Gonet: l'actualité des marchés au 26 septembre

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow -0,38%, S&P 500 -0,50%, Nasdaq -0,50%, Russell -0,98%, SOX -0,20%, Eurostoxx -0,36%, SMI -0,86%.


Les indicateurs macro-économiques publiés hier décrivent une économie américaine robuste: les commandes de biens durables et de base progressent nettement au-delà des attentes, le PIB du deuxième trimestre est révisé à la hausse grâce à une consommation solide et à un déficit commercial réduit, le marché de l’emploi reste tendu avec des inscriptions au chômage en baisse, et le secteur immobilier surprend par sa vigueur. Ces données, renforcées par des stocks de gros en repli qui traduisent une demande soutenue, dessinent le portrait d’une conjoncture dynamique. Dans ce contexte, la Fed devrait rester prudente: même si certains responsables estiment que la politique monétaire est plus restrictive qu’il n’y paraît et évoquent des baisses de taux possibles, le ton général plaide pour un assouplissement graduel et mesuré, afin d’éviter le risque d’un relâchement trop rapide face à une économie qui continue de tourner à plein régime.

Ne sont-ce pas là de bonnes nouvelles? Oui mais non en fait. Cette salve de données fait deux malheureux hier, tout d’abord le grand blond aux idées noires qui voit ses espoirs de baisses de taux agressives par l’infâme Jerome Powell s’évaporer quelque peu, mais aussi le marché des actions qui voit la même chose et s’est bien reposé sur cette idée depuis de nombreux mois pour repousser ses limites haussières sans vergogne. Alors certes, l’IA y est aussi pour quelque chose mais la Fed et sa politique monétaire restent le seul et unique phare du marché des equities.

Les nouvelles de ce jeudi forcent les Fed Funds à revoir leur copie, ce matin ils prédisent 88% de probabilités d’une coupe de 25 points de base par la Réserve Fédérale le 29 octobre, puis 69% d’une rebelote lors du FOMC du 10 décembre. Nous y voici donc, le marché ne croit plus trop aux 0.5% de réduction du loyer de l’argent pronostiqué par la Fed lors de sa réunion de la semaine passée, l’essence du moteur de la hausse pourrait donc venir à manquer, c’est cela qui explique le (léger) repli des principaux indices de Wall Street depuis trois séances. L’humeur maussade des intervenants est probablement aussi due à la saison, sans blague regardez par la fenêtre, ce joyeux combo de pluie et de feuilles mortes est propice au spleen et surtout on se demande sur les parquets de trading que faire alors que les indices évoluent tout près de leur plus hauts de tous les temps, à des niveaux de valorisation élevés, mais aussi avec des promesses de croissance comme jamais grâce à l’IA. Ajoutez à cela le contexte géopolitique nauséabond, notamment en Europe où l’on ne peut s’empêcher de penser que Vladimir Poutine teste l’Otan, hier c’est au Danemark que des drones inconnus sont repérés.

Résumons: l’économie américaine semble péter la forme, la Fed pourrait du coup faire un pas en arrière, qui vous savez remet le couvert et s’attaque frontalement à l’industrie pharmaceutique tandis que le maître du Kremlin semble bien s’amuser à faire peur au plus grand nombre. Dans ce contexte de joie et de bonne humeur, aujourd’hui nous suivrons de près l’indice PCE, l’outil favori de la Fed pour mesurer l’inflation.

Troisième repli consécutif à Wall Street hier, dans le calme et des volumes de trading plutôt faibles. L’indice S&P500 (SPX) était suracheté, ce n’est plus le cas aujourd’hui, son alter ego équipondéré le SPW recule de 0,86% soit plus que le SPX, le breadth est clairement négatif, on vend plus ou moins tout hier dans les salles de marchés, les deux seuls secteurs du SPX qui parviennent à rester dans le vert à la cloche sont l’énergie et la tech. La volatilité remonte un chouia, le VIX clôture à 16,74, un niveau encore bas. Côté marché obligataire les investisseurs donnent un peu de dette américaine après la publication macro, le rendement du 10 ans US remonte à 4,19%, il se trouve pile au milieu de sa zone de résistance de 4,18% - 4,20%. Le 30 ans grimpe à 4,77%, sa moyenne mobile à 200 jours évolue à 4,79%. Le dollar profite des nouvelles du jour, le Dollar Index (DXY) remonte à 98,40, sa moyenne mobile à 100 jours évolue actuellement à 98,38. La paire EUR/USD cote 1,1678, sa 50 jours se situe à 1,1679, si elle est cassée ensuite on regardera la 100 jours à 1,1589.

Ce matin tout semble plutôt calme, votre serviteur, absolument pas superstitieux, constate que le future SPX traite à 6666 points, tout va bien…

Allez on s’y colle, plongeon en détails dans la macro de ce jeudi: les commandes de biens durables d’août progressent de 2,9% sur un mois, bien au-dessus des attentes (+0,5%). Les commandes de base montent de 0,6% contre 0,3% attendu. Les inscriptions hebdomadaires au chômage reculent à 218'000, mieux que prévu et en baisse par rapport aux 232'000 précédentes, tandis que les demandes continues diminuent aussi. Le PIB du deuxième trimestre est révisé à la hausse, à +3,8% en rythme annualisé, contre 3,3% attendu, grâce à moins d’importations et à une consommation plus forte. Les ventes de logements existants en août dépassent les prévisions, après déjà de très bons chiffres pour les logements neufs la veille. Les stocks de gros reculent de 0,2% alors qu’une hausse de 0,1% était attendue. Le déficit commercial se réduit plus qu’anticipé, principalement en raison d’importations plus faibles. Côté Fed, plusieurs responsables s’expriment: Miran envisage des baisses de taux d’un demi-point et estime la politique monétaire plus restrictive qu’on ne le pense. Goolsbee met en garde contre le risque de réduire trop vite les taux. Schmid reconnaît des risques croissants pour l’emploi mais juge la politique légèrement restrictive appropriée. Daly considère aussi les taux comme modestement restrictifs, avec une possibilité d’assouplissement, mais progressivement.

Le président américain annonce l’instauration, dès le 1er octobre, de droits de douane de 100% sur les médicaments de marque ou brevetés importés aux États-Unis, sauf si les entreprises disposent d’usines sur le sol américain. La pharma suisse, jusque-là épargnée par une taxe de 39%, est directement visée, bien que des géants comme Novartis et Roche prévoient déjà d’importants investissements aux États-Unis pour limiter l’impact. Novartis est en discussions avec Washington pour tenter de réduire les prix, tandis que Berne échange avec l’industrie mais sans mesures concrètes. Parallèlement, Trump impose aussi 25% de droits de douane sur les poids lourds étrangers et jusqu’à 50% sur certains meubles importés, au nom du soutien à l’industrie américaine et de la sécurité nationale. Novartis et Roche sont en légère hausse ce matin.

Selon l’agence Bloomberg, des diplomates européens ont averti Moscou en privé que l'OTAN est prête à abattre les avions violant son espace aérien.

James Comey, ancien directeur du FBI, est inculpé en Virginie pour fausses déclarations et obstruction à la justice, après que le président des Etats-Unis a poussé à sa poursuite et limogé le procureur jugeant les preuves insuffisantes. Comey clame son innocence et se dit confiant dans la justice. Les démocrates dénoncent un abus de pouvoir, Trump cherchant à se venger de ses ennemis politiques, ce qui provoque des remous et des démissions au sein du bureau du procureur.

Au menu macro-économique de ce vendredi, aux Etats-Unis les revenus et dépenses des ménages, l’indice PCE (Personal Consumption Expenditure, l’outil favori de la Fed pour mesurer l’inflation) et l’indice de confiance de l'Université du Michigan.

EssilorLuxottica annonce que la FDA a accordé l'autorisation de mise sur le marché du verre Essilor Stellest. Intel aurait approché TSMC pour un investissement ou un partenariat, selon le Wall Street Journal. Amazon va payer 2,5 milliards de dollars pour régler l'affaire Prime avec la FTC, selon Bloomberg. Meta est en pourparlers avec Google pour utiliser Gemini afin d'améliorer le ciblage des publicités, selon The Information. Palo Alto Networks obtient la résiliation anticipée de la période d'attente légale pour la fusion avec CyberArk. Turkish Airlines va commander 75 B787 à Boeing. La Commission européenne autorise la mise sur le marché du Kisunla d'Eli Lilly. Le président des Etats-Unis signe un décret déclarant la vente de TikTok prête et l'évalue à 14 milliards de dollars. Oracle est au capital.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en baisse. Tokyo perd 0,87% à la cloche, Hong Kong recule de 1,44%, Shanghai abandonne 0,65%, Séoul rend 2,45% et le Nifty50 égare 0,45%. Le future SPX traite en très légère hausse, l’Europe ouvre en progression de 0,7%. L’or est stable à 3748 dollars l’once, le pétrole monte à 65,20 dollars le baril de WTI Light Crude.

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