Obligations du secteur énergétique: un levier de robustesse

Georg Theo Merholz, Indosuez Wealth Management

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La hausse du pétrole devrait rester temporaire.


L’escalade du conflit armé entre les États-Unis et l’Iran a pris de court de nombreux investisseurs, bien que, rétrospectivement, l’accumulation visible de forces américaines aurait pu laisser présager une telle évolution. Néanmoins, le prix du pétrole devrait progressivement revenir vers les 70-80 USD dans les prochains mois, un niveau proche de sa moyenne naturelle pour une matière première largement influencée par les flux mondiaux. Après une phase de «muddling through», i.e. une dé-escalation graduelle qui prendrait un peu plus de temps qu’initialement «prévu»,  la courbe des contrats à terme suggère également un reflux, malgré un léger ajustement à la hausse des prix récemment. Si la hausse actuelle des prix du pétrole demeure temporaire, son impact sur l’inflation et sur les taux USD, en particulier sur la partie longue de la courbe, devrait rester limité dans le temps et en ampleur.

Stabilité retrouvée de la classe obligataire

Depuis le début du conflit, les taux souverains ont réagi conformément aux attentes, enregistrant une baisse dans un mouvement de «flight to quality». Une légère remontée des taux US a ensuite été observée, portée par les craintes inflationnistes, notamment sur les maturités plus longues. Dans ces conditions, l’exposition privilégiée reste concentrée sur la partie intermédiaire de la courbe des taux.

Du côté des spreads, les primes se sont légèrement tendues, mais demeurent autour d’un niveau modéré, inférieur à 100 points de base*. Dans l’ensemble, la classe du crédit corporate a donc montré ses vertus de diversification. Les spreads restent resserrés depuis quelque temps, mais les flux demeurent globalement solides depuis le début de l’année, soutenus par des investisseurs en quête de rendement.

Dans un scénario de retour à la moyenne du prix du pétrole, les émetteurs solides pour lesquels un prix élevé du pétrole constitue un atout, mais non une condition sine qua non, se démarquent.

Atouts structurels des obligations du secteur énergétique

La dynamique du secteur énergétique américain reste favorable, les États-Unis étant désormais exportateurs d’énergie, notamment de gaz. La croissance robuste et la forte demande des centres de données, portée par l’essor de l’IA, constituent des facteurs de soutien domestique.

Le sous-secteur du transport et stockage («midstream») bénéficie particulièrement de cette conjoncture. Sa position stratégique est renforcée par la dépendance accrue de l’Europe dans le contexte géopolitique actuel. Le levier financier (dette nette) du secteur s’établit désormais dans une fourchette plus saine de 3 à 4 fois l’EBITDA, bien en baisse par rapport à la moyenne historique d’environ 5 fois l’EBITDA. Les principaux acteurs disposent par ailleurs généralement de contrats à long terme avec des contreparties de qualité.

Dans un contexte de baisse des investissements en capital («capex») et d’incertitudes au Moyen-Orient, les obligations de qualité «A» émises par les entreprises de services pétroliers et gaziers apparaissent particulièrement attractives. Concernant les grandes sociétés intégrées européennes, celles qui présentent une forte diversification de leur modèle d’affaires et une exposition limitée aux pays du Golfe se distinguent également.

Un positionnement attractif dans un portefeuille diversifié

La classe d’actifs obligataire a de nouveau démontré ses qualités de diversification, qui devraient perdurer sauf en cas de remontée significative et durable de l’inflation, susceptible d’entraîner une hausse des taux. Typiquement, les spreads des obligations du secteur se resserrent lorsque les prix du pétrole augmentent, ce qui limite le risque additionnel.

Dans un scénario de retour à la moyenne du prix du pétrole, les émetteurs solides pour lesquels un prix élevé du pétrole constitue un atout, mais non une condition sine qua non, se démarquent. Malgré un certain désintérêt des investisseurs depuis le début de l’année, le secteur continue donc d’offrir des caractéristiques de décorrélation attractives, renforçant son intérêt dans un portefeuille diversifié.

 

* Bloomberg US Agg Corporate Avg OAS (LUACOAS Index)

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