Gonet: l'actualité des marchés au 20 février

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow -0,54%, S&P 500 -0,28%, Nasdaq -0,31%, Russell +0,24%, SOX -0,50%, Eurostoxx -0,72%, SMI -0,05%.

Le marché semble vivre la même expérience que Charlie Chaplin sur sa chaîne de montage dans «Les Temps modernes». Le flux de nouvelles accélère, les intervenants ne parviennent plus à suivre et font ce qu’ils font de mieux dans un tel contexte, vendre puis réfléchir. En cause hier, l’annonce de Blue Owl Capital qui suspend les rachats trimestriels de son fonds de crédit privé Blue Owl Capital Corp. II (1,6 milliard USD), ce qui fait chuter son action et pèse sur le secteur, notamment Blackstone, Ares Management et Apollo Global Management, par crainte de restrictions similaires ailleurs. En parallèle les Etats-Unis semblent encore et toujours déterminés à en découdre avec l’Iran, tandis que ce vendredi le monde de la macro sera sur le pont, la publication du très attendu rapport PCE (Personal Consumption Expenditure, l’outil favori de la Fed pour mesurer l’inflation) est attendue à 14h30 CET. Enfin il se pourrait que la Cour Suprême des Etats-Unis statue finalement sur la légalité des tarifs du locataire de la Maison-Blanche, on l’avait un peu oublié ce dossier, bombe à retardement potentielle en fonction de la décision.

Quelque peu échaudé, l’indice S&P500 (SPX) met un terme son début de série de trois séances positives de suite. Le vénérable Dow Jones fait de même, tandis que le Nasdaq100 (NDX) est techniquement maintenu en respect par sa moyenne mobile à 100 jours. Les volumes de trading de ce jeudi sont faibles, le breadth légèrement négatif sur le SPX, sur le NDX c’est l’inverse, on regarde du coup du côté des géants de la tech qui sont partagés. AMD s’offre un joli +1,62%, de l’autre côté du miroir Apple rend 1,43%. Le podium du SPX se compose des utilities (tiens donc), des industrielles et de l’énergie, cette dernière pète la forme à l’idée d’un conflit en Iran… La volatilité reprend 3%, le VIX clôture juste au-dessus de 20, on attendra 30 avant de «s’enthousiasmer» à ce sujet. On gardera de la séance d’hier que les indices récupèrent du terrain en clôture, qu’ils restent en hausse sur la semaine et que les petites capitalisations surperforment la cote.

Au chapitre obligataire, le rendement du 10 ans US s’est stabilisé à 4,07%, mon petit doigt me dit que cela va évoluer à partir de 14h30. Le dollar retrouve de l’allant, la paire EUR/USD revient à 1,1762, elle a traversé sa 50 jours @1,1772 et regarde désormais sa 100 jours @1,1689. Quant à l’or, il semble s’être momentanément posé sur le niveau de 5000 dollars par once, camp de base ou passerelle de plongée? A mon avis l’avenir nous le dira.

On se penche sur la macro de ce jeudi : les nouvelles demandes d’allocations chômage s’établissent à 206’000, en dessous du consensus de 225’000. Les demandes continues atteignent 1,869 million, légèrement inférieures aux prévisions mais en hausse sur une semaine. L’indice Philly Fed de février enregistre une hausse surprise, même si les nouvelles commandes reculent et que l’emploi reste en territoire négatif; en revanche, l’indice des prix payés s’améliore. Le déficit commercial de décembre ressort à 73 milliards de dollars, en nette hausse par rapport aux 53 milliards de novembre, ce qui surprend le marché. Les promesses de ventes de logements en janvier reculent de 0,8% sur un mois, alors que le consensus attendait une hausse de 1,0%. Le rapport souligne que l’amélioration de l’accessibilité financière ne se traduit pas par davantage d’achats. Du côté de la Réserve fédérale, Miran indique qu’il observe des signes de raffermissement de l’inflation des biens. Il ramènerait son «point» de prévision au niveau de septembre, ce qui suggère 100 points de base de baisse de taux cette année, contre 150 points de base envisagés en décembre. De son côté, Neel Kashkari se dit préoccupé par de récents commentaires de Kevin Hassett sur la recherche économique, estimant qu’ils pourraient compromettre l’indépendance de la Fed.

La Cour suprême des États-Unis doit se réunir pour examiner une décision très attendue sur la légalité des droits de douane imposés par le président Donald Trump. L’affaire porte sur l’usage d’une loi de 1977, l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA), que Trump invoque pour justifier ses «tarifs d’urgence». Plusieurs scénarii sont possibles: validation complète des droits de douane, annulation totale, ou décision plus limitée (par exemple annulation sans remboursement rétroactif). Selon des analystes, la réaction des marchés pourrait être immédiate et marquée, avec un mouvement du S&P 500 allant d’environ −1% à +2% selon l’issue. Beaucoup anticipent toutefois une réaction «à chaud» suivie d’un ajustement rapide. Un point clé concerne d’éventuels remboursements rétroactifs. Si la Cour juge les tarifs illégaux et impose des remboursements, cela pourrait provoquer un important désordre administratif et financier pour les entreprises. Les montants en jeu sont considérables: depuis début 2025, plus de 260 milliards de dollars de droits de douane ont été collectés, dont environ 55% liés aux mesures contestées. Même en cas de revers judiciaire, Trump affirme qu’il trouvera d’autres bases juridiques pour maintenir des droits de douane. De nombreux observateurs estiment ainsi que, quelle que soit la décision, les tarifs devraient rester un élément durable de la politique commerciale américaine. Enfin, la date exacte de la décision reste incertaine: la Cour statue selon son propre calendrier et ne donne aucun indice sur l’issue finale.

Au menu macro-économique de ce vendredi, la deuxième estimation du PIB du quatrième trimestre aux Etats-Unis, les revenus et dépenses des ménages de décembre ainsi que l’inflation PCE, les indices PMI préliminaires et l’indice final de confiance des consommateurs de l’Université du Michigan (y compris les anticipations d’inflation) pour février. Par ailleurs, des discours de responsables de la Fed, dont Logan et Bostic, sont prévus, et la Cour suprême des États-Unis pourrait rendre sa décision sur les droits de douane fondés sur l’IEEPA.

Danone enregistre une hausse de 4,5% de son chiffre d'affaires annuel en 2025. Air Liquide annonce un bénéfice net record de 3,5 milliards d'euros pour 2024, en hausse de 6,4%. Moncler annonce une hausse de 7% de son chiffre d'affaires au quatrième trimestre, le titre gagne 12% dans les premiers échanges.  Novartis vend sa participation de 70,68% dans Novartis India pour 159 millions de dollars. Sika enregistre une baisse de 16,2% de son bénéfice net 2025 mais augmente son dividende à 3,70 francs par action. Le titre progresse de 3%. Nvidia est sur le point de finaliser un investissement de 30 milliards de dollars dans OpenAI, qui viendrait remplacer l'engagement à long terme de 100 milliards de dollars convenu par les deux entreprises l'année dernière selon le FT.  Microsoft introduit XAI Grok 4.1 Fast dans Microsoft Copilot Studio. Amazon AWS subit plusieurs pannes en décembre dues à des erreurs de son outil de codage IA. Bank of America engage 25 milliards de dollars dans des transactions de crédit privé. Johnson & Johnson prévoit de vendre sa division orthopédique DePuy Synthes pour plus de 20 milliards de dollars.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en ordre dispersé. Tokyo rend 1,12% à la cloche, Hong Kong abandonne 1,1%, Shanghai est fermée, Séoul inarrêtable avec un joli +2,31% tandis que le Nifty50 prend 0,48%. Le future SPX progresse légèrement, l’Europe gagne 0,3% dans les premiers échanges, l’arbitre du jour, de la semaine et peut-être de ces prochaines séances est un duo, composé de l’indice PCE et de la Cour Suprême des Etats-Unis, toujours avec la géopolitique en toile de fonds.

Donald Trump annonce qu’il a ordonné au département de la Défense et à d’autres agences de publier des documents gouvernementaux relatifs à la vie extraterrestre, aux phénomènes aériens non identifiés (UAP) et aux ovnis. Il justifie cette décision par le «fort intérêt» du public pour le sujet, sans donner davantage de détails. Par ailleurs, le Pentagone indique avoir reçu 757 nouveaux signalements de phénomènes aériens non identifiés entre mai 2023 et juin 2024. Parmi eux, 21 nécessitent une analyse plus approfondie en raison de caractéristiques inhabituelles, mais aucune preuve ne confirme à ce stade l’existence d’une origine extraterrestre.

 

Quoi qu’il en soit, l’actualité des marchés existe bel et bien elle et reviendra lundi 2 mars. 

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