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La joyeuse caravane boursière s’est engagée dans le désert d’août, rien ne semble en mesure de lui barrer la route. L’horizon des taureaux parait dégagé, pensée émue pour les ours, on les aimait bien.
Peu ou pas de nouvelles majeures à signaler en ce mercredi caniculaire, les intervenants peuvent se concentrer sur la digestion de l’indice américain des prix à la consommation (CPI) publié la veille tout en écoutant attentivement Scott Bessent, le Secrétaire US au Trésor donne une interview sur Bloomberg TV. Le marché est au premier rang, équipé des pop-corn et coca réglementaires, on l’écoute le Scott sur les parquets de trading, il parle le langage maison et, avouons-le même si cela fut totalement immoral, il a quand même fait partie du gang de George Soros qui s’est attaqué à la livre en 1992 en pariant massivement contre la monnaie britannique et empochant au passage un gain de 1 milliard de dollars, à l’époque c’était énorme. Partout ailleurs on le mépriserait, dans les salles de marchés on a tendance à admirer ce genre de profil, je sais…
Quoi qu’il en soit lorsque Scott Bessent parle de politique monétaire, même si l’on sait pertinemment qu’il répond à un futur prix Nobel d’économie, on l’écoute. Or hier le Secrétaire au Trésor affirme que les nouveaux tarifs douaniers ont un impact limité sur l’inflation américaine et que les taux de la Fed devraient se situer entre 150 et 175 points de base plus bas qu’actuellement (4,25% - 4,50%). Manifestement en pleine forme, il ajoute que la Banque du Japon (BoJ) devrait augmenter ses taux et que le Gruyère trouve son origine dans le Wisconsin (attention il y a un piège). Monsieur Bessent ne siégeant pas au FOMC, les intervenants accueillent ses propos avec quelque philosophie, ceci dit on constate ce matin que les Fed Funds prédisent désormais 106% de probabilités d’une coupe de 25 points par la Fed le 17/9, puis deux baisses supplémentaires d’ici la fin de l’année.
Rappelons ici que la Fed est la seule et unique cheffe d’orchestre du grand concert financier mondial. Alors lorsque les Fed Funds sont un peu plus convaincus qu’elle va reprendre son attitude accommodante d’ici moins d’un mois, le marché applaudit des deux mains et envoie les principaux indices US d’actions à de nouveaux records historiques. Le S&P500 (SPX) atteint un nouveau palier inexploré à la cloche, il n’est toujours pas suracheté, les volumes d’échange du jour restent limités mais l’essentiel est ailleurs, on se tourne vers le SPX équipondéré (SPW) qui progresse de 1,37% sur la journée contre «seulement» 0,32% au SPX. Cela nous indique deux choses: tout d’abord une fois n’est pas coutume les géants de la tech ne sont pas le principal moteur de la hausse. Ensuite le comportement du SPW indique que les acheteurs élargissent leur champ d’action, un phénomène plutôt sain et rassurant. A ce sujet voyez le Russell2000 (RTY) qui décolle de près de 2% hier, il poursuit son rattrapage et confirme que l’on recherche plus ou moins tout à Wall Street hier. L’appétit au risque devient donc général Downtown Manhattan, dans un contexte de volatilité en recul quasi permanent, le VIX abandonne 1,7% supplémentaire hier, il termine sa séance à 14,49, support principal à 12,70. Le podium du jour du SPX se compose des materials, de la santé et de la consommation discrétionnaire. Le breadth est sans appel, quasiment aucune miette n’est abandonnée aux vendeurs hier.
On observera que le Swiss Market Index (SMI) surperforme la plupart des indices du vieux continent hier, il clôture à 11'978 points, sa 50 jours évolue actuellement à 11'994 pts, si le SMI la traverse cela pourrait déclencher des achats sur base stop, à suivre.
Sur le front obligataire, le rendement du 10 ans US recule à 4,21%, il se rapproche de sa zone de support de 4,20% - 4,18% et on note au passage qu’hier les actions et les obligations montent main dans la main, ce n’est pas tous les jours que cela se produit.
Au chapitre des monnaies, le dollar poursuit son affaiblissement, le Dollar Index (DXY) traite ce matin à 97,81, il a cassé sa moyenne mobile à 50 jours ainsi que son canal haussier entamé le 1er juillet. La paire EUR/USD se débat avec le niveau de 1,1700, il serait étonnant qu’elle ne tente pas de le traverser vers le haut.
Le président des Etats-Unis avertit qu'il imposerait des «conséquences très sévères» si Vladimir Poutine n'acceptait pas un cessez-le-feu lors du sommet de demain en Alaska. En outre le locataire de la Maison-Blanche espère organiser rapidement une deuxième réunion à laquelle participerait Volodymyr Zelensky. Enfin il annonce qu'il nommera le prochain président de la Fed un peu plus tôt que prévu et précise qu'il a réduit sa liste à trois ou quatre candidats potentiels.
Au menu macro-économique de ce jeudi, le PIB mensuel du Royaume-Uni (qui bat les attentes des économistes) et la production industrielle de la zone euro à 11h CET. Aux Etats-Unis, les nouvelles demandes d'allocations chômage et l’indice des prix à la production (PPI) du mois de juillet seront suivis de près.
Swiss Re affiche une hausse de 24% de son bénéfice semestriel et maintient ses objectifs. UBS devrait manquer son objectif de suppressions d'emplois après le rachat de Credit Suisse, selon le FT. Le plan d'Apple pour revenir dans la course à l'IA comprendra des robots et un Siri plus vrai que nature, selon Bloomberg. Google investit 9 milliards de dollars en Oklahoma pour renforcer ses capacités IA et cloud.
Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en ordre dispersé. Tokyo recule de 1,45% à la cloche, ce qui ne gêne pas grand-monde, l’indice Nikkei225 sort d’une série impressionnante de hausses. La glissade du jour peut être en partie attribuée à Scott Bessent, ses propos au sujet de la BoJ ont manifestement provoqué une vague acheteuse sur le yen, qui remonte à 146,42 contre le dollar et teste en ce moment-même sa moyenne mobile à 50 jours (@146,40). S’il la traverse, le chemin sera techniquement grand ouvert en direction de 145,53 (100 dma) puis 144,60 (bas du canal haussier de la paire (et donc baissier pour le JPY) entamé le 22 avril). Hong Kong rend 0,51%, Shanghai recule de 0,43%, Séoul grappille 0,04% et le Nifty50 avance de 0,13%. Le future SPX traite en léger repli tandis que l’Europe ouvre autour de l’équilibre.
L’or est en mode sieste, l’once ne bouge guère ces jours, actuellement elle traite à 3363 dollars. Le baril de WTI Light Crude tente de se stabiliser à 63 dollars.