La question clé pour l’économie mondiale demeure de savoir si le détroit d’Ormuz pourrait être effectivement fermé aux exportations de pétrole et de gaz pendant plus de quelques semaines. Une perturbation prolongée pèserait sur la croissance mondiale et alimenterait sensiblement l’inflation. À titre d’exemple, une hausse durable du prix du pétrole de 15 dollars par baril pourrait accroître le niveau des prix à la consommation aux États-Unis d’environ 0,5% et réduire d’autant la progression des revenus disponibles.
Une réaction de marché pour l’instant contenue
Les prix du pétrole ont augmenté d’environ 8% jusqu’à présent, mais l’histoire montre que de tels pics sont généralement de courte durée. Lors d’incidents précédents au Moyen-Orient, comme l’attaque des Houthis contre des installations saoudiennes en 2019, la production avait été rapidement rétablie et les prix étaient revenus à leur niveau antérieur. Le mouvement actuel reste plus modéré que la flambée de 15% observée du jour au lendemain lors de cet épisode. Le marché semble ainsi anticiper une désescalade, notamment après les déclarations du président Trump indiquant qu’un éventuel conflit ne durerait pas «plus de quelques semaines», ce qui contribue à limiter l’aversion au risque.
Enjeux politiques et marges de manœuvre
À l’approche des élections de mi-mandat américaines en novembre, le président Trump devrait chercher à éviter une hausse durable des prix de l’énergie susceptible de le pénaliser sur le plan intérieur. Les électeurs l’avaient déjà tenu pour responsable de la hausse des prix à la consommation avant les frappes contre l’Iran. Plusieurs options restent envisageables: recours à la puissance militaire américaine pour empêcher une fermeture prolongée du détroit d’Ormuz, négociations avec l’Iran et/ou demande adressée à d’autres pays exportateurs d’augmenter leur production afin de compenser une éventuelle baisse des exportations iraniennes.
Des perspectives incertaines pour l’Iran
À court terme, l’évolution des routes maritimes sera déterminante. Les perspectives pour l’Iran demeurent très incertaines, avec un large éventail d’issues politiques possibles: maintien de l’ancien régime sous de nouveaux dirigeants, changement de régime, troubles prolongés, voire guerre civile. À plus long terme, les exportations pétrolières iraniennes pourraient même progresser sous un nouveau régime et/ou dans le cadre d’un accord avec les États-Unis.
Implications pour les portefeuilles
Une augmentation supplémentaire de la pondération du secteur de l’énergie paraît probable. À ce stade, aucun autre impact immédiat sur le positionnement des portefeuilles n’est envisagé.
L’accent reste mis sur la sélection d’entreprises de haute qualité se négociant avec une décote significative par rapport à leur valeur intrinsèque – des sociétés aux fondamentaux solides et durables, capables de résister à un environnement macroéconomique difficile à moyen terme.