Il est indéniable que l’équation boursière de 2026, déjà quelque peu ardue depuis le premier janvier, s’est complexifiée un peu plus encore le weekend passé. Concentrons-nous sur elle, je ne doute pas un instant que vous êtes toutes et tous informé(e)s des développements géopolitiques comme il se doit, si ce n’est pas le cas n’hésitez pas à vous abonner à quelques influenceurs basés à Dubaï, ça vaut le détour et ce n’est pas taxé.
Pour sa première séance de trading depuis le début des hostilités, Wall Street nous fait du Wall Street en tendant un superbe piège à ours aux investisseurs qui y tombent dans un premier temps, le tout début de séance est nerveux, la volatilité remonte à des niveaux respectables mais cela ne dure guère et on observe des achats à bon compte dès les premiers échanges. Prenez un exemple au hasard, Nvidia. Le titre s’était approché des 200 dollars le 25 février, hier il ouvre à 175 dollars soit pile sur sa moyenne mobile à 200 jours, pour clôturer à 182,48 dollars, si cela ne constitue pas de la chasse aux bonnes affaires…les volumes d’échanges restent stables, la volatilité se dégonfle au fil de la journée, le VIX traite à 25,24 au plus haut pour terminer en hausse de 8%, à 21,44. Le podium du jour du SPX se compose de l’énergie (pétrole), des industrielles et de la tech. L’indice réalise un swing de 1,14% sur la journée, on n’avait plus vu ça depuis le 7 novembre. En fait on observe hier un marché qui passe d’une aversion au risque claire et nette à un appétit au risque quelque peu timide. Les investisseurs misent manifestement sur une courte durée du conflit.
La réaction des indices européens d’actions semble plus compréhensible, l’Eurostoxx 50 chute de 2,47% hier, seule l’énergie monte, les trois pires secteurs du jour étant la consommation discrétionnaire, les financières et les biens de consommation de base. Les compagnies aériennes sont massacrées, le luxe souffre beaucoup, on se «réfugie» dans le marché anglais des actions, très exposé aux matières premières et dans le SMI, parce c’est la Suisse avec tout ce qu’elle offre comme images défensives, à plus ou moins tous les étages.
On revient Downtown Manhattan avec un drôle de sentiment ce matin. Le joyeux royaume des actions est parvenu à monter comme si de rien n’était hier, or le pétrole reste fortement demandé, le baril de WTI Light Crude traite ce matin à 73,6 dollars, vendredi il en valait 9 de moins. Cette puissante hausse ne pourra être ignorée bien longtemps par les investisseurs car elle constitue clairement un facteur inflationniste. Le marché obligataire ne s’y trompe pas, le 10 ans US passe de 3,92% hier matin à 4,09% ce matin, un mouvement brutal et confirmé par le 2 ans, le plus sensible de la courbe aux projections sur les taux, qui passe de 3,36% hier à 3,53% ce matin. En clair, le marché craint l’inflation, en plus l’indice ISM publié hier est fort, notamment sa composante des prix, les Fed Funds repoussent donc la date de la prochaine baisse de taux de la Fed à septembre et commencent à douter que trois coupes soient effectuées en 2026. En parallèle, le dollar retrouve de belles couleurs, le Dollar Index (DXY) remonte à 98,93, ce faisant il casse ses moyennes mobiles à 50, 200 et 100 jours à la hausse et peut techniquement viser 100. La paire EUR/USD cote 1,1625, elle aussi casse sa 200 jours (@1,1669), prochain niveau de support 1,1573, si ça traverse ensuite on regardera 1,1500.
Un marché des actions US qui monte alors que les perspectives de baisses de taux de la Fed diminuent et que le billet vert se renforce, ce n’est ni logique ni normal.
Une piste d’explication à ce phénomène se nomme peut-être « dispersion ». En 2026, le SPX affiche une performance annuelle faible, en hausse de moins de 1%. Mais derrière cette stabilité apparente, les écarts entre les actions individuelles sont très marqués. Certaines grandes valeurs ont fortement chuté: Microsoft perd 18% cette année, Intuit 37%. À l’inverse, Sandisk a presque tripléet Texas Pacific Land gagne 85%. Les investisseurs continuent d’acheter des fabricants de puces et des entreprises liées aux infrastructures de l’intelligence artificielle, mais les grandes valeurs technologiques perdent de l’élan. En parallèle, des capitaux se redirigent vers des secteurs délaissés comme l’énergie et les matériaux. Alors que l’indice évolue dans une fourchette étroite (2,7%), les actions individuelles affichent des variations environ sept fois plus importantes, un niveau de dispersion inédit depuis au moins 1994. Ce phénomène inquiète certains investisseurs, car de telles périodes ont parfois précédé des corrections boursières, notamment lors de la bulle internet des années 1990. Mais cela crée aussi des opportunités pour les investisseurs capables de sélectionner les bonnes actions.
L’intelligence artificielle est au cœur des mouvements de marché. Après avoir fortement soutenu les marchés depuis le lancement de ChatGPT fin 2022, elle suscite désormais des inquiétudes. Les investisseurs craignent que l’adoption rapide de l’IA ne bouleverse certains modèles économiques, en particulier dans le secteur des logiciels. De nouvelles solutions développées par des acteurs comme Anthropic et OpenAI pourraient réduire fortement le temps nécessaire pour développer des logiciels complexes. Même si les résultats financiers des entreprises ne montrent pas encore d’impact négatif significatif, la vitesse des évolutions pousse les investisseurs à vendre par précaution. Les craintes liées à l’IA s’étendent aussi aux assurances et à la gestion d’actifs.
Malgré quelques séances de forte volatilité déclenchées par des annonces ou des publications virales, la baisse de certaines actions est souvent compensée par la hausse d’autres. Globalement, les investisseurs semblent plutôt confiants quant aux bénéfices des entreprises et à l’économie américaine.
Cette journée de mardi s'annonce plutôt mauvaise pour les marchés européens, la faute aux matières premières, où les contrats à terme sur le gaz en Europe progressent de plus de 20%, sans parler du prix du pétrole. L'Europe importe la quasi-totalité de son pétrole et la majeure partie de son gaz naturel, ce qui la rend plus vulnérable que les États-Unis, exportateur net d'énergie. À suivre…
L’or a rendu un chouia de terrain, le métal jaune se pose légèrement au-dessus de 5300 dollars l’once, l’argent recule aussi, l’once revient à 86 dollars et teste en ce moment-même sa 50 jours.
On se penche sur la macro de ce lundi: l’indice ISM manufacturier américain pour février s’établit à 52,4, au-dessus du consensus de 51,8, mais légèrement en dessous des 52,6 du mois précédent. Les analystes anticipaient un léger repli après la forte progression de janvier. Les nouvelles commandes reculent sur un mois, tandis que la composante emploi s’améliore. Les prix payés enregistrent une forte hausse. Les commentaires des entreprises sont partagés: les inquiétudes liées aux coûts et aux droits de douane persistent, mais certaines font état d’une amélioration des conditions économiques. L’indice PMI manufacturier final de S&P Global pour février ressort à 51,6, au-dessus de l’estimation préliminaire de 51,2.
Aucune statistique majeure n’est attendue aujourd’hui, mais des interventions de membres de la Fed, notamment Williams et Kashkari, sont prévues. Demain seront publiés: les créations d’emplois dans le secteur privé (rapport ADP), l’indice PMI final des services de S&P Global, l’ISM des services ainsi que le Beige Book de la Fed. Jeudi paraîtront les prix à l’importation, la productivité non agricole, les coûts unitaires du travail et les inscriptions hebdomadaires au chômage. Enfin, vendredi seront publiés le rapport mensuel sur l’emploi et les ventes de détail, accompagnés de nouvelles interventions de membres de la Fed, notamment Daly et Hammack.
Thales vise une marge d'EBIT ajustée comprise entre 12,6% et 12,8% pour 2026. Kering se réorganise en deux «pôles d'excellence». La nouvelle plateforme d'IA personnelle de Qualcomm utilise des composants STMicroelectronics. Kuehne Und Nagel enregistre une baisse de son bénéfice et de son chiffre d'affaires en 2025 AP Moller Maersk suspend les nouvelles réservations pour certains couloirs commerciaux en raison de la situation au Moyen-Orient. Les Etats-Unis envisagent de limiter à 75’000 les ventes de puces Nvidia H200 par client chinois, selon l’agence Bloomberg . Eli Lilly prêt à lancer son médicament oral contre l'obésité au deuxième trimestre, en attente de l'approbation américaine. Fitch Ratings a abaissé la note crédit de Paramount Skydance dans la catégorie spéculative après l'annonce du rachat de Warner Bros. AT&T réaffirme ses objectifs financiers à court et moyen terme. Apple a présenté son iPhone 17e et une version plus rapide de l'iPad Air. Le CEO de Pfizer exprime des inquiétudes sur la direction des vaccins à la FDA. Rien ne va plus! Le Nasdaq sollicite l'approbation de la SEC pour des options binaires sur le Nasdaq 100.
Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en net repli. Tokyo chute de 3,06% à la cloche, Hong Kong baisse de 1,12%, Shanghai rend 1,43%, Séoul s’effondre de 7,24% et le Nifty50 recule de 1,24%. Le future SPX perd 1,4%, l’Europe est en baisse de plus de 2% dans les premiers échanges de la journée.