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Convenons-en, depuis quelques temps Wall Street se prend pour une Formule 1. Il est donc normal qu’elle effectue un pit stop à un moment donné, qui dure depuis deux séances, mais au regard de l’histoire boursière cela relève de l’anecdote temporelle.
Deuxième journée consécutive de repli pour les principaux indices américains d’actions hier, un véritable bain de sang dans les rêves les plus fous des ours, un timide repli dans la réalité, le S&P500 (SPX) et le Nasdaq100 (NDX) évoluent à environ 1% de leur record historique respectif. Les géants de la tech font pour la plupart l’objet de prises de profits, hormis Tesla (TSLA +3,98%) qui doit probablement fêter l’annonce que BYD a désormais plus de parts de marché qu’elle dans l’Union Européenne. On observe qu’Alibaba (BABA +8,24%) poursuit son violent retour en grâce, que les valeurs de l’énergie mènent l’effort acheteur hier, portées par un baril de WTI Light Crude qui rebondit à 64,74 dollars, on note des volumes de trading en repli, tout comme la volatilité, qui recule malgré la baisse des indices, le sentiment du marché est manifestement serein Downtown Manhattan. Les intervenants sont (un peu) vendeurs en obligations du Trésor américain, le rendement du 10 ans remonte à 4,15%, sa prochaine résistance se situe dans la zone 4,18% - 4,20%. Côté monnaies, le dollar ne rend pas les armes, la paire EUR/USD revient ce matin à 1,1746. Tiens! L’or se replie un chouia, l’once est de retour à 3744 dollars.
Convenons-en, on s’ennuie ferme sur le NYSE hier. Ce n’est guère mieux en Europe où l’ambiance boursière reste morose, presque sans pouls. Les marchés peinent à trouver un second souffle, plombés par les tensions fiscales et politiques françaises, les incertitudes persistantes autour de la guerre en Ukraine et une croissance poussive. Le grand moteur de 2025, les financières (+34% depuis le début de l’année), s’est brutalement enrayé en septembre. À cela s’ajoute le désintérêt durable des investisseurs pour les secteurs défensifs, pourtant nombreux sur le continent. La santé, déjà affaiblie par les menaces de Donald Trump sur le prix des médicaments, perd 2% sur un mois. La consommation de base, en recul de 4%, n’attire plus face aux promesses de l’intelligence artificielle. Quant à l’immobilier coté, il recule aussi de 4%, malgré des taux d’intérêt bas en zone euro. L’ensemble donne un tableau plutôt sombre. Pourtant, le Stoxx Europe 600 (SXXP) s’en sort avec une progression de 12,3% cette année, l’indice évolue dans un fort beau canal haussier, il a certes ralenti sa progression depuis quelques mois mais il tient la corde, le SPX progresse de 12,8% pour sa part.
On se penche sur les statistiques macro-économiques de ce mercredi. Les ventes de logements neufs en août dépassent largement les attentes, atteignant leur rythme le plus rapide depuis janvier 2022. L’adjudication de 70 milliards de dollars de bons du Trésor à 5 ans se déroule avec un léger écart de 0,1 point de base, la demande étrangère restant conforme aux tendances récentes. La communication de la Fed est discrète hier, Austan Goolsbee (Chicago) mettant toutefois en garde contre des baisses de taux trop rapides en raison de pressions inflationnistes.
Le joyeux royaume des actions boude depuis deux jours et les media financiers de se demander si la fin du monde n’est pas en cours, on est à deux doigts de ressortir Nouriel Roubini de sa boîte et d’envoyer tout le monde se réfugier en Valais. Dans ce contexte, Morgan Stanley nous rappelle qu’il y a eu cinq marchés haussiers qui ont duré plus de deux ans au cours des 50 dernières années. La durée moyenne de ces bull markets était de huit ans, alors que nous en sommes à un peu moins de trois ans dans le marché haussier actuel qui a débuté en octobre 2022. C’est le genre d’information que j’adore, elle ne sert à presque rien mais rassure le plus grand nombre, quoique l’histoire a tendance à se répéter, mais je m’égare.
Bank of America y va aussi de son commentaire, en soulignant que les actions américaines paraissent extrêmement chères au regard de l’histoire, mais que ces valorisations élevées seraient justifiées par la nouvelle composition du S&P500: moins d’endettement, une rentabilité plus stable et une meilleure efficacité que par le passé. L’indice se négocie à des niveaux historiquement riches selon 19 des 20 indicateurs suivis par BofA, certains à des records, mais la banque estime que ces multiples pourraient constituer la «nouvelle normalité», contrairement aux comparaisons avec la bulle internet. Le S&P 500 a bondi de plus de 30% depuis avril malgré les incertitudes liées aux tarifs douaniers de Donald Trump, et son ratio cours/bénéfices à 12 mois a atteint 22,9, un sommet rarement vu depuis 2000 et 2020. Jerome Powell a reconnu que les actions sont «fortement valorisées», mais BofA juge que la combinaison de coupes de taux de la Fed, de politiques budgétaires accommodantes et d’une accélération des bénéfices pourrait soutenir ces niveaux élevés, avec comme scénario privilégié une poursuite de la croissance d’ici 2026 plutôt qu’une stagflation ou une récession.
Retour à une réalité brutale. Freeport McMoRan chute lourdement hier après l’annonce d’un grave incident à sa mine de Grasberg en Indonésie, où un afflux de boue a bloqué l’accès à des galeries, causé la mort de deux employés et laissé plusieurs disparus. L’entreprise suspend une partie de sa production, invoque la force majeure sur certains contrats et revoit à la baisse ses prévisions de ventes de cuivre et d’or. Les investisseurs craignent désormais un impact durable sur la production, y compris en 2026, c’est ce qui déclenche une forte vague de ventes sur le titre.
Au menu macro-économique de ce jeudi, les commandes de biens durables, les stocks des grossistes et la dernière estimation du PIB du deuxième trimestre aux Etats-Unis cet après-midi, sans oublier les inscriptions hebdomadaires au chômage, les chiffres de l'immobilier ancien et plusieurs discours de banquiers centraux.
GTT reçoit une commande de Samsung Heavy Industries pour la conception des réservoirs de deux méthaniers. TotalEnergies confirme un retour à l'actionnaire d'au moins 40% du cash-flow et lance une ligne de cotation à New York. L'Oréal nomme David Greenberg au poste nouvellement créé de président de L'Oréal USA et Alexis Perakis-Valat au poste de directeur général de L'Oréal USA et de président de ses activités en Amérique du Nord. Les immatriculations de véhicules neufs ont progressé de 5,3% dans l'UE en août, selon l'ACEA. Août est le mois le moins dynamique de l'année au niveau commercial. Intel chercherait à attirer Apple dans son capital, selon l’agence Bloomberg. Apple qui a demandé à l'UE de supprimer certaines règles de protection des consommateurs au motif qu'elles sont contre-productives pour la vie privée et l'innovation. Oracle émet 18 milliards de dollars d'obligations. Instagram (Meta) franchit la barre des 3 milliards d'utilisateurs actifs mensuels, annonce Mark Zuckerberg. Microsoft introduit les modèles d'IA Anthropic dans 365 Copilot et se diversifie au-delà de l'OpenAI.
Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en ordre dispersé. Tokyo grappille 0,27% à la cloche, Hong Kong égare 0,29%, Shanghai est inchangée, Séoul aussi et le Nifty50 recule de 0,29%. Le future SPX traite en léger repli et l’Europe ouvre en baisse de 0,5%.
C’est jour de BNS ce jeudi. La Banque Nationale Suisse annonce sa décision sur ses taux à l’instant et les maintient inchangés à zéro comme la grande majorité des économistes le prédisait. Son patron Martin Schlegel s’exprime à 10 heures, on suivra cela de près. L’Euro Suisse traite actuellement à 0,9340.