Gonet: l'actualité des marchés au 12 février

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow -0,13%, S&P 500 -0,00%, Nasdaq -0,16%, Russell -0,38%, SOX +2,28%, Eurostoxx -0,19%, SMI +0,21%.

Le narratif du moment reste dicté par un triumvirat hétéroclite, composé de résultats de sociétés, d’IA et de politique monétaire de la Fed.

Les inquiétudes liées à l’intelligence artificielle continuent de peser sur les esprits boursiers. Hier les actions des secteurs des logiciels et des services financiers reculent, entraînant les principaux indices dans le rouge. Bank of America, JPMorgan et Citigroup perdent plus de 2%, tout comme des courtiers comme Charles Schwab et Robinhood. Dans les logiciels, Salesforce et Intuit terminent en baisse de plus de 4%. Ces mouvements s’inscrivent dans une vague récente de nervosité autour de l’IA. Un nouvel outil annoncé par la fintech Altruist, capable de créer des stratégies fiscales personnalisées grâce à l’IA en analysant automatiquement des documents financiers, ravive les craintes que cette technologie finisse par menacer les sociétés de courtage et de gestion de patrimoine.

La semaine passée, le secteur des logiciels était déjà secoué après l’annonce par Anthropic de nouveaux outils juridiques intégrés à son assistant, capables d’automatiser des tâches de rédaction et de recherche. Tout cela alimente la peur d’une forte disruption du secteur et provoque des ventes sur des titres comme Adobe ou PayPal, ainsi que sur des sociétés de crédit privé exposées au secteur. Petit rappel au passage: la présence de la peur implique un glissement inévitable en-dehors des sentiers rationnels, un phénomène bien souvent propice aux exagérations.

Phénomène quelque peu paradoxal, depuis des années, les investisseurs parient sur l’IA comme moteur de croissance et de profits, mais ils vendent désormais les entreprises qui pourraient être transformées, voire fragilisées, par cette même technologie. Le marché hésite entre enthousiasme et crainte face aux conséquences potentielles de l’IA.

Quoi qu’il en soit, la journée de trading d’hier accouche d’un souriceau, les indices terminent leur séance en léger repli, le S&P500 (SPX) clôturant fortement inchangé. Les géants de la tech sont toujours aux abonnés absents, hormis peut-être Nvidia, Broadcom et Apple. Les volumes d’échanges sont faibles, la volatilité aussi, c’est tout de même très calme Downtown Manhattan. Et pourtant le marché doit digérer le rapport mensuel sur l’emploi de janvier aux Etats-Unis, qui ressort nettement plus fort que prévu, j’y reviens. On se dit du coup que les actions ne vont pas apprécier, les perspectives de baisses de taux par la Fed diminuant de facto. Et bien figurez-vous que les futures américains prennent la direction du nord juste après le rapport, on peine à comprendre puis on réalise que les révisions annuelles, publiées en janvier, annulent plus ou moins trois années de créations de postes (hors secteur public, loisirs, restauration, santé, éducation privée). Cela implique que des destructions de postes ont eu lieu dans l’industrie, la finance, la tech ou le commerce et les intervenants de se dire que le marché américain de l’emploi n’est pas en si bonne forme que cela, les espoirs de baisses de taux resurgissent.

Le dollar retrouve logiquement quelques couleurs, la paire EUR/USD revient à 1,1875, sa résistance majeure reste dans la zone 1,1975 – 1,2000. Même réaction sur le marché obligataire, qui fait remonter le rendement du 10 ans US de 4,13% à 4,20%, pour se stabiliser ce matin à 4,17%. Les Fed Funds aussi revoient leur copie, ils ne prédisent désormais plus que 50% de probabilités d’une coupe de 0,25% par la Réserve Fédérale le 17 juin.

L’or semble insensible au léger regain de forme du billet vert, l’once se maintient au-dessus de 5000 dollars, il se murmure dans les milieux autorisés que la demande en métal jaune serait en train d’exploser en Suisse, où un certain Franjo von Allmen en consommerait à foison. Pour sa part, l’argent semble se calmer un chouia, sa volatilité se replie quelque peu, l’once traite ce matin à 83,51 dollars, son principal support se situe à 62,91 dollars, c’est par là que passe actuellement sa moyenne mobile à 50 jours.

On revient sur la macro de ce mercredi. En janvier, l’économie américaine a créé 130’000 emplois non agricoles, nettement au-dessus des attentes qui étaient d’environ 70’000. Les chiffres de novembre et décembre sont révisés à la baisse, mais seulement de 17’000 emplois au total, ce qui reste limité. Le taux de chômage recule à 4,3%, alors qu’il était attendu stable à 4,4%. La révision annuelle de l’emploi jusqu’en mars 2025 montre une baisse de 898’000 postes, proche de l’estimation préliminaire de -911'000.

Du côté de la Réserve fédérale, Schmid (qui ne vote pas cette année) estime que de nouvelles baisses de taux risqueraient de prolonger une inflation élevée.

L’émission de 42 milliards de dollars de bons du Trésor à 10 ans se déroule moins bien que prévu, avec un rendement supérieur de 1,4 point de base aux attentes et une demande globale et étrangère inférieures aux moyennes récentes.

La Chambre vote pour mettre fin aux droits de douane de Donald Trump sur le Canada, six républicains rejoignant les démocrates, ce qui signale une inquiétude croissante face à son programme économique. Cette décision accroît la pression sur Trump pour qu’il change de cap à quelques mois seulement des élections de mi-mandat.

Au menu macro-économique de ce jeudi, les demandes hebdomadaires d’allocations chômage aux Etats-Unis (14h30) et les ventes de logements existants (16h).

Essilorluxottica prévoit de réaliser une solide croissance de son chiffre d'affaires sur les cinq prochaines années. Siemens AG relève ses prévisions. Mercedes publie des prévisions prudentes pour 2026. Novo Nordisk prévoit de commercialiser son médicament phare pour la perte de poids, Wegovy, en flacons, selon Bloomberg. BMW rappelle des centaines de milliers de véhicules dans le monde à cause d'un risque d'incendie. Pershing Square (le fonds de Bill Ackman) fortement exposé à Meta. Meta qui lance la construction d'un centre de données de 10 milliards de dollars dans l'Indiana afin de renforcer ses capacités en matière d'intelligence artificielle. La dernière tentative d'Apple pour lancer la nouvelle version de Siri se heurte à des obstacles, selon Bloomberg.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en ordre dispersé. Tokyo égare 0,02% à la cloche, Hong Kong rend 0,86%, Shanghai grappille 0,05%, Séoul décolle de 3,13% et le Nifty50 perd 0,56%. Le future SPX gagne 0,2%, l’Europe monte de 0.9% dans les premiers échanges.

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