Gonet: l'actualité des marchés au 18 février

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow +0,07%, S&P 500 +0,10%, Nasdaq +0,14%, Russell -0,00%, SOX -0,02%, Eurostoxx +0,72%, SMI +0,71%.

Wall Street revient de son long weekend accompagnée de ses doutes du moment. Les investissements massifs réalisés et envisagés dans le domaine de l’IA inquiètent le plus grand nombre, qui voudrait bien savoir si, quand et dans quelle proportion ces tombereaux de milliards dépensés se transformeront en bénéfices sonnants et trébuchants. On en vient presque à espérer que les prochaines publications accouchent de plans de CAPEX inférieurs aux attentes, le monde de la finance aurait-il la tête à l’envers?

Début de séance faible sur les principaux indices d’actions US, qui se reprennent en cours de journée pour évoluer autour de l’équilibre à la cloche. La tech parvient même à monter sur la troisième marche du podium du jour du S&P500 (SPX), les deux premières positions étant trustées par l’immobilier et les financières. On observe tout de même quelques dégâts dans le secteur phare de la cote, notamment sur Cadence Design, Check Point, Intuit et Crowdstrike. Les géants du secteur sont partagés, Apple, Broadcom, Amazon et Nvidia passent une bonne journée, tandis qu’Alphabet, Microsoft, Tesla et AMD perdent toutes plus de 1%. Le marché reproche à bon nombre de ces firmes d’êtres trop chères. Tiens prenons Amazon et Microsoft au hasard, qui ne font pas les malines cette année avec un déplorable -13% et -18%. Figurez-vous qu’elles n’avaient plus été aussi peu chères (je ne tiens pas l’info d’un Marseillais) depuis dix ans. D’ailleurs si on regarde les performances de l’ensemble des mastodontes de la tech depuis le 1er janvier, on réalise que tous reculent sans exception, la moins mauvaise performance étant réalisée par Nvidia, qui ne perd «que» 0,82%.

Cette méforme manifeste des locomotives du marché explique en grande partie la stagnation du SPX et du NDX observée depuis fin octobre. Ceci étant dit, avec de telles performances annuelles, les indices auraient dû reculer nettement, ce qu’ils ne font pas. C’est la fameuse rotation en cours, les intervenants se positionnent dans des secteurs plus défensifs, notamment les utilities (services aux collectivités) et les biens de consommation de base. Voyez par exemple le géant américain de la distribution Walmart, qui avance de 14,3% cette année et vient de passer le cap des mille milliards de dollars de capitalisation boursière, sans pour autant entrer en territoire suracheté, du grand art. Notons ceci dit que l’action traite désormais à 49 fois les bénéfices estimés en 2026, elle est devenue plus chère de ce point de vue-ci que les 7 magnifiques (sauf Tesla mais bon…). Elle est chouette Walmart, elle se développe vite dans le commerce électronique, est bien positionnée car la seule entreprise à «dix minutes max de tout consommateur américain» et en même temps constitue un havre de paix, on peine à imaginer l’IA la disrupter dans un futur proche. Gros test en vue pour la firme de Bentonville Arizona, qui publie ses trimestriels demain.

La rotation en cours dans le marché des actions n’est pas uniquement sectorielle, elle est aussi géographique, suivez mon regard en direction de la veille Europe de losers qui pète la forme pour une éternelle perdante, j’y reviens plus en détails, mais d’abord constatons que le SPX teste sa moyenne mobile à 100 jours hier, avec succès, pour terminer à 6843 points contre la 100 dma à 6815 pts. Le Russell2000 (RTY) est tenu en respect par sa 50 jours depuis trois séances, la 50 dma l’empêche d’aller plus bas. En Suisse le SMI atteint un record historique à la cloche et entre en territoire suracheté. La volatilité recule un chouia, le VIX perd 4,3% hier, il clôture légèrement au-dessus de 20, pendant que les intervenants donnent la dette US, le rendement du 10 ans remonte à 4,08% contre 4,02% hier, bull trap en cours? La paire EUR/USD est ennuyeuse à mourir, elle cote 1,1833 ce matin, pendant que l’or et l’argent retrouvent quelques couleurs après leur trou d’air d’hier, le métal jaune remonte à 4927 dollars l’once, le métra gris à 75,68 dollars.

L’optimisme revient sur les marchés européens, portés par le plan de relance allemand, perçu comme un moteur de croissance. Les investisseurs renforcent nettement leur exposition aux actions de la région: 35% des gérants sont désormais surpondérés en Europe, contre 9% il y a trois mois et la majorité anticipe encore des gains à court et moyen terme. Les effets du plan allemand commencent à se refléter dans les données macro, avec une majorité qui prévoit une accélération de la croissance européenne, alors que les perspectives américaine et chinoise restent stables. 85% des investisseurs estiment que les actions européennes surperformeront les américaines cette année. Le Stoxx Europe 600 (SXXP) surperforme le SPX depuis trois mois, soutenu par une progression plus large des secteurs et par les valeurs «value», tandis que la prudence domine sur les grandes valeurs technologiques américaines liées à l’IA. JPMorgan anticipe que la sous-performance américaine pourrait se prolonger, l’Europe bénéficiant de valorisations attractives et de dépenses budgétaires accrues. Les bénéfices européens devraient accélérer en 2026, soutenus par un meilleur levier opérationnel, un impact de change favorable, moins d’incertitudes commerciales et une reprise en Chine. Les flux de capitaux confirment cette rotation vers l’Europe, avec un renforcement des positions et un recul des allocations américaines, notamment sur les grandes capitalisations (source: JP Morgan).

Selon le Financial Times, la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, devrait quitter son poste avant la fin de son mandat de huit ans, prévu en octobre 2027.

D’après une source proche du dossier, elle souhaiterait partir avant l’élection présidentielle française d’avril prochain, afin de permettre au président français Emmanuel Macron et au chancelier allemand Friedrich Merz de choisir ensemble son successeur. La date précise de son éventuel départ n’est toutefois pas arrêtée. En principe, une décision concernant la succession à la tête de la BCE serait prise durant l’été précédant la fin du mandat. Mais les gouvernements européens pourraient accélérer le calendrier afin d’éviter d’avoir à traiter avec Marine Le Pen ou son protégé Jordan Bardella. Parmi les favoris pour succéder à Christine Lagarde figurent l’Espagnol Pablo Hernández de Cos, actuellement à la tête de la Bank for International Settlements, ainsi que l’ancien patron de la banque centrale néerlandaise Klaas Knot. Le président de la Deutsche Bundesbank, Joachim Nagel, et la membre du directoire de la BCE Isabel Schnabel ont également manifesté leur intérêt.

Sur le plan macroéconomique, les créations d’emplois dans le secteur privé mesurées par l’ADP progressent en moyenne de 10’250 par semaine sur les quatre dernières semaines, marquant une troisième hausse consécutive. L’indice manufacturier Empire State de février ressort en dessous des attentes. Les nouvelles commandes augmentent légèrement et l’emploi repasse en territoire positif, mais les prix des intrants et les prix de vente accélèrent nettement. L’indice NAHB du marché immobilier recule de manière inattendue en février et atteint son plus bas niveau depuis septembre. Le rapport souligne que les problèmes d’accessibilité financière constituent le principal frein pour le secteur. Du côté de la Réserve fédérale, plusieurs responsables s’expriment. Austan Goolsbee (Fed de Chicago) estime que plusieurs baisses de taux sont envisageables cette année, mais seulement si des preuves claires montrent que l’inflation revient vers l’objectif. Michael Barr indique que la Fed doit prendre le temps d’analyser les données avant de modifier à nouveau sa politique. Mary Daly (Fed de San Francisco) souligne que les décideurs doivent rester attentifs à l’impact potentiel de l’intelligence artificielle sur l’économie.

En fin de semaine la Cour suprême des États-Unis pourrait rendre une décision concernant les droits de douane du président des Etats-Unis.

Au menu macro-économique du jour, l’inflation au Royaume-Uni qui ressort légèrement mieux que prévu. Cet après-midi nous suivrons, aux Etats-Unis, les départs de chantier et les commandes de biens durables (14h30), la production industrielle à 15h15, le discours de Bowman (19h) et enfin les minutes de la dernière réunion de la Fed, à 20h.

Bayer cherche à régler les poursuites américaines sur le glyphosate pour plusieurs milliards de dollars. SGS émet avec succès deux obligations perpétuelles totalisant 450 millions de francs. Banca Monte dei Paschi di Siena va acquérir et intégrer entièrement Mediobanca. Straumann rapporte une baisse de bénéfice en 2025 malgré une croissance du chiffre d'affaires conforme aux attentes. Avolta signe un accord de 12 ans pour améliorer les expériences de restauration et duty-free à l'aéroport Pearson de Toronto. Warner Bros Discovery reprend les négociations avec Paramount Skydance après une offre révisée. Anthropic prévoit de payer au moins 80 milliards de dollars à Amazon, Google, et Microsoft pour l'hébergement de son IA Claude. Amazon est jugé en violation du code du travail canadien pour avoir gelé les salaires des travailleurs syndiqués. Microsoft annonce un investissement de 50 milliards de dollars d'ici 2030 pour étendre les technologies d'IA. Nvidia annonce une collaboration avec des sociétés de capital-risque pour soutenir les startups axées sur l'IA et signe un contrat pluriannuel pour fournir des puces d'IA à Meta.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en hausse, enfin ceux qui sont ouverts. Hong Kong, Shanghai et Séoul font dodo, Tokyo progresse de 1,02% à la cloche et le Nifty50 grappille 0,05%. Le future SPX prend 0,4%, l’Europe ouvre en progression de 0,5%, le sentiment du marché semble un peu meilleur ce matin.

La star du jour, de la semaine, du  mois, de l'année et même de ces 5 dernières années... Le fonds ARK Innovation ETF de Cathie Wood a chuté de plus de 50% sur cinq ans, tandis que le Nasdaq 100 a gagné 80% sur la même période. Le fonds, qui gérait 28 milliards de dollars à son pic pendant la pandémie, supervise désormais 6 milliards de dollars après une série record de pertes sur 10 jours.

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