Quatre ans de JEDI: soutenir l’économie spatiale avec conviction

Moritz Henkel, VanEck

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Être précoce ne représente que la moitié de la discipline; la conviction de maintenir le cap est ce qui permet à un thème de long terme de se développer.

En juin 2022, l’économie spatiale commerciale figurait encore à la périphérie de la carte de la plupart des investisseurs. Les coûts de lancement diminuaient et une nouvelle génération d’entreprises émergeait au-delà des géants traditionnels de l’aérospatiale, mais il existait encore peu de véhicules permettant d’investir dans cette thématique dans son ensemble. VanEck a perçu l’émergence d’un changement structurel et a créé l’un des premiers ETF en Europe qui lui soit dédié. Quatre ans plus tard, l’espace est passé du statut de curiosité de niche à celui de l’un des thèmes d’investissement les plus attendus.

Identifier un thème tôt, et s’y tenir

L’investissement thématique repose sur un principe simple mais exigeant: reconnaître un changement structurel avant qu’il ne fasse consensus, puis rester investi pendant les années nécessaires à son déploiement. Être précoce ne représente que la moitié de la discipline; la conviction de maintenir le cap est ce qui permet à un thème de long terme de se développer. Pionnier de l’investissement thématique et innovant depuis 1955, VanEck a bâti sa réputation en ouvrant l’accès à des idées avant qu’elles n’atteignent le grand public, de l’or et des ressources naturelles aux semi-conducteurs, en passant par la défense, l’informatique quantique et désormais l’espace.

Quatre années marquées par des étapes clés

Lors du lancement du fonds en juin 2022, l’économie spatiale commerciale figurait encore à la périphérie de la carte de la plupart des investisseurs. Les coûts de lancement avaient fortement chuté au cours de la décennie précédente, les satellites devenaient bien plus performants et une nouvelle génération de sociétés cotées émergeait au-delà des géants traditionnels de l’aérospatiale.

Pendant une grande partie de 2022 et 2023, les progrès ont été réels mais faciles à négliger. La croissance du secteur s’est d’abord manifestée dans les indicateurs opérationnels plutôt que dans les valorisations de marché ou les gros titres. Le nombre de lancements orbitaux mondiaux est passé de 186 en 2022 à 259 en 2024. Sur la même période, le nombre de satellites actifs en orbite a dépassé pour la première fois les 10'000, principalement grâce au déploiement de grandes constellations à haut débit en orbite terrestre basse. Ces années ont aussi servi à poser les bases technologiques des étapes suivantes: la mission Artemis I de la NASA a fait voler un vaisseau spatial Orion inhabité autour de la Lune, première étape du programme de la NASA visant à renvoyer des astronautes sur la Lune; et SpaceX a effectué les premiers essais de vol intégrés de Starship, le système de lancement le plus puissant jamais construit. Derrière les gros titres, l’univers investissable a continué de s’élargir à mesure que des entreprises actives dans les lancements, la fabrication de satellites, les communications et l’exploration lunaire entraient sur les marchés publics. Le secteur progressait clairement, même si l’attention des investisseurs n’avait pas encore totalement suivi.

À partir de 2024, cela a commencé à changer. L’espace a été de plus en plus perçu comme un actif stratégique, non seulement pour les communications et la navigation, mais aussi pour la sécurité nationale, la résilience et la souveraineté technologique. Plusieurs étapes ont renforcé cette évolution, notamment la validation réussie de la mission de défense planétaire DART de la NASA, qui a modifié l’orbite d’un astéroïde. Plus important encore d’un point de vue commercial, les communications satellitaires directes vers les appareils sont passées du concept à la réalité: AST SpaceMobile a réalisé le tout premier appel vocal au monde, puis la première connexion haut débit 5G depuis l’espace vers un smartphone ordinaire non modifié, tandis que Starlink a commencé à tester des services direct-to-cell avec des partenaires télécoms. Ces évolutions témoignaient d’un secteur gagnant en maturité simultanément dans l’exploration, la connectivité et la défense. À mesure que les opportunités s’étendaient à des niches de plus en plus spécialisées, allant de la maintenance en orbite et de l’élimination des débris au radar à synthèse d’ouverture et au renseignement géospatial, les prévisions externes ont commencé à refléter l’ampleur de l’opportunité. Le Forum économique mondial et McKinsey estiment que l’économie spatiale mondiale pourrait atteindre 1800 milliards de dollars d’ici 2035, soit un triplement au cours de la prochaine décennie.

Tout au long de 2025, les différentes composantes de la chaîne de valeur ont commencé à se renforcer mutuellement. La connectivité par satellite s’est rapprochée de la réalité commerciale; les données d’observation de la Terre ont trouvé de nouveaux usages portés par l’IA, et une demande publique soutenue a alimenté les carnets de commandes dans les systèmes satellitaires, la robotique et les infrastructures de communication. La dynamique commerciale s’est également renforcée: du financement par la NASA de successeurs exploités par le privé à la Station spatiale internationale au déploiement de nouvelles constellations à haut débit en orbite terrestre basse. L’espace ne consistait plus seulement à atteindre l’orbite; il s’agissait de plus en plus de ce qui pouvait y être construit, connecté et compris.

Le passage de la thématique dans le courant dominant est devenu indéniable en 2026, lorsque SpaceX a réalisé la plus grande introduction en bourse de l’histoire (cotation au Nasdaq en juin pour une valorisation supérieure à 2000 milliards de dollars) dans un contexte plus large d’ambition comprenant Artemis II de la NASA, la première mission habitée en direction de la Lune depuis plus d’un demi-siècle. L’intensité de cette attention a apporté une leçon en soi aux investisseurs: les thèmes portés par l’innovation évoluent rarement en ligne droite, et les capitaux peuvent se déplacer brutalement entre les valeurs établies et les nouveaux venus. C’est précisément pour cela que l’approche fondée sur des règles de JEDI est importante: une thématique construite autour de l’innovation fera toujours émerger à la fois des leaders et des retardataires, et une méthodologie disciplinée permet au portefeuille d’évoluer au même rythme que le secteur. Quatre ans plus tard, la question n’est plus de savoir si l’espace est investissable, mais comment y accéder au mieux.


Une exposition précoce – et pure

Être précoce est une discipline; être pur en est une autre. L’exposition à l’espace peut être obtenue de nombreuses façons, mais une grande partie de celle-ci se trouve au sein de grands conglomérats de l’aérospatiale, de la défense ou des télécommunications, où l’espace ne représente parfois qu’une fraction du chiffre d’affaires. JEDI a été conçu pour éviter cette dilution. Il cible des entreprises pour lesquelles l’espace occupe une place centrale dans leur activité, et répartit l’exposition sur l’ensemble de la chaîne de valeur plutôt que de la concentrer sur une ou deux valeurs très médiatisées.

Cette diversification est importante. L’économie spatiale moderne n’est pas une industrie unique mais un écosystème: les fournisseurs de lancements, les fabricants de satellites, les réseaux de communication, les plateformes d’observation de la Terre, les spécialistes de l’analyse de données et les entreprises d’infrastructure y jouent tous des rôles différents. L’OCDE décrit le secteur comme étant de plus en plus mondial, soutenu par un nombre accru de programmes spatiaux gouvernementaux, davantage d’acteurs commerciaux et la maturation de nouveaux systèmes spatiaux.

Cette ampleur se perçoit plus facilement société par société, simplement en examinant les 3 principaux contributeurs. Ces trois entreprises illustrent la manière dont l’économie spatiale commerciale a mûri, passant de l’infrastructure aux services: Rocket Lab fournit l’épine dorsale des lancements et du matériel orbital, tandis qu’AST SpaceMobile construit la couche de connectivité directe vers les appareils. Planet Labs illustre l’un des changements les plus importants: dans l’économie spatiale moderne, la valeur la plus élevée est de plus en plus créée non pas par le fait d’atteindre l’orbite, mais par ce que l’on fait des données une fois sur place.

Ensemble, ces entreprises retracent tout l’arc de l’économie spatiale moderne: atteindre l’orbite, construire des infrastructures en orbite, se connecter via l’orbite et transformer les données orbitales en intelligence commerciale sur Terre.

Il est essentiel de noter que toutes les composantes de la thèse d’investissement n’ont pas fonctionné, et cela est tout aussi instructif.

Le tourisme spatial, autrefois considéré comme l’une des opportunités commerciales emblématiques du secteur, demeure encore loin d’atteindre une échelle significative. Virgin Galactic, l’un des noms les plus reconnus du secteur au début de la décennie, a perdu plus de 90% de sa valeur pendant la durée de vie du fonds et a été retirée de l’ETF en 2024.

La leçon est que faisabilité technologique et succès commercial ne sont pas synonymes. Certains des concepts les plus médiatisés du secteur ont suscité une attention énorme, mais ne sont pas parvenus à développer des modèles économiques durables. Sur la durée de vie du fonds, l’écart entre les meilleures et les moins bonnes performances a dépassé 2 600 points de pourcentage, une dispersion inhabituellement large, même au regard des standards des secteurs de l’innovation. L’espace reste une industrie hautement technique dans laquelle les technologies dominantes, les modèles économiques et les avantages concurrentiels sont encore en cours de définition. Prédire avec certitude les gagnants de long terme est extrêmement difficile, et l’histoire suggère que nombre des entreprises sur lesquelles les investisseurs se concentrent aujourd’hui pourraient ne pas être celles qui définiront le secteur dans dix ans.

Une vision de long terme

La dynamique est forte aujourd’hui dans l’ensemble du secteur spatial, mais le point le plus important pour les investisseurs reste la trajectoire de long terme. Des thèmes comme celui-ci évoluent rarement en ligne droite; des périodes d’enthousiasme peuvent être suivies de volatilité, et les fluctuations de court terme font partie intégrante de l’investissement dans l’innovation. C’est pourquoi JEDI suit une méthodologie indicielle claire et fondée sur des règles, ainsi qu’une approche équilibrée et diversifiée sur l’ensemble de la chaîne de valeur spatiale, plutôt que des paris concentrés. L’objectif est une exposition durable à un thème structurel, non une prévision de l’évolution prochaine des prix.

«Nous avons été parmi les premiers à offrir aux investisseurs européens un moyen de participer à l’économie spatiale, car c’est ce que VanEck a toujours fait: ouvrir la porte à des opportunités que d’autres négligent. Quatre ans plus tard, notre conviction dans l’économie spatiale n’a fait que se renforcer, et nous sommes aujourd’hui aussi engagés envers cette vision que nous l’étions au premier jour», explique Martijn Rozemuller, CEO, VanEck Europe. 

Quatre ans plus tard, JEDI est passé d’une idée précoce à un moyen établi d’investir dans l’économie spatiale. Ses prochains chapitres – exploration plus poussée, expansion des réseaux satellitaires, cas d’usage orientés IA et entreprises qui doivent encore accéder aux marchés publics – commencent à peine à se déployer. Pour les investisseurs patients, l’histoire n’en est encore qu’à ses premiers chapitres.

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