Gonet: l'actualité des marchés au 15 août

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow -0,02%, S&P 500 +0,03%, Nasdaq -0,01%, Russell -1,24%, SOX -0,12%, Eurostoxx +0,86%, SMI +0,19%.


Autant mettre les choses au point dès le départ, la rencontre des deux vieux papis (@Richard Gotainer ou presque) ayant lieu ce soir à 21 heures (CET), l’Europe sera en weekend depuis un bon bout de temps déjà tandis qu’il ne restera plus qu’une heure à tirer pour Wall Street lorsque la réunion débutera. Les probabilités que ce «sommet» ait un impact sur les marchés sont donc faibles, ce d’autant que le principal intéressé n’y sera même pas.

Hier, c’est surtout la macro qui intéresse Wall Street, l’indice des prix à la production aux Etats-Unis pour le mois de juillet réussit l’exploit de jeter un froid en cette période caniculaire. À première vue on peut comprendre pourquoi, le PPI progresse de 0,9% le mois passé, les économistes prédisaient 0,2% (on les met à la porte?) et en juin le chiffre était à zéro, de quoi calmer net les ardeurs des taureaux, pour la plupart sous poppers depuis quelques temps déjà. Mais c’était sans compter sans le fameux BTFD, acronyme que je ne saurais traduire ici, disons que, en résumé, il décrit le phénomène d’achats sur faiblesse. Les principaux indices américains démarrent en effet leur journée dans le rouge, échaudés par le PPI mais cela ne dure guère et, après quelques tergiversations, les taureaux reprennent les commandes un peu avant 19 heures.

En grattant la surface du PPI on observe que la subite hausse de juillet est surtout due au secteur des services, immunisé par définition aux droits de douane du grand blond énervé, c’est probablement ce qui permet au marché de se remettre rapidement la tête à l’endroit. On observe ceci dit que les Fed Funds ont tempéré leurs ardeurs et prédisent désormais 93% d’une baisse de 25 points de base par la Fed le 17 septembre, puis une à deux coupes supplémentaires d’ici à la fin de l’année. Les probabilités vont être affinées au fil des publications macro, puis arrivera le symposium de Jackson Hole, qui se tiendra du 21 au 23 août à Jackson Hole (je sors…). Les banquiers centraux du globe s’y retrouvent une fois par an, le raout est organisé par la Fed de Kansas City, on écoutera attentivement ce que Jerome Powell aura à dire, c’est là une occasion rêvée de faire passer un message s’il le souhaite. 

Musalem, de la Fed de St. Louis (membre votant), souligne que l’inflation tourne encore autour de 3% et qu’il existe des risques de ralentissement du marché du travail, il précise aussi que les données ne justifient pas une baisse de taux de 50 points de base. Barkin, de la Fed de Richmond, indique que le moral des entreprises s’améliore, mais pas encore sur le plan des embauches (il ajoute toutefois que les entreprises ne semblent pas prévoir de licenciements).

L’air de rien, l’indice S&P500 (SPX) poste un nouveau record historique à la clocher hier, même s’il ne progresse que d’un chouia. Son podium du jour se compose des financières, de la santé et de la consommation discrétionnaire. Son alter ego équipondéré, le SPX, recule de 0,65% pour sa part, cela indique que le plus grand nombre perd tout de même quelques plumes hier, ce que confirme le breadth du jour qui montre un 3-1 négatif pour le SPX, sur le NDX c’est 2-1 négatif. Les volumes d’échanges sont faibles, on notera qu’Amazon (AMZN +2,86%) et Netflix (NFLX +2,17%) apportent leur soutien à la cote et que la volatilité opère un timide rebond, le VIX gagne 2,4% à 14,83. Le dollar est en pleine bagarre avec sa moyenne mobile à 50 jours, par exemple sur la paire EUR/USD cette dernière se situe à 1,1631 contre un niveau actuel de 1,1677. Sur le front obligataire le rendement du 10 ans US vient tester son support de 4,20% - 4,18% hier en séance, puis le PPI le renvoie plus haut, ce matin il évolue à 4,29%.

Au menu macro-économique du jour, les ventes de détail aux Etats-Unis et l'indice de confiance de l'Université du Michigan seront publiés cet après-midi.

Le bénéfice d'exploitation de Pandora au deuxième trimestre est proche des prévisions et la société maintient ses perspectives pour 2025. BBVA conteste devant la justice les conditions posées par Madrid au projet d'acquisition de Banco de Sabadell. Philips investit plus de 150 millions de dollars dans la fabrication et la R&D aux Etats-Unis. Berkshire Hathaway se repositionne sur UnitedHealth. Les Etats-Unis songent à entrer au capital d'Intel, selon l’agence Bloomberg. Eli Lilly signe un accord de 1,3 milliard de dollars avec Superluminal pour découvrir des médicaments contre l'obésité grâce à l'IA. Rivian dit être confronté à un trou de 100 millions de dollars après les nouvelles règles américaines sur le carburant. Mubadala annonce des prises de participation dans Walt Disney et Merck & Co, et dissout sa participation dans Comcast. YouTube (Alphabet) va deviner l'âge des utilisateurs grâce à l'IA.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en hausse à part Hong Kong qui recule de 1,03%. Tokyo prend 1,46%, Shanghai monte de 0,83%, Séoul et le Nifty50 sont fermés. Le future SPX gagne 0,2% et l’Europe ouvre en hausse de 0,5%. L’or ne bouge plus une oreille, l’once traite à 3342 dollars, le pétrole tente de relever la tête, le baril de WTI Light Crude évolue à 63,52 dollars.

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