Les énergies vertes en perte de vitesse

Salima Barragan

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Jan Amrit Poser de J. Safran Sarasin explique comment le coronavirus sape les investissements.

Diminution du trafic aérien, ralentissement économique : les retombées du Covid-19 réduisent la demande en énergie fossile. En mars, l'Agence international de l’énergie a revu ses prévisions de demande mondiale pour 2020 à 99,9 millions de barils par jour, soit une baisse journalière d'environ 90'000 barils par rapport à l’année précédente. Ce qui devrait être un bonne nouvelle pour la réduction de l’empreinte du carbone de la planète désavantage la transition énergétique, déjà mise à mal par la guerre du pétrole qui a envoyé l’or noir à vingt-cinq dollars le baril. Explications avec le Docteur Jan Amrit Poser, stratégiste en chef et responsable du développement durable chez J. Safra Sarasin.

Les perspectives du marché de l’énergie dépendront de la rapidité
et l’efficacité des mesures des gouvernements pour contenir la pandémie.

La crise du Covid-19 touche un large éventail du marché de l'énergie comme le charbon, le gaz mais aussi les énergies renouvelables. La demande chinoise en énergie a baissé de 20% au premier trimestre par rapport à 2019. «Des baisses similaires sont attendues en Europe et aux Etats-Unis mais il faudra attendre la publication des chiffres en mai pour en connaître l’ampleur exacte», explique Jan Amrit Poser. A cause du ralentissement inédit du transport aérien, le pétrole est le plus touché. «La méfiance envers les vols persistera après le confinement et les compagnies aériennes réouvriront progressivement leurs lignes», estime Jan Amrit Poser.

La guerre du pétrole entre l’OPEP et la Russie a envoyé le prix de l’or noir à 20 dollars le baril, un niveau qui devrait perdurer à cause de la faiblesse de la demande. «Les prix du pétrole prendront du temps à se rétablir à cause des stocks qui s’accumulent dans des pétroliers», poursuit-il. Vis-à-vis du pétrole bradé, les énergies propres sont moins compétitives.

Comme corollaire, le cours du pétrole influence les prix des énergies vertes qui évoluent dans le même sens. «Lorsque le pétrole devient meilleur marché, la demande en énergie renouvelable baisse. Puis les producteurs doivent en conséquence baisser leurs prix», explique Jan Amrit Poser. Un véritable cercle vicieux pour les dépenses d’investissement dans les énergies renouvelables.

Cependant, les perspectives à moyen terme du marché de l’énergie dépendront également de la rapidité et l’efficacité des mesures des gouvernements à contenir la pandémie. Enfin, selon le spécialiste du développement durable, «sur le plus long terme, les grandes tendances structurelles comme la transition énergétique perdureront».

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