Pourquoi il est judicieux d’investir maintenant

James Mazeau, UBS Global Wealth Management

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Pour tenter de concilier optimisme à long terme et perspectives moins réjouissantes à court terme, les investisseurs se contentent d’attendre. Or, cette approche comporte des risques.


© Keystone

Les économies réalisées sont généralement limitées, tandis que les coûts d’opportunité peuvent être bien plus élevés. Il s’agit donc de trouver un compromis entre attendre et investir.

Les banquiers centraux continuent de hausser le ton face à l’inflation. Mais le mois dernier, les marchés ont montré que la hausse des prix ne préoccupait plus les investisseurs. En revanche, les risques de récession et de resserrement monétaire excessif de la part des banques centrales sont devenus plus importants.

Baisse de la croissance

Les chiffres de l’inflation ont continué de grimper et les marchés ont tablé sur un cycle de relèvement des taux plus rapide de la part de la Réserve fédérale américaine. Cela semble apaiser les craintes d’inflation à long terme.

En parallèle, les indicateurs de croissance se sont encore dégradés. Le PIB américain du deuxième trimestre s’est contracté de 0,9% sur une base annualisée, soit la deuxième baisse trimestrielle consécutive. Les indicateurs du climat des affaires indiquent une contraction de l’activité tant aux Etats-Unis que dans la zone euro.

Qu’est-ce que cela signifie pour les investisseurs?

A court terme, le rapport risque/rendement pour l’ensemble des indices boursiers sera probablement peu attrayant. Les marchés des actions anticipent un atterrissage en douceur. Mais le risque d’un effondrement plus profond de l’activité économique est élevé. Donc, tactiquement, il est recommandé de privilégier la sélectivité et l’optionnalité. En bref.

  1. S’exposer aux actions sur les valeurs décotées, sur les titres qui génèrent des rendements de qualité et sur le secteur de la santé.
  2. Dans le segment obligataire, privilégier les obligations de premier rang qui seraient susceptibles de se redresser nettement dans un scénario d’effondrement.
  3. En matière de devises, la Recherche d’UBS maintient sa position Most Preferred à l’égard du franc.
Bon nombre de portefeuilles apparaissent sous-diversifiés et sous-investis. Cela s’explique en partie par le fait que face à des perspectives incertaines, beaucoup d’investisseurs préfèrent attendre avant d’investir.
Et pour les investisseurs avec une vision à plus long terme?

Cette année, après la vente massive des actions et des obligations, les valorisations des actions se situent actuellement à des niveaux qui, depuis 1960, correspondent à des rendements annualisés de 7 à 9% pour la décennie suivante. Dans le même temps, les rendements disponibles sur les marchés obligataires se sont nettement améliorés. Cette configuration est rare.

Quant aux produits alternatifs, une analyse de Cambridge Associates montre que les fonds de croissance de private equity créés après les ventes massives d’actifs côtés obtiennent de meilleurs résultats que les premiers millésimes.

Selon la Recherche d’UBS, cette configuration particulière (valorisations des actions, rendements et millésimes de private equity récemment créés) se traduira, sur le long terme, par de meilleurs rendements pour les portefeuilles diversifiés.

Cependant, bon nombre de portefeuilles apparaissent sous-diversifiés et sous-investis. Cela s’explique en partie par le fait que face à des perspectives incertaines, beaucoup d’investisseurs préfèrent attendre avant d’investir.

Investir sans attendre

Les données historiques confirment l’idée qu’il peut être plus risqué d’attendre que d’investir immédiatement. Depuis 1960, une stratégie qui aurait attendu une correction de 10% avant d’acheter le S&P 500, puis qui aurait vendu à un nouveau sommet historique, aurait sous-performé 80 fois, oui 80 fois, une stratégie «buy-and-hold».

Sur la même période, une stratégie consistant à investir juste après une baisse de 20% aurait généré un rendement moyen de 15% sur un an. Pour un investisseur qui aurait conservé ses liquidités pendant un an après une baisse de 20%, le gain aurait été de 2%. Cet écart de performance considérable continue de se creuser au fil du temps avec les intérêts composés.

Privilégier la diversification

Ainsi, malgré des perspectives à court terme incertaines pour les actions, les portefeuilles diversifiés devraient générer des résultats plus stables au cours des prochains mois au vu des scénarios de marché actuels.

En achetant des portefeuilles diversifiés aujourd’hui, les investisseurs peuvent à la fois atténuer les risques à court terme et se positionner dans l’optique d’une performance à long terme, sans courir le danger de se retrouver, peut-être indéfiniment, sur la touche.

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