Greensill: la filiale bancaire allemande placée en redressement judiciaire

AWP

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Une procédure d’insolvabilité sur les actifs de Greensill Bank, estimés à 4,5 milliards d’euros, a été ouverte à la demande du régulateur financier.

L’établissement bancaire allemand Greensill Bank, propriété de la société britannique Greensill, elle-même en faillite, a été placée en redressement judiciaire, a indiqué mardi le tribunal de la ville-Etat de Brême (nord).

Une procédure d’insolvabilité sur les actifs de Greensill Bank, estimés à 4,5 milliards d’euros, a été ouverte «à la demande (du superviseur financier) Bafin», a expliqué le tribunal dans un communiqué. 

L’argent des clients privés en Allemagne n’est pas menacé car il entre dans le champ d’un fonds d’indemnisation abondé par les banques privées du pays. 

Ce n’est pas le cas pour des dizaines de communes et une région qui ont confié plusieurs centaines de millions d’euros d’argent public à l’établissement de Brême. Depuis 2017, ce type de placements n’est plus couvert par la garantie du fonds des banques privées.

La Bafin avait décrété début mars le gel des activités de l’établissement en raison d’un risque de surendettement. Le superviseur a aussi déposé une plainte pénale contre Greensill Bank, soupçonnée de fraude comptable.

Greensill Bank a pour maison-mère un groupe britannique éponyme, spécialisé dans l’affacturage et qui a déjà déposé le bilan le 8 mars au Royaume-Uni, après avoir été lâché par un de ses assureurs et par plusieurs grandes institutions, comme Credit Suisse.

Le tribunal a désigné comme administrateur judiciaire l’avocat Michael Flege, associé du cabinet CMS Hasche Sigle et qui s’est fait un nom en gérant la faillite retentissante de la branche allemande de Lehman Brothers après 2008, permettant à ses créanciers de récupérer par la suite la globalité de leurs avoirs.

La perte sera au minimum de 250 millions d’euros pour une bonne vingtaine de communes d’Allemagne, selon un récapitulatif partiel établi par l’AFP.

A elle-seule, Monheim, une ville moyenne proche de Cologne en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, dirigée par un jeune maire sans étiquette, va voir s’évaporer 38 millions d’euros. 

Un groupe de communes frappées du même sort a décidé lundi de s’unir pour tenter de récupérer des avoirs pendant la procédure d’insolvabilité, sans exclure de possibles actions en justice.

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