Gonet: l'actualité des marchés au 11 août

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow +0,47%, S&P 500 +0,78%, Nasdaq +0,98%, Russell +0,17%, SOX +0,79%, Eurostoxx +0,29%, SMI +0,15%.


La semaine supposée de tous les dangers se transforme en long fleuve tranquille. Les taureaux y barbotent, les ours sont renvoyés à leurs études, nouveau record historique pour le Nasdaq100 (NDX) à la cloche de ce vendredi et pourtant…

…et pourtant pile une semaine plus tôt le 1er août on apprend que le marché américain de l’emploi ralentit, ce qui déplait fortement au grand blond qui licencie du coup le responsable de cette statistique (1 chômeur de plus c’est ballot). En parallèle, les tarifs du même sire sont confirmés et entrent en vigueur lundi mais le marché reste de marbre et poursuit son chemin vers les sommets, notons au passage que les investisseurs ont probablement choisi de se concentrer sur les bons résultats de sociétés. Près de 90% des firmes ont désormais publié leurs trimestriels, elles ont aisément battu les attentes pour la plupart, les chiffres d’affaires sont satisfaisants, les estimations avaient été ajustées vers le bas mais sur les parquets de trading on prend, ce d’autant qu’il est ardu d’évaluer l’impact réel à terme de ces nouveaux droits de douane, en l’état les investisseurs considèrent manifestement que le scénario actuel (boucles d’or, une économie ni trop chaude ni trop froide) reste valide. Wall Street se retrouve dans une situation bien connue, celle de monter face à un «wall of worry», c’est-à-dire dans un contexte rempli de préoccupations. Dans une telle situation de nombreux intervenants restent à l’écart, cela implique une quantité importante potentielle de liquidités en attente d’être mises au travail, le pessimisme général est bien souvent dans les prix, la hausse force progressivement les sceptiques à sortir du bois et à entrer dans la danse, c’est le fameux FOMO (Fear Of Missing Out), souvent accompagné du TINA (There Is No Alternative but stocks), chaque trou d’air est acheté, les records en entrainent d’autres.

Ajoutez à cela une Fed longtemps considérée comme démissionnaire par les acheteurs, qui désespéraient qu’elle reprenne son cycle de baisses de taux. Or depuis une dizaine de jours et le combo emploi / tarifs, le vent a tourné, les Fed Funds espèrent désormais 2 à 3 coupes cette année encore, la première dès le 17 septembre (89% de probabilités). Une Fed accommodante constitue une sorte de «put», une quasi assurance contre la baisse pour les acteurs du marché des actions. Wall Street se retrouve au plus haut ou quasiment en ce lundi matin, elle se prépare à l’indice des prix à la consommation (US CPI) qui sera publié demain, les résultats de sociétés sont quasiment terminés, on se demande bien ce qui va stopper le mouvement actuellement en cours.

La journée de vendredi est dépourvue de nouvelles majeures, le NDX en profite pour atteindre un nouveau plus haut de tous les temps à la cloche, dans des volumes estivaux et avec un breadth légèrement positif. L’indice S&P500 équipondéré (SPW) ne grappille que 0,14% contre +0,78% au SPX, cela nous indique qu’une fois de plus, ce sont les géants de la tech qui s’y collent, d’ailleurs le podium du jour du SPX se compose de la tech, des services de communication et des financières. Notons au passage que le NDX n’est pas suracheté, qu’une golden cross s’est produite en fin de semaine et que le momentum sur la tech reste solide. La volatilité se ratatine un peu plus vendredi, le VIX perd 8,4% supplémentaires, il clôture à 15,15 et a de la place jusqu’à 12,70. Côté marché obligataire, le rendement du 10 ans US remonte de 7 points de base la semaine passée, il évolue ce matin à 4,26%, notons qu’une death cross s’est produite le 4 août et que sa prochaine zone de support se situe à 4,20% - 4,18%.

Sur la semaine le SPX gagne 2,4%, le NDX 4%, l’Eurostoxx 3,5% et le SMI parvient quant à lui à grappiller 0,4%, ce qui devrait vexer qui vous savez, activement occupé à tenter de clouer au pilori notre bonne vielle Helvétie. Et bien même si «la chatte a mal au pied», notre bon vieux SMI reste debout, peut-être que le marché price le fait que les firmes du pays sont habitués à faire avec des vents contraires depuis plus de 50 ans et qu’elles n’ont probablement pas attendu que le Conseil Fédéral se rende à Washington pour se préparer au tsunami de droits de douane. La pharma reste un sujet à part, pour le reste il semble que cela ne soit pas si catastrophique que craint, à suivre.

Le dollar laisse songeur, le Dollar Index teste actuellement un support important, la paire eur/usd évolue ce matin à 1,1657, elle reste techniquement affaiblie (pour le dollar) et les baisses de taux à venir, alors que la BCE est en pause, la versatilité du président des Etats-Unis, le marché de l’emploi américain qui montre des signes de craquelures et la nomination récente d’un disciple du grand blond à la Fed, tout cela concourt à envisager des jours pluvieux pour le billet vert. 

On se penche sur quelques performances hebdomadaires notables de la semaine passée. Apple grimpe de 5,1% après que le président américain a annoncé des exemptions de droits de douane pour les entreprises technologiques investissant dans la production aux États-Unis. Apple promet d’investir 100 milliards de dollars, en plus des 500 milliards déjà prévus sur quatre ans pour fabriquer serveurs et pièces aux États-Unis. Tesla gagne 2,2% après que le conseil d’administration accorde à Elon Musk une prime de 96 millions d’actions, d’une valeur de 23,7 milliards de dollars, à condition qu’il reste concentré sur l’entreprise (on croit rêver). Malgré ses multiples activités, il lance le service de robotaxis et supervise SpaceX, qui envoie quatre astronautes à l’ISS après un échec en juin. Palantir bondit de 7,8% grâce à ses meilleurs résultats trimestriels, avec un chiffre d’affaires dépassant pour la première fois 1 milliard de dollars et une hausse annuelle prévue. Ses revenus progressent de 48%, soutenus par la demande en intelligence artificielle et les contrats gouvernementaux américains. Pfizer prend 5,2% après avoir relevé ses prévisions de bénéfice annuel, malgré les incertitudes sur les tarifs douaniers et la pression du président pour baisser les prix des médicaments. Le CEO Albert Bourla reste optimiste sur un accord possible. McDonald’s progresse de 3% avec un rebond des ventes à périmètre comparable au deuxième trimestre, aidé par son menu McValue à prix bas. L’entreprise cherche à retenir les consommateurs malgré la hausse des coûts et la pression sur les ménages à faibles revenus. Intel recule de 3,1% après que le locataire de la Maison-Blanche a publiquement appelé son CEO Lip-Bu Tan à démissionner, l’accusant de liens conflictuels avec la Chine. Des tensions existent déjà au sein du conseil sur la stratégie à adopter pour la production de puces.

Le baril de WTI Light Crude recule de 4,3% sur la semaine. Le marché s’inquiète d’un ralentissement de croissance induit par les nouveaux droits de douane, mais aussi à cause de la récente décision de l’OPEP+ d’avancer la levée de ses réductions de production. L’or est inchangé sur la semaine mais évolue proche de son record, l’once traite actuellement à 3362 dollars, les anticipations de coupes de taux de la Fed n’y sont pas étrangères, le côté défensif du métal jaune non plus.

Scott Bessent déclare que les États-Unis auraient en grande partie terminé les négociations avec les pays qui n'ont pas encore conclu d'accord commercial d'ici la fin octobre, rapporte Nikkei.

Volodymyr Zelenskiy indique que l'Ukraine ne céderait pas de territoire pour mettre fin à la guerre avec la Russie. Mark Rutte, de l'OTAN, déclare à ABC que tout progrès vers la paix nécessiterait que le territoire soit «sur la table» lors des négociations.

Aucun indicateur majeur à signaler au menu macro-économique du jour.  

Novartis annonce que les deux études cliniques de phase III sur l'ianalumab ont atteint le critère d'évaluation principal chez les patients atteints de la maladie de Sjögren. Moody's rétrograde Vontobel à A3 et relève la perspective à stable. Nvidia et AMD devront reverser 15% de leurs revenus sur les ventes de puces en Chine aux Etats-Unis en échange du feu vert à l'export, selon un responsable américain interrogé par Reuters. Apple a gagné 13,3% sur la semaine, sa plus forte hausse hebdomadaire en pourcentage depuis 2020. Le CEO d'Intel se rendra à la Maison Blanche aujourd'hui, selon le WSJ. Bill Ackman propose de fusionner Fannie Mae et Freddie Mac (Federal Home Loan Mortgage Corporation et Federal National Mortgage Association). CATL suspendrait la production de sa mine de lithium en Chine pour trois mois pour des questions de licence, selon Bloomberg, ce qui a fait décoller les producteurs de lithium chinois et australiens en bourse ce matin.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en hausse hormis Séoul qui abandonne 0,1%. Tokyo est fermée, Hong Kong grappille 0,04%, Shanghai monte de 0,33% et le Nifty50 gagne 0,31%. Le future SPX progresse de 0,2% et l’Europe fait de même à l’ouverture.

Rencontre programmée entre le président des Etats-Unis et Poutine ce vendredi en Alaska. Au menu la guerre en Ukraine, en l’absence du principal intéressé, tout va bien.

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