Gonet: l'actualité des marchés au 13 août

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow +1,10%, S&P 500 +1,13%, Nasdaq +1,39%, Russell +2,99%, SOX +2,99%, Eurostoxx +0,08%, SMI +0,14%.


Le très attendu indice américain des prix à la consommation (CPI) livre son verdict hier après-midi. L’inflation n’a pas évolué en juillet par rapport à juin, elle se situe à 2,7% (d’année en année). Sur une base mensuelle, on constate même un ralentissement de la progression du niveau général des prix, qui s’élève à 0,2% contre 0,3% le mois précédent. Premier constat, la baisse notable du baril de brut est largement responsable de cette stagnation. En revanche, si l’on extrait de la statistique l’énergie et l’alimentation, le résultat est tout autre avec +3,1% (annualisé) contre des attentes à 3,0% et surtout 2,9% en juin. L’inflation n’est donc pas si faible que la première lecture des chiffres publiés hier ne peut laisser penser.

Revenons sur le chiffre global de 2,7%. Comment donc expliquer ce surplace alors que l’on apprend en parallèle qu’en juillet les entreprises américaines ont versé un montant record de 28,4 milliards de dollars au titre de droits de douane, ce qui correspond à une hausse de 273% sur une année. Sachant que le taux effectif des droits de douane s’élevait à un peu plus de 9% à ce moment (selon KPMG) et que nous nous dirigeons vers un bon 17 – 20%, quelqu’un va bien devoir payer cette montagne de cash non? Cette situation étonnante peut s’expliquer de plusieurs façons, par exemple par un ralentissement de l’emploi, une baisse des heures travaillées, une réduction des investissements mais à terme les firmes américaines qui le peuvent vont répercuter ces coûts supplémentaires sur leurs clients, sans coup férir. En l’état on peut penser qu’elles «prennent sur elles», attention donc au PIB, la croissance pourrait en souffrir, il faut aussi surveiller la consommation des ménages de près, accélération de l’inflation globale oblige.

On peut aussi penser que de nombreuses entreprises ont constitué des stocks importants en amont de l’entrée en vigueur des nouvelles taxes douanières et qu’elles les écoulent. C’est un point non négligeable. Prenez par exemple Hermès, qui n’est certes pas une société Etats-Unienne, mais qui est aussi concernée par la nouvelle donne tarifaire. Et bien il se murmure dans les milieux autorisés que le sellier aurait envoyé 6 avions pleins de sacs de l’autre côté de l’Atlantique avant la date fatidique. Imaginez un peu ce que cela fait en nombre de sacs six avions pleins. Revenons aux Etats-Unis où de nombreuses firmes ont également dû se préparer à leur façon. Le point ici est de rappeler que ces mesures n’auront qu’un temps, puis le bouquet surprise de l’inflation trumpienne devrait apparaître au grand jour.

Et le marché dans tout cela? Et bien il fait ce qu’il fait de mieux soit prendre ce qui l’arrange du CPI, pour le reste on verra plus tard. Les Fed Funds sortent le champagne (acheté avant l’augmentation des droits de douane) et prédisent désormais 96% de probabilités que la Fed réduira ses taux de 25 points de base le 17 septembre. Deux coupes supplémentaires sont aussi dans les cartes avant la fin de l’année, n’en jetez plus c’est de la musique aux oreilles du joyeux royaume des actions qui se met à ronronner comme jamais. On ne le répétera jamais assez, c’est la Fed et elle seule qui joue le rôle de cheffe d’orchestre du grand concert mondial de la finance. Lorsque la Réserve Fédérale s’apprête à réduire le loyer de l’argent, il faut m’expliquer comment Wall Street peut trébucher, ce d’autant que l’on se situe actuellement dans une fourchette de 4,25% - 4,50%, il y a donc une jolie marge à la baisse.

Alors bien évidemment les esprits chagrins argueront que ces baisses de taux vont probablement intervenir alors que l’impact inflationniste de la politique du grand blond se met progressivement en place, on observe d’ailleurs déjà que les prix des meubles a grimpé de près de 2% en deux mois, les chaussures augmentent de 1,4% et le café grimpe de 2,3%, alors que le Brésil n’est pas encore impacté par les droits exorbitants qui le frappent désormais. Mais qui donc Downtown Manhattan veut regarder dans cette direction? Le comportement des indices hier répond sans équivoque à la question: personne.

Les deux ours encore vivants autour du globe sont exécutés dès l’ouverture du NYSE, les intervenants ont un appétit au risque d’ogre hier, les indices S&P500 (SPX) et Nasdaq100 (NDX) mettent tout le monde d’accord en réalisant chacun un nouveau record historique à la cloche, le 16e du SPX cette année, le NDX en est à 19. La séance se termine au plus haut du jour, les acheteurs n’ont manifestement pas terminé le travail, le breadth est très nettement positif, les volumes d’échanges toujours faibles, qui nous indiquent que la participation n’est pas encore massive dans cette hausse rare, malgré le FOMO (Fear Of Missing Out) ambiant. Côté secteurs les géants de la tech ne relâchent pas leur effort, hier c’est Meta qui est de garde, le titre progresse de 3,1%. Le podium du jour du SPX se compose des services de communication, de la tech et des financières. On rachète les shorts, on recherche aussi les petites capitalisations, le Russell2000 (RTY) surperforme assez nettement, il clôture pile sur une résistance horizontale, n’est pas suracheté, a vécu une golden cross le 6 août et a du rattrapage à effectuer vis-à-vis du SPX et du NDX depuis le début de l’année.

Ce qui est assez bluffant, c’est que ni le SPX ni le NDX ne sont surachetés, en parallèle la volatilité se prend un nouvel uppercut en pleine figure, le VIX chute de 9% à 14,73, 12,70 nous voilà? Même le grand frère obligataire, d’ordinaire si prudent et rabat-joie, met son propre indice de volatilité au tapis, le MOVE perd 5% à 77,42 hier, il est de retour à son niveau de fin 2021.

On notera que le rendement du 10 ans US ne bouge pas d’un iota après le CPI, il se maintient à 4,27%, voit toujours son prochain support dans la zone 4,20% - 4,18%. Est-ce à dire que côté marché obligataire on reste prudent au sujet de l’inflation? Intéressant et à suivre.

Le Dollar Index (DXY) repasse en-dessous de 98,00, sa 50 jours évolue à 98,17, fragilisation technique générale du billet vert en cours donc, ce d’autant que la paire EUR/USD remonte à 1,1709, le top en séance du 1er juillet à 1,1829 est à garder en tête.

Scott Bessent suggère que la banque centrale devrait envisager une réduction de 50 points de base. Il exclut par ailleurs que les investissements chinois aux États-Unis puissent faire partie d'un accord commercial.

Volodymyr Zelenskiy déclare qu'il ne céderait pas la région orientale du Donbass à la Russie. Le président ukrainien et les dirigeants européens doivent s'entretenir aujourd'hui avec Donald Trump et JD Vance. Marco Rubio s’entretient avec son homologue russe Sergueï Lavrov afin de préparer le sommet de vendredi entre Trump et Vladimir Poutine en Alaska.

Au menu macro-économique de ce mercredi, la seconde lecture de l'inflation européenne de juillet est attendue à 11h00.

Stadler Rail reçoit une commande de trains de la part du danois Lokaltog. Exxon pourrait investir jusqu'à 21,7 milliards de dollars s'il trouve du pétrole et du gaz à Trinidad. Le Texas poursuit Eli Lilly pour avoir prétendument corrompu des prestataires de soins afin qu'ils prescrivent ses médicaments.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en hausse, la brise en provenance de la Fed se fait ressentir. Tokyo atteint un nouveau record et progresse de 1,3%, Hong Kong décolle de 2,28%, Shanghai prend 0,51%, Séoul gagne 1,08% et le Nifty50 avance de 0,43%. Le future SPX marque une pause, l’Europe ouvre en progression de 0,3%. Le baril de WTI Light Crude reste faible, il traite à 63,07 dollars, l’once d’or ne profite pas non plus de l’affaiblissement du dollar et évolue à 3360 dollars.

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