Perspectives macroéconomiques: le cycle se poursuit, mais le «Dilemme de la divergence» s’intensifie

Communiqué, KKR

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Dans le rapport de KKR à la mi-année 2026, Henry McVey et son équipe estiment que l’économie mondiale continue de croître, mais de manière de plus en plus inégale, entrant dans une phase de divergence accrue.

KKR, société d’investissement mondiale, publie aujourd’hui le « The Divergence Conundrum », ses perspectives macroéconomiques mondiales à mi année 2026, rédigées par Henry McVey, directeur des investissements de KKR pour les activités de bilan et responsable mondial de la stratégie macroéconomique et de l’allocation d’actifs (GMAA).

Dans ce rapport, Henry McVey et son équipe estiment que l’économie mondiale continue de croître, mais de manière de plus en plus inégale, entrant dans une phase de divergence accrue. « Le cycle n’est pas terminé, mais il devient plus sélectif », écrit Henry McVey, alors que les profits économiques se concentrent de plus en plus, entraînant une disparité accrue selon les régions, les secteurs et les classes d’actifs. S’appuyant sur des parallèles historiques avec les années 1870, les années 1920 et la fin des années 1990, l’équipe indique que de telles périodes de divergence ne sont pas inédites, même si la situation actuelle pourrait avoir une portée plus large.

Ils qualifient cet environnement de »Dilemme de la divergence»: un contexte macroéconomique et de marché dans lequel un boom de productivité en expansion prolonge le cycle, alors même que la fragmentation géopolitique, les enjeux de sécurité énergétique et la concurrence stratégique contribuent à maintenir un niveau d’inflation structurellement plus élevé. Selon eux, cette conjoncture rendra la tâche des banques centrales de plus en plus complexe, dans un monde qui s’éloigne d’un modèle fondé sur l’efficacité - caractéristique de l’ère pré Covid - au profit d’un modèle privilégiant davantage résilience, redondance et contrôle.

Dans ce contexte, le rapport invite les investisseurs à privilégier des actifs de qualité, à se diversifier vers des actifs indexés sur le PIB nominal et à mettre l’accent sur les leviers d’amélioration opérationnelle. Cette approche conduit notamment à s’intéresser aux carve outs d’entreprises, aux flux de trésorerie adossés à des actifs, aux infrastructures énergétiques et électriques, ainsi qu’aux investissements liés au thème de la « sécurité généralisée » (Security of Everything). Par ailleurs, l’équipe se montre plus prudente vis à vis des obligations souveraines à duration longue, des opérations de surendettement datant de 2021, de l’exposition aux ménages à faibles revenus et des actifs dépendant d’un retour à un environnement de faible inflation, de taux bas et de liquidité abondante.

Le rapport réaffirme également la conviction de l’équipe à l’égard de certains marchés internationaux, notamment en Asie, où la réforme des entreprises, les infrastructures liées à l’intelligence artificielle et la montée en gamme de la consommation restent des thèmes structurants. En Europe, l’équipe estime que la région se fragmente plutôt qu’elle ne s’affaiblit globalement, avec des économies de la périphérie - notamment l’Espagne et l’Italie - qui surperforment le cœur industriel, soutenues par la demande domestique, le tourisme et les investissements stimulés par les mesures budgétaires.

Le rapport met également en lumière plusieurs évolutions que les marchés pourraient sous estimer. Parmi les principales conclusions:

  • Le thème de la « sécurité généralisée » est plus vaste qu’anticipé, s’étendant au delà de la défense à des domaines tels que l’alimentation, l’eau, l’énergie et les intrants critiques. La sécurité devient, selon l’équipe, une priorité stratégique pour les dirigeants et les décideurs politiques.
  • Les gains de productivité liés à l’intelligence artificielle commencent à peine à se matérialiser en 2026. Depuis la pandémie, les gains de productivité ont principalement été portés par l’automatisation et la digitalisation des services, suggérant un cycle plus large et plus durable qu’une simple innovation technologique.
  • L’inflation devrait rester structurellement supérieure au consensus dans la plupart des régions, à l’exception de la Chine, du fait d’une inflation des biens moins désinflationniste et de chocs géopolitiques plus fréquents.
  • Le cycle mondial d’assouplissement monétaire s’essouffle : à fin mai 2026, 10% des principales banques centrales relevaient leurs taux, contre 3 % fin 2025, tandis que seuls 40 % poursuivaient encore des baisses.
  • Les prix du pétrole devraient rester plus soutenus que ne l’indique la courbe des contrats à terme à moyen terme, en raison de réserves réduites, du besoin de reconstituer les stocks, d’une production de schiste disciplinée, des incitations budgétaires de l’OPEP+ et d’un risque géopolitique persistant.
  • Dans ce cycle, ce sont les gouvernements – et non les entreprises ou les ménages – qui sont les plus endettés, ce qui tend à accroître la corrélation entre obligations et actions et à réduire le rôle des obligations comme amortisseur de choc dans les portefeuilles.
  • La construction de portefeuille devient une source de performance plus importante : dans un contexte de divergence accrue, la sélection des gérants, la diversification et la discipline d’investissement seront déterminantes.
  • L’Asie demeure une région de forte conviction, avec des opportunités soutenues par les réformes des entreprises, les infrastructures liées à l’IA et la montée de la consommation, notamment dans le private equity, les infrastructures et le crédit.
  • L’équipe privilégie les stratégies de private markets fondées sur l’amélioration opérationnelle plutôt que sur l’ingéniérie financière, la création de valeur reposant davantage sur l’exécution, la gouvernance et la productivité.

Le rapport présente également les dernières prévisions de l’équipe GMAA concernant la croissance mondiale, l’inflation, les taux d’intérêt, les devises, les marchés de capitaux et les valorisations relatives. Il aborde en outre plusieurs questions clés des investisseurs, notamment sur les obligations mondiales, les rendements attendus et les opportunités sur les marchés du crédit.



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