Gonet: l'actualité des marchés au 4 mars

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow -0,83%, S&P 500 -0,94%, Nasdaq -1,02%, Russell -1,79%, SOX -4,58%, Eurostoxx -3,59%, SMI -3,1%.

Depuis samedi passé il apparait chaque jour un peu plus clair que l’arbitre du moment (et peut-être de cette année) se nomme pétrole.

L’or noir, qui était resté confiné au fonds de la classe juste à côté du radiateur pendant bien longtemps, est de retour au premier rang et dicte le rythme des journées d’un marché manifestement perdu dans la traduction. Il suffit de regarder le comportement des principaux indices américains d’actions hier, qui démarrent la journée la peur au ventre, pour se reprendre plus ou moins au moment où le baril de WTI Light Crude se met à reculer après que Politico a rapporté que les États-Unis envisagent de faire appel à l'armée pour aider les entreprises pétrolières et gazières dans le détroit d'Ormuz. Cela nous apprend que les acteurs du marché des actions suivent désormais l’évolution du baril de très près car si ce dernier poursuit son rebond, une chaine de pensées noires se mettra en marche, qui rappellera à tout un chacun combien le couple inflation / récession (autrement appelé stagflation) peut mettre une économie et son marché boursier à terre. LA question du moment que se pose le marché est donc de savoir si ces perturbations d’approvisionnement en énergie seront passagères ou durables.

À notre modeste échelle, nous allons déjà commencer par faire le plein de la voiture (20 minutes d’attente dimanche à Super-U Loisin, mais la vue y est sympa), selon France Info il faut environ deux semaines pour que la hausse du baril se matérialise à la colonne, puis nous observerons les niveaux techniques des indices, lorsque la poussière est trop dense au-dessus du rationnel, c’est bien souvent la seule chose à faire en attendant que cela passe. L’indice Nasdaq100 (NDX) termine sa journée à 24'720 points, sa moyenne mobile à 200 jours se situe à 24'142 pts, les volumes d’échanges d’hier sont plutôt faibles, le breadth nettement négatif, le podium du jour du S&P500 (SPX) se compose des financières, des services de communication et de l’immobilier. Sacré podium de losers, ou plutôt des secteurs qui reculent le moins hier Downtown Manhattan. Le Russell2000 (RTY, les petites capitalisations américaines) termine sa journée à 2608 pts, sa 100 jours se situe actuellement à 2543 pts. Côté volatilité le VIX gagne 10%, il termine à 23,57, un niveau respectable mais pas du tout assez élevé pour réveiller un structureur, si l’indice de la peur du SPX revient dans la zone 30 – 40 alors on pourra parler de volatilité exacerbée.

Le dollar reste demandé, ce matin la paire EUR/USD traite à 1,1600, si elle casse ce niveau ensuite un tapis rouge technique se déroulera devant elle jusqu’à 1,1500. Ce n’est pas anecdotique, la force du billet vert, combinée au rebond des rendements obligataires, qui ne reculent pas contrairement à ce que l’on pourrait penser car échaudés par les craintes montantes d’un retour de la hausse du niveau général des prix, cette force combinée dollar / rendements obligataires donc constitue une sorte de muraille qui se dressera inéluctablement face au joyeux royaume des actions à un moment ou un autre. Le rendement du 10 ans US traite à 4,09%, sa 100 dma à 4,12%, jusque là elle a bien fonctionné, pendant combien de temps?

Tiens! L’or rend du terrain, l’once revient à 5177 dollars contre un récent top à 5419 dollars. La muraille précédemment citée semble produire ses effets sur la relique barbare, on prend aussi peut-être quelques bénéfices après la récente hausse.

Et le pétrole alors? Et bien le baril de WTI Light Crude traite ce matin à 76,82 dollars, il ne rend que très peu de terrain par rapport à son top d’hier. Techniquement il peut regarder vers le haut, il a cassé sa tendance baissière entamée en septembre 2023, stay tuned!

Donald Trump indique qu'il «coupera tout commerce avec l'Espagne» après que ce pays lui eut refusé l'accès à ses bases militaires en raison de sa campagne de bombardements contre l'Iran, ce qui provoque une vive réprimande de Madrid, rappelant que le président américain devait respecter les accords commerciaux internationaux.

On prend un peu de recul pour tenter de mieux comprendre ce marché. Les actions semblent changer de dynamique : après avoir initialement favorisé les titres exposés à l’énergie, les investisseurs commencent désormais à vendre les grands gagnants de l’année, ce qui constitue un signal potentiellement préoccupant pour l’appétit au risque. La corrélation entre performance boursière et exposition au secteur énergétique s’est nettement affaiblie en 24 heures, traduisant un mouvement plus large de réduction du risque. Le Brésil en est un exemple marquant : son marché, d’abord soutenu par le poids important de l’énergie dans son indice, recule désormais fortement à mesure que les positions surpeuplées (crowded trades) sont débouclées. Le phénomène dépasse les actions : sur le marché des changes, plusieurs devises émergentes parmi les plus performantes cette année subissent aussi des pressions avec la hausse du dollar et des rendements. Les États-Unis résistent mieux, aidés par leur statut d’exportateur d’énergie et par une correction déjà significative depuis le début de l’année. Dans l’ensemble, la montée des prix de l’énergie alimente les craintes d’un choc stagflationniste, défavorable aux actions, et suggère que les tensions de marché pourraient durer comme mentionné plus haut.

Les investisseurs font face à une équation complexe, entre incertitudes géopolitiques, dynamique de l’intelligence artificielle et rotation vers les valeurs cycliques. Comme lors de l’invasion de l’Ukraine en 2022, le principal danger réside dans une résurgence durable des pressions inflationnistes, qui fragiliserait consommateurs, entreprises et valorisations via des taux plus élevés. Le marché actions est à surveiller de près après trois années de hausse, avec des investisseurs prêts à vendre au moindre choc. Il faut notamment suivre la liquidité du marché afin de déterminer si elle se détériore, ce qui affaiblirait la crédibilité des rebonds. Les obligations ne jouent plus leur rôle de refuge en raison des craintes inflationnistes, la technologie est pénalisée par la hausse des taux, et les secteurs défensifs ne feraient que limiter les pertes en cas de dégradation macroéconomique. Historiquement, les chocs géopolitiques provoquent toutefois des replis temporaires.

Aucune statistique macro-économique majeure n’est publiée hier, mais plusieurs responsables de la Réserve fédérale s’expriment. John Williams souligne des signaux encourageants sur l’inflation et estime que des baisses de taux seront probablement nécessaires si la désinflation se poursuit comme prévu. À l’inverse, Jeff Schmid maintient une position ferme et juge qu’il n’y a aucune place pour le relâchement face au risque inflationniste. De son côté, Neel Kashkari indique qu’il anticipait une baisse de taux cette année, mais qu’il est désormais plus hésitant, notamment en raison des tensions avec l’Iran, même si l’inflation évoluait jusqu’ici dans la bonne direction. Les prochains jours seront riches en indicateurs, culminant vendredi avec le rapport sur l’emploi et les ventes au détail. Le marché attend un net ralentissement des créations d’emplois non agricoles en février, autour de +60’000 contre +130’000 en janvier. En toile de fond, la question centrale reste l’évolution de l’inflation : si la tendance baissière se confirme, la voie vers un assouplissement monétaire s’éclaircit ; dans le cas contraire, la Fed pourrait rester prudente plus longtemps.

GTT en tête du palmarès INPI 2025 des ETI déposantes de brevets. Adidas produit une prévision 2026 inférieure aux attentes. Bayer vise 9,6 à 10,1 milliards d'euros d'EBITDA cette année. ASM International revoit à la hausse ses prévisions pour 2026 grâce à un rebond des ventes en Chine. La FDA adresse un second avertissement à Novo Nordisk concernant une publicité trompeuse pour l'Ozempic. OpenAI développe une alternative à GitHub (Microsoft), selon The Information. Meta va créer une nouvelle organisation d'ingénierie en intelligence artificielle appliquée, selon le WSJ. Honda va importer des voitures électriques fabriquées en Chine pour le marché japonais, selon Nikkei. L'administration Trump envisage de permettre à Tencent de conserver ses investissements dans le jeu vidéo, selon le FT.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices se cassent la figure. Tokyo chute de 3,61%, Hong Kong baisse de 2,01%, Shanghai rend 0,98%, Séoul s’effondre de 12% après sa forte baisse de la veille et le Nifty50 perd 1,79%. Le future SPX égare 0,3% pendant que l’Europe récupère 0,2% dans les premiers échanges.

Trois indicateurs à ne pas quitter des yeux ce mercredi: le pétrole, le pétrole et le pétrole.

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