner Bros, selon Bloomberg. Eli Lilly réduit le prix des médicaments contre le diabète et la perte de poids au Canada, rapporte le Globe and Mail. YouTube (Alphabet) récupère la cérémonie des Oscars à partir de 2029. OpenAI a envisagé de lever plusieurs dizaines de milliards de dollars sur la base d'une valorisation d'environ 750 milliards de dollars, selon The Information. Hitachi vise le déploiement en usine de robots humanoïdes dotés d'intelligence artificielle d'ici 2028. Tencent nomme un ancien chercheur d'OpenAI au poste de directeur scientifique en intelligence artificielle.
Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en ordre dispersé. Tokyo perd 1,03% à la cloche, Hong Kong grappille 0,12%, Shanghai 0,16%, Séoul perd 1,53% et le Nifty50 prend 0,15%. L’or est plutôt stable à 4325 dollars l’once, le pétrole reste englué autour de 56 dollars le baril de WTI Light Crude.
Tout le monde sur le pont à 14h30 pour le CPI américain!