Gonet: l'actualité des marchés au 23 septembre

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

3 minutes de lecture

Dow +0,14%, S&P 500 +0,44%, Nasdaq +0,70%, Russell +0,59%, SOX +1,57%, Eurostoxx -0,30%, SMI +0,14%.


La ruée vers l’IA se poursuit à Wall Street. Les acheteurs ne marquent pas de pause, le cocktail de ce lundi se compose d’Apple, Oracle, Nvidia et de FOMO (Fear Of Missing Out).

On commence avec Oracle (ORCL +6,29%), la firme supervisera l'algorithme et la sécurité des opérations de TikTok aux États-Unis dans le cadre d'un accord négocié par l'administration du président américain, rapporte l'Associated Press. Du côté d’Apple (AAPL +4,31%), le titre est de retour en territoire positif cette année, sa récente vigueur est survenue dans un contexte de diminution des craintes liées aux tarifs douaniers et d’un optimisme croissant que la demande pour ses derniers iPhones est plus forte que prévu, en particulier pour les modèles les plus chers. Quant à Nvidia (NVDA +3,93%), le titre clôture à un plus haut historique à la cloche après l’annonce que la firme de Santa Clara va investir 100 milliards de dollars dans OpenAI. Arrêt sur image sur une annonce tout sauf anecdotique…

…Nvidia s’engage à investir 100 milliards de dollars dans OpenAI afin de financer la construction massive de centres de données. Cela permet dans un premier temps de rassurer le marché sur les finances fragiles de la start-up. Nvidia n’en est pas à son coup d’essai, cette stratégie s’inscrit dans une pratique récurrente de son CEO Jensen Huang consistant à utiliser la solidité financière et la confiance des investisseurs pour soutenir ses partenaires de la chaîne d’approvisionnement et stimuler ainsi la demande pour ses propres puces. En effet, selon NewStreet Research, pour chaque 10 milliards investis, OpenAI dépensera 35 milliards en puces Nvidia, un schéma qui réduit les marges mais garantit des débouchés tout en offrant un soutien vital à des entreprises d’IA en manque de liquidités. Au passage l’annonce ajoute près de 160 milliards de dollars à la capitalisation de Nvidia (désormais à 4461 milliards), renforçant son rôle central dans l’écosystème de l’IA et donnant à OpenAI accès à des financements à moindre coût. Cette opération intervient alors qu’OpenAI, malgré une croissance fulgurante de ses utilisateurs (700 millions chaque mois), prévoit encore des pertes massives jusqu’en 2029. L’appui de Nvidia devrait réduire le risque de crédit lié aux projets de data centers d’OpenAI et améliorer ses conditions de financement. Parallèlement, Nvidia multiplie les investissements stratégiques: participation dans CoreWeave (cloud), accord de 6,3 milliards pour racheter ses capacités inutilisées, investissement de 5 milliards dans Intel pour rapprocher GPU et processeurs, ainsi qu’un rôle d’investisseur stratégique dans xAI. Ces initiatives visent toutes à consolider son leadership dans l’IA et à sécuriser la demande future pour ses produits. 

Après Oracle il y a quelques temps, hier c’est donc Nvidia qui remet une pièce dans la machine IA. Un peu comme dans un juke-box, la musique continue tant que quelqu’un y remet une pièce.

Wall Street salue l’annonce par de nouveaux records historiques sur le Dow Jones, le S&P500 (SPX) et le Nasdaq100 (NDX). Les volumes d’échanges sont soutenus, les petites capitalisations se joignent à la fête, le Russell2000 (RTY) termine sa journée juste en-dessous de son plus haut de tous les temps. Clôture près du top de la journée, breadth nettement positif, la pression acheteuse est forte hier, surtout sur le secteur de la tech, suivi par les utilities et les industrielles. Le S&P500 équipondéré (SPW) ne suit pas le rythme du SPX, un signe qu’hier c’est une fois encore  la tech et ses géants qui montrent la direction à tout un chacun. Notons que la volatilité rebondit de 4%, le VIX revient à 16,10, pendant que le dollar ne fait pas le malin, la paire EUR/USD traite à 1,1791. Les rendements obligataires sont plutôt stables, le 10 ans US évolue à 4,14%, le 30 ans à 4,76%, on est plus prudents sur ce segment-ci que sur les actions, rien de nouveau ici.

Et pendant ce temps-là l’or est encore un peu plus près des étoiles, l’once atteint 3755 dollars.

Tout autre scénario pour l’or noir, qui fuit à 62,02 dollars le baril de WTI Light Crude, tenaillé entre les craintes d’une offre de l’OPEP+ trop importante et les tensions géopolitiques actuelles.

L’ambiance à la Fed doit être plutôt exotique. Depuis mercredi passé il semble que tout le monde fasse corps derrière le patron Jerome Powell, le loup est dans la bergerie, il s’agit ici de contrer la volonté de l’homme du président de couper les taux maintenant et tout de suite, en tranchant dans le lard comme jamais un banquier central qui se respecte ne le ferait. Hier ce sont Alberto Musalem (Saint-Louis) et Beth Hammack (Cleveland) qui tous deux indiquent que la Fed devrait être prudente avec les baisses de taux, propos corroborés par Raphaël Bostic (Atlanta) qui pense carrément qu’aucune coupe supplémentaire n’est nécessaire en 2025. Tout cela a pour but de contrer les demandes du nouveau gouverneur ad interim Stephen Miran, homme de main de qui vous savez, qui voudrait que les taux soient 2% plus bas «as we speak». On va continuer de suivre ce combat rhétorique, plusieurs membres de la Réserve Fédérale doivent donner des discours aujourd’hui, dont le premier d’entre eux. Ce matin les Fed Funds prédisent 90% de probabilités d’une baisse de 25 points de base lors de la réunion du 29 octobre, puis 82% d’une rebelote le 10 décembre.

Au menu macro-économique du jour, la version flash des indicateurs PMI manufacturiers et des services des grandes économies sera publiée tout au long de la journée, avec en touche finale la version USA à 15h45. Il y aura plusieurs discours de banquiers centraux américains à partir de 14h30.

L'Oréal ne s'intéresserait qu'à l’activité beauté de Giorgio Armani dans le cadre d’une éventuelle prise de participation, tout en restant fidèle à sa stratégie centrée sur les cosmétiques, selon Bloomberg. Stellantis met six usines européennes au chômage technique. Orsted a obtenu une injonction préliminaire pour reprendre les travaux du projet éolien Revolution Wind au large de Rhode Island, aux Etats-Unis, bloqués par l'administration américaine. Fitch relève la notation crédit de Generali à «AA-». Pfizer a confirmé l'acquisition de Metsera pour un montant pouvant atteindre 7,3 milliards de dollars. Google lutte en justice contre le démantèlement de son empire publicitaire. Oracle nomme un duo de CEOs pour succéder à Safra Catz. Meta présente Dating Assistant et Meet Cute, deux nouvelles fonctionnalités de rencontres sur Facebook.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en ordre dispersé. Tokyo est fermée, Hong Kong recule de 0,85%, Shanghai égare 0,18%, Séoul progresse de 0,51% et le Nifty50 est inchangé. Le future SPX traite à l’équilibre et l’Europe ouvre en hausse de 0,2%.

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