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C’est jour de relâche pour les taureaux hier, qui observent une pause bien méritée pendant que le discours le plus surréaliste de l’histoire est donné à la tribune de l’ONU. Le marché semble s’en soucier comme de sa dernière chemise et écoute «Paroles, paroles» de Gianni Ferrio. Hasard du calendrier, Jerome Powell aussi est de sortie hier, le patron de la Fed explique une énième fois que les prochaines décisions de la Réserve Fédérale seront difficiles à prendre, les baisses de taux augmentant le risque d’inflation alors que ne rien faire risquerait de dégrader l’emploi, Jay Powell ajoute «qu’il n’y a pas de trajectoire de politique monétaire sans risque». Les traders attentifs auront remarqué la petite phrase ajoutée par le premier banquier du monde, dans laquelle il indique que «les cours des actions sont assez élevés», tout en soulignant que «ce n’est pas une période de risques élevés pour la stabilité financière». Hommage à Alan Greenspan et son «exubérance irrationnelle»? Le patron de la Fed tente probablement plutôt d’empêcher le plus grand nombre de devenir trop complaisant.
Quoi qu’il en soit, l’accélération de la baisse des indices américains d’actions hier coïncide avec son discours, on observe des prises de profits dans les géants de la tech, dans des volumes d’échanges plutôt limités. Le breadth est légèrement positif sur le SPX, négatif sur le NDX, l’indice S&P500 équipondéré (SPW) surperforme nettement le SPX, c’est clairement la tech et ses géants qui sont délaissés hier, pas de quoi fouetter un trader, les prises de profits font partie de la vie boursière. La volatilité n’évolue guère, Amazon (AMZN -3,04%) et Nvidia (NVDA -2,82%) mènent la meute des perdants du jour, le dollar ne bouge pas, la paire EUR/USD traite ce matin à 1,1785, les rendements obligataires eux aussi sont stables, le 10 ans US évolue à 4,10%, pendant que le pétrole remonte à 63,51 dollars par baril de WTI Light Crude, encouragé par les propos de qui vous savez, l’or recule très légèrement à 3773 dollars l’once.
On prend du recul pour observer ce marché et l’on constate que pour l’instant les vents favorables l’emportent largement sur les risques. Les risques principaux sont connus, les actions pourraient être fragilisées si la thématique de l’IA s’essoufflait, si la guerre commerciale s’intensifiait, ou si la Fed redevenait plus stricte en cas de reprise économique ou de hausse de l’inflation. Comme le résume un stratège de JP Morgan: pour l’instant, seule une catastrophe imprévisible, comme «un astéroïde frappant la Terre», semble capable de stopper cet élan. Ça semble exagéré mais force est d’avouer que le FOMO (Fear Of Missing Out) et le BTFD (je ne traduis pas pour les âmes sensibles) sont de retour Downtown Manhattan depuis quelques temps déjà. Dans un tel contexte, Jerome Powell a probablement raison de tenter de freiner les ardeurs des taureaux, même si le phénomène de la croissance de l’IA semble puissant.
Après la clôture du NYSE Micron Tech annonce de bons résultats et des perspectives encourageantes, l’action progresse légèrement dans les échanges après-bourse et remet une piécette dans la machine de l’IA, ce matin une grosse pièce est ajoutée au joyeux juke-box, par Alibaba qui décolle de 9% à Hong Kong après que son CEO a annoncé vouloir investir plus de 53 milliards de dollars dans l’IA sur trois ans.
Bloomberg Intelligence est de l’avis que les obligations européennes et le pétrole devraient s'échanger à la hausse après le changement de discours du président Donald Trump sur le conflit en Ukraine, il affirme croire que l'Ukraine, avec le soutien de l'Union européenne, est en mesure de potentiellement récupérer tout le territoire conquis par la Russie depuis son invasion de 2022. Selon BI, cela pourrait être interprété comme un signal indiquant que les États-Unis ne sont pas sur le point d'abandonner l'OTAN, ce qui allégerait la pression en faveur d'augmentations rapides des dépenses de défense européennes. Même si une certaine action de la part de Trump peut être nécessaire pour que la réaction éventuelle du marché soit durable, ses commentaires pourraient réduire une partie de la prime à terme budgétaire intégrée à la dette publique européenne/britannique, car ils suggèrent que les dépenses de défense de la région n'auront peut-être pas besoin d'être aussi élevées que certains l'attendent. Le pétrole devrait également être affecté, compte tenu de la pression potentielle en faveur de nouvelles restrictions sur les expéditions russes. Bloomberg Intelligence conclut que l’on pourrait avancer que les augmentations de production de l'OPEP+ jusqu'à la fin de l'année prochaine ont pris en compte la situation russe.
Au menu macro-économique de ce mercredi, l'indice Ifo allemand de confiance des affaires (10h00), puis aux Etats-Unis, les chiffres de l'immobilier neuf et les stocks pétroliers.
Eli Lilly prévoit de construire une nouvelle usine pour fabriquer des ingrédients pharmaceutiques actifs au Texas, en investissant 6,5 milliards de dollars. Meta lance la traduction en temps réel sur WhatsApp. Walt Disney augmentera le prix des abonnements Disney Plus à partir du 21 octobre, selon The Verge. OpenAI et Oracle annoncent l'extension de leur centre de données au Texas. Alibaba poursuit son ascension à Hong Kong, après des annonces du CEO en faveur de l'investissement dans l'IA.
Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en ordre dispersé. Tokyo progresse de 0,3% à la cloche, Hong Kong gagne 1,51%, Shanghai avance de 0,85%. Séoul recule de 0,4% et le Nifty50 perd 0,3%. Le future SPX traite en très légère hausse et l’Europe ouvre en repli de 0,2%.