Dans sa récente analyse intitulée «Thoughts from the Road», Henry McVey, responsable Global Macro & Asset Allocation chez KKR et directeur des investissements du bilan de KKR, met en perspective les évolutions économiques actuelles et les thèmes d’investissement structurels en Europe.
Sa thèse centrale est la suivante: si les coûts élevés et les risques géopolitiques freinent l’Europe, ils la contraignent également à investir davantage, ce qui pourrait devenir un nouveau moteur de croissance durable à long terme.
Principaux enseignements tirés de cette analyse:
- L’Europe fait preuve d’une résilience économique supérieure aux attentes. Si la hausse des taux d’intérêt continue de peser sur la consommation et le marché immobilier, l’augmentation des investissements crée parallèlement de nouvelles dynamiques de croissance.
- Cette évolution est principalement portée par les investissements des entreprises, la défense, les infrastructures, l’énergie et la régionalisation croissante de l’économie.
- La composition de la croissance est ainsi en train d’évoluer: les investissements gagnent en importance par rapport à la consommation.
- Pour les investisseurs, cela signifie que l’Europe offre, malgré les risques existants, des opportunités intéressantes dans des secteurs tels que les infrastructures, l’industrie, les énergies renouvelables et la cybersécurité. Par ailleurs, l’inflation et les taux d’intérêt devraient rester structurellement plus élevés qu’au cours de la dernière décennie – même si les marchés anticipent peut-être déjà trop de hausses de taux à court terme.
Quelques commentaires de la part d'Henry McVey:
«J’ai réalisé que le cycle d’investissement mondial est plus vaste, plus durable et probablement plus inflationniste que je ne l’avais envisagé jusqu’à ce jour.»
«Je n’avais pas seulement sous-estimé la résilience de la croissance européenne. Les besoins accrus en énergie et en sécurité, la régionalisation et les dépenses d’infrastructures stimulent également les investissements en capitaux et modifient la structure même de la croissance.»
«Ce qui m’a surtout surpris, c’est l’origine de cette croissance. La hausse des taux d’intérêt continue certes de peser sur les consommateurs et le marché immobilier. Cependant, les investissements des entreprises, la défense, les infrastructures, l’énergie et la régionalisation deviennent des moteurs de croissance de plus en plus importants.»