Gonet: l'actualité des marchés au 16 juillet

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow -0,98%, S&P 500 -0,40%, Nasdaq +0,18%, Russell -1,99%, SOX +1,27%, Eurostoxx -0,31%, SMI -0,32%.


Une fois n’est pas coutume, commençons par la macro. La publication de l’indice des prix à la consommation aux Etats-Unis pour le mois de juin nous apprend pas mal de choses, il y a du nouveau et ce n’est franchement pas pour plaire à qui vous savez. Le marché semble prendre doucement conscience que quelque chose est en train de changer, plongée dans le monde macro-économique, fort barbant pour certains mais si instructif.

La mise en place chaotique des nouveaux droits de douane commence à se répercuter sur les prix en magasin, tandis que la répression de l’immigration pèse sur la croissance de l’emploi selon les enquêtes fédérales. Ensemble, ces éléments traduisent l’impact économique des six premiers mois du retour de Donald Trump à la présidence. Pour l’instant, cet impact ne suffit pas à déstabiliser l’économie américaine, qui a mieux résisté aux guerres commerciales de Trump que ce que craignaient nombre d’analystes. Selon une enquête du Wall Street Journal, les économistes estiment même qu’il y a moins de risque de récession qu’il y a trois mois. Néanmoins, la période où les politiques de Trump semblaient peu visibles dans les statistiques économiques semble toucher à sa fin. Les investisseurs s’étaient habitués à la résilience de l’économie américaine, d’abord face à la pandémie, puis face aux hausses de taux de la Fed. Mais cette fois, les pressions liées aux décisions de Trump s’accumulent, de manière plus difficile à anticiper.

L’inflation de juin s’établit à 2,7% sur un an, proche des prévisions, mais des hausses de prix apparaissent déjà sur certains produits importés comme les meubles et les vêtements, signalant un effet possible des droits de douane qui pourrait se poursuivre. Selon UBS, les prix des biens hors automobiles ont augmenté à leur rythme mensuel le plus rapide depuis trois ans. Sauf récession ou réduction des tarifs douaniers, la banque suisse estime que l’inflation globale ne retombera pas au niveau de 2,3% observé en avril avant la fin de 2027. Des signes de faiblesse apparaissent aussi sur le marché du travail. La croissance de l’emploi semble ralentir dans des secteurs dépendants de travailleurs entrés illégalement aux États-Unis. Depuis mars, la population active née à l’étranger a fortement diminué et les nouveaux immigrés sont plus réticents à participer aux enquêtes mensuelles du département du Travail.

Cependant, la consommation reste solide, et les entreprises continuent de recruter. Hier, plusieurs grandes banques américaines publient des résultats supérieurs aux attentes. Mais la question est de savoir si cette dynamique tiendra et combien de temps la première économie mondiale pourra continuer sur sa lancée.

Dimanche, le taux moyen effectif des droits de douane américains atteignait 20,6%, son plus haut niveau depuis 1910, selon le Yale Budget Lab (avant le retour de Trump on était à 2,5% - 3%). L’effet complet pourrait mettre des mois à se matérialiser, en raison des stocks déjà constitués, des délais d’acheminement et du caractère imprévisible des négociations commerciales de Trump. Le Yale Budget Lab estime que ces hausses de prix pourraient coûter en moyenne 2800 dollars par an aux ménages américains.

Les prix de matières premières clés comme l’acier et l’aluminium ont déjà fortement augmenté. Le cuivre a atteint un record après l’annonce par Trump de droits de douane de 50% sur les importations à partir du 1er août, ce qui devrait renchérir la construction de centres de données, de logements et de semi-conducteurs. Précisions que, même si les droits de douane se reflètent davantage dans les prix, cela ne signifie pas nécessairement que l’inflation globale va s’envoler. Le CPI d’hier montre un ralentissement de l’inflation des services, notamment dans le logement, les billets d’avion et les hôtels, suggérant que certains ménages réduisent leurs dépenses de loisirs. Cela pourrait amener la Fed à juger que la demande reste suffisamment modérée pour éviter une flambée inflationniste et à reprendre les baisses de taux.

La Maison-Blanche, de son côté, conteste l’idée que les importateurs répercuteront forcément les droits de douane sur les consommateurs. Après la publication des chiffres de l’inflation, Trump qualifie celle-ci de «très faible» et, ô surprise, exhorte la Fed à baisser ses taux (#Idéfix sors de ce corps).

Et voilà DJT, cela devait arriver un jour ou l’autre, les tarifs douaniers ne sont pas en place pour la plupart qu’ils produisent déjà leur effet. Quelqu’un devra bien payer pour ces taxes. La victime est toute trouvée, le consommateur américain, qui devrait apprécier (#électionsdemimandatnovembre2026).

À Wall Street on prend acte du CPI de juin, les traders vendent la dette américaine et renvoient le rendement du 10 ans US à 4,48%, il regarde sa prochaine résistance à 4,62%. Le 30 ans repasse au-dessus des 5% de rendement pour la première fois depuis mai et les Fed Funds revoient leurs attentes de baisses de taux à la baisse. Désormais on prévoit 54% d’une coupe de 25 points de base le 17 septembre et 67% pour décembre. Hier matin c’était 60% respectivement 73%, qui vous savez appréciera. En revanche le dollar lui applaudit des deux mains, il poursuit sa reprise, la paire EUR/USD revient à 1,1624 ce matin après avoir tenté une incursion en-dessous de 1,1600 hier, sa moyenne mobile à 50 jours se situe actuellement à 1,1484. 

Sur le front des actions, c’est une séance en trompe l’œil à laquelle nous avons droit hier. À première vue le S&P500 (SPX) ne recule que légèrement mais il suffit de gratter un peu et on constate que son alter ego équipondéré (SPW) perd pour sa part 1,4% alors que, en parallèle le Nasdaq100 (NDX) s’offre un huitième record historique de l’année à la cloche. En clair, la tech se porte comme un charme, merci à Nvidia hier, le titre décollant de 4% après que l’on a appris que la firme de Santa Clara va pouvoir reprendre ses livraisons de puces IA vers la Chine. 4% de hausse sur Nvidia, cela correspond à la création d’environ 160 milliards de dollars de capitalisation boursière, un peu moins d’une Nestlé quoi… La locomotive de Jensen Huang entraine tout son secteur avec elle, particulièrement ce qui a trait à l’intelligence artificielle et à la tech chinoise. Le secteur pèse environ 33% du SPX, dont le breadth est déplorable, l’indice tente bien un record en séance, il ne tient pas la distance dans de faibles volumes d’échanges. Le podium du jour du SPX se compose de la tech, des services de communication et des industrielles. La volatilité grappille 1%, le VIX clôture à 17,38, son alter ego obligataire le MOVE perd 2%, c’est tout de même très calme Thérèse.

Quoi qu’il en soit, le comportement du marché post CPI semble logique, c’est plutôt rassurant, les intervenants ne mettent pas la tête dans le sable, il est peut-être là le véritable test de résilience du marché des actions, si les rendements obligataire poursuivent leur hausse alors que le dollar bande ses muscles, nous verrons alors ce que les equities ont dans le ventre.

Trump affirme qu’il dispose désormais du nombre de voix nécessaire pour faire adopter le «Genius Bill» (un nouveau vote est prévu aujourd’hui… important pour tout ce qui concerne les cryptomonnaies).

Le président des Etats-Unis prévoit en outre d’imposer des droits de douane sur les produits pharmaceutiques dès la fin du mois et indique que des taxes sur les semi-conducteurs pourraient également arriver bientôt.

Kevin Hassett est pressenti comme favori pour remplacer Jerome Powell à la tête de la Fed l’an prochain, selon des sources proches du dossier. Kevin Warsh et Christopher Waller sont également cités comme possibilités. Trump précise que Scott Bessent n’est pas un candidat prioritaire, mais qu’il le trouve «très compétent».

Au menu macro-économique de ce mercredi, aux Etats-Unis les prix à la production de juin seront dévoilés à 14h30, avant la production industrielle à 15h15 et les stocks pétroliers à 16h30. 

Renault revoit en baisse ses objectifs annuels et nomme un Directeur Général par intérim. ASML réalise un CA de 7,69 milliards et dépasse les attentes avec ses commandes du deuxième trimestre mais reste prudent pour 2026. Compagnie Financière Richemont enregistre des ventes en hausse de 6% au premier trimestre. Partners Group voit sa masse sous gestion s'étoffer à fin juin. Fitch confirme la note d'émetteur long terme BBB de Temenos. Blackstone va investir plus de 25 milliards de dollars dans les infrastructures numériques et énergétiques de Pennsylvanie. Google (Alphabet) conclut un accord de 3 milliards de dollars sur l'hydroélectricité aux États-Unis. General Motors dévoile un plan de 4 milliards de dollars pour accroître la production de camions et SUV à essence. Citi prévoit d'augmenter ses effectifs en banque d'investissement au Japon jusqu'à 15%. Baidu signe partenariat avec Uber, prévoyant le déploiement de ses véhicules autonomes Apollo Go.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en baisse ou à l’équilibre. Tokyo égare 0,04% à la cloche, Hong Kong est inchangée, Shanghai perd 0,03%, Séoul rend 0,9% et le Nifty50 grappille 0,03%. Le future SPX rend 23 points et l’Europe ouvre en repli de 0,7%. L’or remonte à 3339 dollars l’once, le pétrole évolue à 66,73 dollars le baril de WTI Light Crude.

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