La part moyenne des marchés privés au sein des portefeuilles des investisseurs institutionnels mondiaux a grimpé à 12,5%, selon la dernière «Private Markets Study» réalisée chaque année par Aviva Investors. Il s’agit du niveau le plus élevé jamais enregistré dans le cadre de cette enquête, qui en est à sa huitième édition et s’appuie sur les réponses de 500 investisseurs institutionnels mondiaux du Royaume-Uni et d'Europe, d'Amérique du Nord et de la région Asie-Pacifique, représentant collectivement 6500 milliards de dollars d'actifs sous gestion1.
Parmi les trois régions étudiées, les investisseurs institutionnels nord-américains affichent la plus forte allocation moyenne aux marchés privés, à 14,4%, contre 12,1% en Europe et 11,9% dans la région Asie-Pacifique. C’est également en Amérique du Nord qu’a été observée la plus forte augmentation en glissement annuel des allocations aux marchés privés, avec une hausse de près de 2% par rapport au niveau de l’année précédente (12,5%).
L’enquête de cette année révèle également que 88% des investisseurs institutionnels mondiaux prévoient d'augmenter (49%) ou de maintenir (39%) leurs allocations sur les marchés privés au cours des deux prochaines années, 76% d'entre eux anticipant une surperformance des marchés privés par rapport aux marchés publics sur les cinq prochaines années, contre 73% un an plus tôt.
En ce qui concerne les principales raisons de s’exposer aux marchés privés, plus de trois quarts (76%) des sondés citent la «diversification des risques et des rendements» et plus de la moitié (55%) l’»existence d'une prime d'illiquidité» (rendements plus élevés pour les investisseurs en contrepartie de l’illiquidité accrue d'un investissement). Le rapport trimestriel «Primes d'illiquidité dans la dette privée» d'Aviva Investors met en évidence et cherche à quantifier le concept de prime d'illiquidité, en analysant plus de 2100 transactions de dette privée sur une période de 28 ans. En novembre, il est ressorti de ce rapport que les primes d'illiquidité de la dette privée étaient supérieures à la moyenne à long terme.
David Hedalen, Head of Private Markets Strategy & Research chez Aviva Investors, déclare: «L’enquête de cette année témoigne de l'importance croissante des primes d'illiquidité pour les investisseurs exposés aux marchés privés, 55% des investisseurs mondiaux les considérant comme un facteur déterminant, contre à peine 25% en 2023. Les investisseurs sur les marchés privés s'appuient de plus en plus sur des données de meilleure qualité pour calibrer leurs modèles et prendre des décisions plus éclairées, en tenant compte des primes d’illiquidité. Grâce à la rémunération que celles-ci confèrent en contrepartie d’une illiquidité accrue au sein des portefeuilles, les investisseurs douteront de moins en moins de la capacité de ces actifs à générer des rendements intéressants à long terme. Cela contribue selon nous à expliquer pourquoi les primes d’illiquidité s’imposent rapidement comme un pilier central de l'allocation aux marchés privés.»
Le capital-investissement (51%) et le capital d’infrastructure (46%) sont considérés dans les trois régions comme les classes d'actifs qui devraient offrir les meilleurs rendements corrigés du risque au cours des cinq prochaines années. Pour ce qui est de la troisième position, l’Amérique du Nord et l’Europe identifient la dette d’entreprise privée (31% et 34% respectivement), tandis que les investisseurs institutionnels de la région Asie-Pacifique désignent plutôt les actions immobilières (32%). Les actions immobilières constituent toujours la classe d’actifs privilégiée dans le cadre des allocations aux marchés privés à l’échelle mondiale, représentant aujourd'hui 22% des fonds alloués aux marchés privés par les investisseurs institutionnels. Le capital-investissement (21,5%, contre 18,8% en 2024) et la dette d’entreprise privée (12,5%, contre 10,3%) sont les deux classes d'actifs qui ont connu la plus forte augmentation au sein des portefeuilles depuis la dernière édition de l’enquête.
David Hedalen explique: «De par leur caractère familier, leur échelle et leur profondeur, les actions immobilières ont toujours les faveurs des investisseurs institutionnels mondiaux dans le cadre de leurs allocations aux marchés privés et continuent de jouer un rôle majeur au sein de leurs portefeuilles. Malgré un enthousiasme légèrement moins marqué à en croire les données, les investisseurs semblent plus disposés à ajuster leur exposition à l’immobilier de manière réfléchie. Dès lors que le marché est entré dans un nouveau cycle dans le sillage de sa correction de 2024, cela reflète probablement un rééquilibrage plus raisonné découlant d’opportunités de valeur relative et de considérations structurelles, plutôt qu'une réévaluation globale du secteur.»
Alors que les régimes à cotisations définies représentent aujourd'hui 59% des actifs totaux sur les sept principaux marchés de pension2, 72% des régimes à cotisations définies dans le monde considèrent que l'ajout d'actifs des marchés privés au sein des portefeuilles de capitalisation permettra d'obtenir de meilleurs résultats pour les affiliés, les investisseurs européens étant les plus nombreux à partager cet avis (73%). 59% des régimes à cotisations définies pensent également qu'il convient de mettre davantage l’accent sur la valeur à long terme et moins sur les coûts au moment d’envisager l’intégration d’actifs des marchés privés au sein de leurs portefeuilles. Seuls 13% des régimes à cotisations définies d'Amérique du Nord estiment que les investissements sur les marchés privés devraient soutenir la croissance économique de leur pays, contre 52% et 41% respectivement pour les régimes à cotisations définies d'Europe et de la région Asie-Pacifique, pour une moyenne mondiale de 41%.
L'immobilier (59%), la dette privée (48%) et le capital-investissement (43%) constituent les classes d’actifs les plus prisées parmi les régimes à cotisations définies qui intègrent des actifs des marchés privés au sein de leurs portefeuilles de base.
En ce qui concerne la dette privée, les trois régions considèrent les prêts adossés à des actifs (49%) ainsi que la dette opportuniste et distressed (48%) comme les sous-classes d'actifs susceptibles de générer les rendements corrigés du risque les plus intéressants au cours des deux prochaines années.
David Hedalen joute: «L’essor du crédit privé a été passionnant à observer cette année. Il ne s'agit plus d'un substitut aux prêts bancaires, mais d'une classe d'actifs spécialisée et différenciée, de plus en plus sophistiquée, avec des voies d'accès au marché de plus en plus hétérogènes. Alors que la classe d'actifs continue de gagner en maturité, il est important que les gestionnaires d'actifs aident les investisseurs institutionnels à faire le tri parmi les stratégies de plus en plus nuancées et personnalisées qui s’offrent à eux et à y investir de manière optimale, afin de veiller à l’alignement sur les besoins d'investissement à long terme. Les stratégies telles que le crédit privé multisectoriel, qui sont en mesure de modifier leur exposition aux secteurs et aux structures de capital en fonction de l'évolution de la valeur relative, nous semblent particulièrement indiquées à cet égard.»
L’enquête montre également une forte augmentation en glissement annuel de l’appétit pour les fonds poolés et les co-investissements, 58% des sondés privilégiant les fonds poolés à classe d’actifs unique (contre 40% l'année précédente) et 54% considérant le co-investissement comme leur voie d'accès préférée au marché (contre seulement 35% l'année précédente). Les fonds poolés multi-actifs, cités par 50% des sondés (soit un peu plus que les 46% de l’année précédente), constituent le troisième moyen le plus populaire d'investir sur les marchés privés.
Cette préférence pour le co-investissement se vérifie également parmi les grands investisseurs institutionnels, dont le sentiment à cet égard a sensiblement évolué par rapport à l’enquête de l'année précédente. 59% des investisseurs disposant de 10 à 20 milliards3 d'actifs sous gestion et 57% de ceux disposant de 20 milliards ou plus d'actifs sous gestion préfèrent le co-investissement à d'autres voies d'accès, alors qu’ils étaient seulement 25% et 38% respectivement un an plus tôt. Pour les plus grands investisseurs, le principal attrait réside dans l'accès à des transactions plus importantes (55%), suivi par la réduction des coûts (47%) et l'accès à des actifs de grande qualité (41%). 79% des investisseurs mondiaux considèrent la flexibilité des apports et des retraits et l'absence de durée de vie fixe ou de date limite de sortie comme les principaux avantages des fonds evergreen. Seuls 30% d'entre eux citent la plus grande fréquence de valorisation.
David Hedalen conclut: «Bien que les fonds poolés demeurent la voie d'accès la plus prisée, nos résultats montrent également une nette augmentation de l'appétit pour les opportunités de co-investissement de la part des investisseurs institutionnels de toutes tailles. Ce constat est selon nous particulièrement révélateur, en ce qu’il suggère non seulement que les investisseurs recherchent un meilleur accès à des opportunités plus importantes, mais aussi qu’ils pourraient chercher à exercer un contrôle accru sur les portefeuilles au niveau des actifs et à saisir des opportunités leur permettant de personnaliser de plus en plus leur approche en ce qui concerne les métriques de risque et de rendement, les profils de responsabilité ainsi que d'autres paramètres non financiers, tels que les préférences régionales.»
1 CoreData Research a interrogé 500 investisseurs institutionnels du monde entier entre fin septembre et octobre 2025
2 «Global Pensions Asset Study 2025», Thinking Ahead Institute et WTW, février 2025
3 En valeur locale