Gonet: l'actualité des marchés au 6 août

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow -0,14%, S&P 500 -0,49%, Nasdaq -0,65%, Russell +0,60%, SOX -1,12%, Eurostoxx +0,14%, SMI +0,34%.


À ma gauche l’indice des directeurs d’achats aux Etats-Unis au mois de juillet (PMI), qui ressort en hausse et nettement au-dessus des attentes. À ma droite l’indice ISM (Institute for Supply Management) des services de juillet, qui manque les attentes alors que sa composante des prix payés s’envole.

Oups… Est-on tenté d’écrire, le mot tabou ne met pas long à resurgir. Certes, la macro d’hier a de quoi inquiéter, elle évoque une stagflation potentielle soit un ralentissement économique accompagné d’une hausse du niveau général des prix (le pire cauchemar de toute banque centrale) mais la réaction plutôt mesurée du marché indique une certaine forme de sérénité sur les parquets de trading, même si à Washington DC un phénomène de type «tornade» totalement incontrôlable ne cesse de décocher des flèches mal aiguisées dans toutes les directions, plusieurs fois par jour, on s’y est donc habitué dans les salles de marché, l’humain est ainsi fait, il peut s’adapter à tout ou presque (quoi que Céline Dion pour ma part…).

La guerre tarifaire du grand blond fait rage, la Suisse envoie sa dream team à Washington pour tenter de décrocher un accord dans les arrêts de jeu mais l’essentiel à long terme pour le marché est ailleurs. C’est la Fed et son action qu’il faut suivre et, depuis le rapport mensuel sur l’emploi de vendredi plutôt décevant, on se remet à espérer que la Réserve Fédérale reprendra son cycle de coupes de taux dès le 17 septembre. Rappelez-vous les jours boursiers heureux qui firent suite à la débâcle d’octobre 2008, la Fed nous avait alors nourri quotidiennement en liquidités pendant des années, tout un chacun s’y était accoutumé, en 2016 elle avait mis un frein à ce processus, retour en arrière en 2020 Covid oblige puis en 2022 elle entame son opération de sevrage intensif et le marché de souffrir d’un manque flagrant. Aujourd’hui les Fed Funds évoluent dans une fourchette de 4,25% - 4,50%, c’est historiquement assez élevé, la force actuelle des indices américains d’actions trouve probablement une partie de sa source dans l’idée que les taux ont de la marge pour aller plus bas.

Wall Street fait un léger pas en arrière hier, après sa bonne hausse de la veille. Les mastodontes de la tech reculent hormis Amazon (AMZN +0,99%), peu de secteurs progressent, parmi eux les materials, la consommation discrétionnaire, l’immobilier et l’énergie. La volatilité remonte légèrement, les volumes d’échanges reculent, le breadth du marché est neutre, c’est une journée de trading ennuyeuse que vivent les intervenants, qui ont tout loisir d’écouter Dark Vador le président américain annoncer qu’un deal avec la Chine est proche, tout en menaçant de taxer la pharma jusqu’à 250%, le marché semble ne plus l’entendre (#TACO, FOMO, TINA). Côté obligations c’est tout aussi calme, le rendement du 10 ans US se maintient à 4,23%, tandis que la paire EUR/USD stagne à 1,1578. On garde un œil sur le dollar suisse qui traite ce matin à 0,8084, la paire a entamé une jolie bagarre avec sa moyenne mobile à 50 jours depuis le 29 juillet, la 50 dma se situe actuellement à 0,8066. L’or ne bouge guère ces jours, l’once traite à 3375 dollars, le pétrole évolue toujours autour des 66 dollars le baril de WTI Light Crude.

Notons au passage que les petites capitalisations américains sont toujours recherchées, elles surperforment nettement hier. Le Russell2000 (RTY), non content de monter hier, va bénéficier d’une golden cross aujourd’hui, un signal technique d’achat, c’est à suivre, ce d’autant qu’il est en retard par rapport au SPX et au NDX depuis le 2 avril.

On se penche plus en détails sur la macro avec l’indice ISM des services pour juillet qui s’établit à 50,1, en dessous du consensus de 51,3 et du chiffre de juin à 50,8. Les composantes des nouvelles commandes et de l’emploi reculent d’un mois sur l’autre, tandis que les prix payés progressent légèrement. Les commentaires des répondants restent largement centrés sur les effets des droits de douane. Par ailleurs, l’indice PMI final des services S&P pour juillet enregistre sa plus forte hausse mensuelle depuis le début de l’année, porté par une solide progression des nouvelles affaires. Aucune statistique n’est attendue ce mercredi, mais les membres de la Fed Lisa Cook, Susan Collins (Boston) et Mary Daly (San Francisco) doivent s’exprimer. Une adjudication de 42 milliards de dollars de bons à 10 ans est également prévue. Demain nous suivrons la publication des premières estimations de la productivité au deuxième trimestre et du coût du travail hors agriculture, ainsi que les inscriptions hebdomadaires au chômage et les anticipations d’inflation à un an de la Fed de New York. Raphael Bostic (Fed d’Atlanta) doit aussi prendre la parole et une adjudication de 25 milliards de dollars d’obligations à 30 ans aura lieu. Aucune statistique n’est attendue vendredi, mais la prise de parole du président de la Fed de St. Louis, Alberto Musalem, est au programme.

Le Kremlin envisage d'offrir des concessions aux États-Unis, notamment une trêve aérienne avec l'Ukraine, selon l’agence Bloomberg, même s'il reste déterminé à poursuivre la guerre.

Le successeur de la gouverneure sortante de la Fed, Adriana Kugler, sera nommé d'ici la fin de la semaine, déclare le président américain. Il réduit à quatre le nombre de candidats pour remplacer Jerome Powell, parmi lesquels figurent Kevin Warsh et Kevin Hassett.

Au menu macro-économique du jour, les commandes d'usines allemandes (sorties nettement en-dessous des attentes) et les stocks de brut américains (16h30).

Novo Nordisk publie une croissance supérieure aux attentes au deuxième trimestre.  Siemens Energy vise le haut de ses prévisions pour 2025 grâce à la forte demande américaine. Zalando relève ses prévisions pour l'exercice 2025 en tenant compte de l'acquisition d'About You. Tesla et Elon Musk poursuivis par des actionnaires pour la dangerosité de la conduite autonome. ESPN (Walt Disney) va racheter NFL Network et d'autres actifs de la ligue de football US en échange d'une participation de 10% dans le réseau sportif. OpenAI envisage une valorisation de 500 milliards de dollars dans le cadre d'un projet de vente d'actions à ses salariés, selon des sources concordantes.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en hausse à part le Nifty50 qui égare 0,22%. Tokyo progresse de 0,61% à la cloche, Hong Kong grappille 0,19%, Shanghai monte de 0,45% et Séoul est inchangée. Le future SPX gagne 0,4% et l’Europe ouvre en progression de 0,4% également.

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