Gonet: l'actualité des marchés au 19 septembre

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow +0,27%, S&P 500 +0,48%, Nasdaq +0,94%, Russell +2,51%, SOX +3,6%, Eurostoxx +1,62%, SMI +0,42%.


967 jours de trading…

Il aura fallu 967 séances de bourses aux petites capitalisations américaines pour parvenir à enfin réaliser un nouveau record historique en clôture. L’indice Russell2000 (RTY) accélère la cadence acheteuse hier, il s’envole et s’approche lentement mais surement des 2500 points. La baisse de taux de la Fed de mercredi, accompagnée par des perspectives de trois coupes supplémentaires, a probablement incité le plus grand nombre à revenir dans ce segment du marché, les esprits taquins ajouteront qu’une Réserve Fédérale éventuellement moins indépendante d’ici le mois de mai 2026 impliquerait encore plus de réductions du loyer de l’argent au pays du grand blond aux idées noires, mais je m’égare peut-être.

Le reste de la cote se porte à merveille, nouveaux records historiques en fin de séance pour le S&P500 (SPX) et le Nasdaq100 (NDX), les investisseurs sont encore et toujours «alléchés par les dépenses colossales engagées pour transformer le monde en gigantesque data center» comme l’écrit joliment et fort justement l’excellent Anthony Bondain. Petit intermède «fright night»: le SPX atteint 6656 points en séance hier, soit 10 points en-dessous du nombre fatidique, les jeunes depuis plus longtemps que d’autres comme votre serviteur se souviennent parfaitement du bas en séance du 6 mars 2009, on pansait nos plaies depuis le mois d’octobre, les parquets de trading ressemblaient à Mordor, la lumière au bout du tunnel avait été éteinte faute de budget et ce 6 mars 2009 le SPX atteint un bas en séance à 666 points. L’humour étant encore gratuit à cette époque, nous nous étions alors mis à plaisanter à l’idée que la Bête, le diable, ou quelque autre être démoniaque avait acheté le marché. Le SPX n’a plus regardé en arrière depuis lors et nous voici aujourd’hui quasiment 6000 points plus haut.

De retour sur terre, plus précisément Downtown Manhattan avec le podium du jour du SPX qui se compose de la tech, des industrielles et des services de communication. Les volumes d’échanges repartent à la hausse, un signe intéressant et à suivre, le SPX n’est même pas suracheté, son compère NDX entre en territoire de surchauffe hier, rien d’étonnant à cela. Le breadth est positif dans un ratio de 3 contre 2 sur les deux principaux indices, l’indice S&P500 équipondéré (SPW) gagne 0,67%, il fait mieux que le SPX, cela nous indique que le plus grand nombre suit le mouvement, toute cette joyeuse bande monte sur la colline comme un seul homme, on laisse juste le VIX en plaine, le pauvre semble entré en catatonie, il stagne à un niveau affligeant de 15,70, son compère obligataire le MOVE recule même un peu plus hier, de 5% à 71,91, Wall Street semble se transformer doucement en château de la belle au bois dormant, c’est tout de même très calme.

Big up au secteur des semi-conducteurs, qui sabre le champagne après l’annonce que Nvidia a «accepté» d’investir 5 milliards de dollars dans Intel (INTC +22,7%). Cela faisait quatre décennies que le titre n’avait autant bondi. Cette annonce est intéressante à double titre, elle questionne dans un premier temps, Nvidia investit dans une firme en difficultés, notamment dans son activité de fabrication de puces, d’ailleurs après la hausse de ce jeudi, l’action Intel évolue désormais à un multiple de 57 fois ses bénéfices estimés sur 12 mois, son plus haut niveau de valorisation depuis 2001, soit depuis la fin de la bulle dot.com. Et puis on ne peut s’empêcher de penser que le timing de l’annonce de Nvidia est vraiment très heureux pour quelqu’un plutôt grand, blond et au verbe rarement délicat. L’administration américaine n’a-t-elle pas annoncé prendre une participation dans Intel il y a moins d’un mois? C’est fou comme le hasard fait bien les choses et la participation du gouvernement de valoir désormais 13 milliards de dollars.

Allez j’enlève ma cape «mauvaise langue» pour aborder le marché obligataire, qui semble tout de même plus prudent que son petit frère des actions. On observe des désengagements des obligations d’Etat américaines hier, peut-être pour financer les achats d’actions, peut-être par méfiance quant à l’indépendance future de la Fed, quoi qu’il en soit le rendement du 10 ans US remonte à 4,13%, le support de 4,00% a parfaitement fonctionné, le 10 ans regarde désormais sa zone de résistance à 4,18% - 4,20%. Le 30 ans remonte pour sa part à 4,75%, sa 200 jours évolue actuellement à 4,78%.

Côté monnaies, le dollar fait montre d’un peu de résistance, la paire EUR/USD traite ce matin à 1,1776, elle voit son prochain support à 1,1668 (50 dma) et sa résistance à 1,1919 (top récent).

La semaine s’achève encore une fois sous l’influence des banques centrales. Après les annonces de la Réserve fédérale américaine, ainsi que celles des autorités monétaires britannique, ce matin c’est au tour de la Banque du Japon de rendre son verdict cette nuit concernant ses taux directeurs. Sans surprise, elle choisit de les maintenir inchangés à 0,5%. Par ailleurs, la BoJ indique qu’elle va entamer la réduction progressive de son gigantesque portefeuille d’ETF, constitué au fil des années pour soutenir les marchés. Le processus devrait s’étaler sur plusieurs années, avec une moyenne de cessions équivalant à 4,2 milliards de dollars par an en valeur de marché, un montant qui représente presque le double de leur valeur comptable.

Au registre de la macro hier, on observe une forte hausse de l’indice manufacturier de la Fed de Philadelphie pour septembre, ressorti à 23,2 contre un consensus à 3,0 et 0,3 en août. Les nouvelles commandes et les expéditions s’améliorent, tandis que les prix payés et reçus chutent nettement. Les indicateurs avancés ajoutés montrent des attentes largement partagées de croissance au cours des six prochains mois. Les nouvelles demandes d’allocations chômage reculent à 231’000, contre 263’000 la semaine précédente, un chiffre inférieur au consensus de 241’000 (à rappeler: les données de la semaine passée avaient été perturbées par des fraudes au Texas). 

Le président des Etats-Unis son homologue chinois s'exprimeront à 9 heures, heure de Washington, lors de leur première rencontre directe depuis juin. Cette réunion devrait déterminer le sort de TikTok et potentiellement apaiser les tensions commerciales entre les deux nations. Dans un brusque et surprenant élan démocrate, qui vous savez déclare que les chaînes de télévision américaines devraient faire l'objet d'un examen minutieux de leur licence si elles se montraient trop critiques à son égard. Les dirigeants de Disney rencontreront Jimmy Kimmel pour discuter de l'avenir de son émission, selon l’agence Bloomberg.

Au menu macro-économique de ce vendredi, les prix à la production allemands (sortis nettement en-dessous des attentes) et les ventes de détail britanniques (meilleures que prévu) et ce sera tout pour une fois.

Kering: Citi maintient sa recommandation neutre et relève l'objectif de cours de 220 à 263 EUR. Novo Nordisk licencie une équipe américaine chargée de l'éducation sur  Fedex gagne 5,5% hors séance après ses résultats trimestriels.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices reculent. Tokyo abandonne 0,57% à la cloche, Hong Kong égare 0,14%, Shanghai perd 0,3%, Séoul rend 0,46% et le Nifty50 baisse de 0,42%. Le future SPX traite en très légère baisse, l’Europe ouvre en progression de 0,2%, l’or est stable à 3653 dollars l’once et le pétrole recule à 63,39 dollars le baril de WTI Light Crude.

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