L’année 2025 a montré à quel point les décisions globales influencent directement la place économique suisse. Nouveaux conflits commerciaux, recompositions géopolitiques, montée des politiques industrielles dans le monde et cadre réglementaire de plus en plus complexe: autant de facteurs qui ont marqué l’année. Pour l’industrie chimique, pharmaceutique et des sciences de la vie, cela signifie: elle agit toujours depuis une position de force, mais la concurrence internationale se fait nettement plus vive.
L’assemblée annuelle de scienceindustries a illustré cette réalité: les rapports de force évoluent plus rapidement que beaucoup ne l’avaient anticipé. Le Global Industry Competitiveness Index (GICI) 2025, présenté lors de cet événement, en est un signal clair: la Suisse recule et doit, pour la première fois depuis le lancement du GICI, partager la troisième place avec un autre pays.
Une place économique face à des vents contraires
La Suisse reste indéniablement un site attractif pour l’économie et la recherche. Dans le même temps, la pression augmente. Les grands blocs économiques investissent dans leur souveraineté technologique, réorganisent leurs chaînes d’approvisionnement et utilisent des instruments de politique industrielle pour soutenir des secteurs stratégiques. La Suisse se trouve au cœur de cette transformation, sans vouloir elle-même recourir à une intervention étatique.
C’est précisément là que la clarté est nécessaire: scienceindustries s’oppose à une politique industrielle dirigiste. Le modèle suisse est libéral, ouvert et fondé sur l’innovation. L’objectif n’est pas de piloter, mais de permettre: créer de bonnes conditions-cadres plutôt que diriger, garantir la stabilité plutôt que s’engager dans une course aux subventions, favoriser la concurrence plutôt que l’isolement.
Dans le contexte géopolitique actuel, un élément est devenu particulièrement évident: les relations avec l’UE ne constituent pas simplement un dossier de politique extérieure, mais un véritable facteur de compétitivité. Un oui aux Accords bilatéraux III représente donc un investissement dans l’accès aux marchés, la recherche et la prévisibilité.
Ce que 2025 nous a appris
Les grands dossiers de l’année – politique douanière et libre-échange, sécurité d’approvisionnement, politique climatique et énergétique, ainsi que le débat sur les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) – ont montré que la politique de compétitivité doit aujourd’hui être pensée beaucoup plus largement qu’autrefois. Il ne s’agit plus seulement de fiscalité ou d’infrastructures, mais de résilience, de rapidité, de connexions internationales et de la capacité à réagir vite aux évolutions.
Les six piliers pour l’avenir
Pour transformer cette situation complexe en stratégie, une structure claire s’impose. Les six piliers de l’agenda de compétitivité de scienceindustries montrent les priorités:
- Accès aux marchés
Sans marchés ouverts, la Suisse perd en impact. La voie bilatérale demeure l’élément central pour garantir stabilité et égalité de traitement. - Recherche et innovation
La force d’innovation naît de la rapidité. Il faut des procédures plus agiles, une protection de la propriété intellectuelle solide et une réglementation fondée sur la science, qui ne limite pas trop tôt les technologies. - Environnement économique
Une réglementation prévisible, la sécurité juridique et une application pragmatique des normes fiscales internationales sont essentielles pour des investissements durables. - Talents
La concurrence pour les compétences détermine la capacité d’innovation. La Suisse doit rester attractive pour les jeunes, les chercheurs et les spécialistes internationaux. - Infrastructures
Approvisionnement énergétique, logistique et systèmes numériques sont des facteurs fondamentaux. Sans structures modernes pour les données de santé ou des prix de l’énergie fiables, une place de pointe perd en dynamisme. - Allégement réglementaire
La complexité coûte du temps, de l’argent et de l’innovation. L’année 2025 a montré qu’une réduction systématique des réglementations inutiles est urgente.
Conclusion: 2026 sera une année de décisions
2025 n’a pas été une année de crise, mais une année d’orientation. 2026 sera celle des choix décisifs. Il ne s’agit pas pour la Suisse de copier des modèles étrangers, mais de renforcer le sien: marchés ouverts, relations fiables avec l’UE, bonnes conditions-cadres et volonté de réduire la complexité inutile.
Pour conserver une position de tête, il faut agir.