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C’est la routine à Wall Street hier. Les nouvelles macro et micro-économiques sont plutôt bonnes, en parallèle Trump fait du Trump.
L’indice des prix à la production aux Etats-Unis a ralenti en juin, alors que quelques surtaxes douanières sont désormais intégrées dans les prix. La production industrielle augmente plus que prévu et les résultats de sociétés du jour sont plutôt bons.
Jusque-là tout va bien.
Et puis, vers 16h30 CET un officiel de la Maison-Blanche indique que le président des Etats-Unis est susceptible de limoger Jerome Powell dans un avenir proche. Et paf le marché… le dollar fonce aux oubliettes, les rendements obligataires s’emballent, le 10 ans recule, le 30 ans monte, les indices d’actions se ruent à la suite du billet vert et la volatilité fait son grand retour sur le devant de la scène. Trump précise moins d’une heure plus tard qu’il n’a pas l’intention de licencier le patron de la Fed (lisez: il n’a pas encore trouvé comment faire). Et le marché de déboucler tout ce qui précède.
Quelques constatations: 1) la Fed reste encore et toujours le phare du marché, qui a grand besoin d’être convaincu qu’elle est menée par un capitaine fort et indépendant. On se demande parfois ce qui pourrait déstabiliser les actions à terme, nous voici peut-être en présence d’une piste 2) la hausse subite du rendement du 30 ans US suggère que les investisseurs, effrayés par la perte d’indépendance de la Réserve Fédérale si Jerome Powell venait à être débarqué, s’empresseraient d’exiger davantage de rendement des actifs américains. 3) même si Powell n’est pas licencié, le bruit que fait Trump autour du boss de la Fed fragilise ce dernier, ce d’autant que le président américain pourrait tout à fait annoncer le nom du remplaçant de Powell (fin du mandat de ce dernier en mai 2026) dès aujourd’hui, il suffirait ensuite au nominé de détailler son plan de politique monétaire sans attendre son entrée en fonction. 4) On ne peut s’empêcher de penser que Trump fait tout ce tapage pour envoyer l’affaire Epstein sous la pile des dossiers brûlants. 5) Il semble bel et bien que seul le marché soit capable de mettre le grand blond au garde-à-vous.
A Wall Street, passé le trou d’air Trumpien les indices se remettent à faire ce qu’ils font le mieux depuis un bon moment désormais: monter. Clôture proche du plus haut du jour pour les principaux indices, le Nasdaq100 (NDX) poste un énième record historique à la cloche, le FOMO semble bel et bien en place, tout comme le TACO, personne ou presque sur les parquets de trading ne croyant que Trump appliquera les tarifs annoncés dès le 1er août. Les petites capitalisations surperforment le marché, le Russell2000 (RTY) semble bien défendu par sa moyenne mobile à 200 jours, qui évolue actuellement à 2176 contre une clôture à 2226 pts. La volatilité recule un chouia, le VIX perd 1,2% à 17,16, il vient brièvement traiter à 19,48 en séance, à cause de qui vous savez. Le dollar reprend sa marche en avant après «l’épisode», la paire EUR/USD traite ce matin à 1,1589, elle voit son prochain support majeur à 1,1491 (50 jours).
Le projet de rénovation du siège de la Réserve fédérale américaine à Washington, d’un coût de 2,5 milliards de dollars, est devenu un levier central dans les efforts du président Trump pour affaiblir ou éventuellement évincer le président de la Fed, Jerome Powell. Bien que Trump affirme ne pas prévoir de le renvoyer (sauf en cas de fraude), son administration utilise les dépassements de coûts et les choix architecturaux du chantier pour critiquer Powell, entamer sa crédibilité publique et potentiellement construire un dossier juridique pour le pousser à la démission. Légalement, un président ne peut démettre le président de la Fed que pour «motif valable», ce qui est généralement interprété comme une faute grave. Néanmoins, la Maison-Blanche espère qu’une campagne publique suffisamment virulente autour de cette rénovation jugée dispendieuse pourrait suffire à discréditer Powell ou à le pousser à partir.
Dans les faits, Trump et ses conseillers, dont certains proches ont diffusé des caricatures de Powell en «Marie-Antoinette», s’appuient sur les dépassements budgétaires du chantier, liés notamment à des imprévus comme de l’amiante ou des problèmes de terrain, pour alimenter leur offensive. Le bâtiment concerné, ainsi que deux autres sites adjacents appartenant à la Fed, font l’objet de travaux importants depuis plusieurs années. Powell, de son côté, reste ferme: il considère qu’il est de son devoir de défendre l’indépendance de la Fed face aux ingérences politiques et refuse de céder. Il a récemment répondu par écrit au Congrès pour expliquer que ses déclarations sur le chantier n’étaient ni mensongères ni trompeuses. Certains républicains mettent en garde contre une tentative de renvoi qui nuirait à la crédibilité des États-Unis. De plus, un bras de fer juridique pourrait surgir si Powell refuse de quitter ses fonctions sans une décision judiciaire. Cette stratégie rappelle la pression exercée par Nixon sur son propre président de la Fed dans les années 1970. Enfin, bien que le projet ait été validé par une loi du Congrès en 2000, l’administration Trump utilise le chantier pour rester à l’offensive, nommant même trois de ses collaborateurs à la commission d’urbanisme locale pour maintenir le sujet dans le débat public.
Trump envisage des droits de douane de 10% ou 15% pour plus de 150 pays bien qu'il se disent «indifférent» à un accord commercial avec l'UE.
Au menu macro-économique de ce jeudi, la lecture finale de l'inflation en Europe à 11h00. Aux Etats-Unis les ventes de détail, les inscriptions hebdomadaires au chômage et l'indice Philly Fed à 14h30.
Rheinmetall est en discussions avec plusieurs parties pour la cession de sa division automobile. ABB dépasse les prévisions avec ses résultats du deuxième trimestre. Novartis relève légèrement ses prévisions de bénéfices pour 2025, portée par un solide deuxième trimestre. Les ventes de Swatch Group baissent au premier semestre, pénalisées par la faible demande en Chine. Ford rappelle plus de 694'000 SUV aux États-Unis après une enquête d’un an sur des fuites de carburant. TSMC enregistre un bénéfice trimestriel record, largement supérieur aux prévisions du marché.
Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en ordre dispersé. Tokyo progresse de 0,6% à la cloche, Hong Kong égare 0,18%, Shanghai avance de 0,37%, Séoul prend 0,19% et le Nifty50 recule de 0,13%. Le future SPX traite en très légère hausse et l’Europe ouvre en progression de 0,7%.