Intensification des risques géopolitiques et autres inquiétudes

James Mazeau, UBS Global Wealth Management

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Il y a dix jours, les actions mondiales ont progressé, malgré l’intensification des risques géopolitiques après l’intervention américaine au Venezuela et les manifestations en Iran.

© Keystone

 

Les investisseurs attendent également une décision de la Cour suprême des Etats-Unis sur la légalité des droits de douane imposés par l’administration Trump au titre de déclarations d’urgence nationale.

Les marchés resteront-ils sereins face aux risques liés au Venezuela?

La décision des Etats-Unis de renverser le président vénézuélien a soulevé des questions sur la possibilité d’autres interventions extérieures à l’avenir, que ce soit en Colombie, à Cuba, en Iran ou au Groenland. Néanmoins, malgré le caractère historique de cette intervention du point de vue géopolitique, les investisseurs en ont jusqu’à présent fait peu de cas. La montée des incertitudes n’a même pas entraîné le bref accès de volatilité des actions que l’on observe habituellement lors d’une crise géopolitique.

A présent, on peut se poser la question sur la possibilité que les dernières évolutions viennent fragiliser cette réaction initialement calme. Une vague d’autres incertitudes politiques se profile également, notamment la possibilité d’une décision de la Cour suprême des Etats-Unis sur l’autorité de l’administration Trump à imposer des droits de douane. Les relations entre la Fed et l’administration sont également revenues au centre de l’attention après que la banque centrale a reçu des citations à comparaître devant un grand jury, émises par le ministère de la Justice, avec la menace de poursuites pénales.

Des décennies de sous-investissement

En ce qui concerne l’intervention géopolitique au Venezuela, on estime peu probable qu’un impact différé significatif se manifeste sur les marchés, que ce soit au niveau des prix de l’énergie, des actifs des marchés émergents ou plus généralement de la confiance des investisseurs. Sur l’énergie, même si la levée éventuelle de l’embargo américain sur le pétrole vénézuélien et de nouveaux investissements pourraient, à terme, relancer la production, ce processus sera complexe et de longue haleine.

L’infrastructure énergétique du Venezuela a souffert de plusieurs décennies de sous-investissement après la nationalisation de l’industrie en 2000, qui comprenait la prise de contrôle d’actifs de sociétés américaines telles qu’ExxonMobil et ConocoPhillips. En outre, les actifs vénézuéliens constituent une part négligeable des indices obligataires ou boursiers des marchés émergents. Historiquement, les investisseurs mondiaux ont une vision plutôt pessimiste sur les perspectives du Venezuela. Sa dette souveraine, en défaut depuis plus de huit ans, se négocie selon des modalités particulières, sans grande corrélation avec les autres dettes souveraines des marchés émergents.

Enfin, on observe depuis longtemps que les crises géopolitiques n’ont généralement qu’un effet passager sur les marchés. Lors des onze grands événements géopolitiques récents, le S&P 500 affichait en moyenne une baisse de seulement 0,3% une semaine après l’événement et une hausse de 7,7% douze mois plus tard. A l’exception des inquiétudes liées aux droits de douane, les marchés ont à peine réagi même à des événements géopolitiques relativement majeurs.

Se concentrer sur les fondamentaux du marché

Ainsi, on pense que les investisseurs se concentreront principalement sur les fondamentaux des marchés des actions, lesquels sont positifs. Toutefois, un risque politique accru pourrait améliorer encore les perspectives pour l’or, incitant davantage de banques centrales à diversifier leurs réserves en devises aux dépens du dollar américain. La Recherche d’UBS a récemment relevé son objectif pour l’or à 5000 dollars l’once d’ici le milieu de l’année.

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