Le joyeux royaume des actions est vraiment épatant, on croit qu’il est sur le point de flancher et paf! Voilà un nouveau record historique de son vénérable ancêtre. Papy Dow Jones clôture à nouveau au firmament hier, il n’est pas suracheté pour un sou et vous salue bien. Son petit frère le S&P500 (SPX) abandonne 0,33% sur la séance, en revanche son jumeau SPW (le S&P500 équipondéré) en gagne 0,33%, sachant que les mastodontes de la tech clôturent quasiment tous dans le rouge (sauf Tesla mais ça ne compte pas, Netflix aussi mais là aussi le cours est pollué par l’amélioration de l’offre de Paramount sur Warner Bros). Nouveau plus haut de tous les temps à la cloche pour le SPW également, ce qui nous indique que le marché américain des actions se porte plutôt très bien. Parvenir à grimper sans l’aide des locomotives habituelles confirme que les acheteurs ont élargi leur champ d’action, c’est la fameuse rotation que l’on vous sert à toutes les sauces depuis quelques semaines.
Le SPX s’approche à 13 petits points des 7000 pts en séance, il se replie ensuite et clôture quasiment au plus bas du jour, dans des volumes d’échanges faibles et un breadth positif (3-2). Le podium du jour se compose des utilities, de l’immobilier et des materials, la volatilité gagne 2,5%, le VIX remonte à 17,79 dans l’indifférence générale. Côté tech, le Nasdaq100 (NDX) est capé par sa moyenne mobile à 100 jours. Les valeurs technologiques ont rebondi de 4% vendredi tout en terminant la semaine passée en baisse de 1,9%. Elles restent le plus mauvais secteur du SPX en 2026 (-2%). Le marché s’interroge sur la solidité de ce rebond. Les logiciels ont montré des signes potentiels de capitulation, avec notamment des volumes records. Mais c’est surtout le secteur des semi-conducteurs qui se distingue: l’ETF VanEck Semiconductor clôture pour la quatrième semaine consécutive au-dessus de 400 dollars, ce qui peut annoncer un mouvement important à venir.
La macro de ce mardi joue aussi un rôle, elle renforce les colombes dans leurs attentes de baisses de taux par la Fed, j’y reviens. Ce matin les Fed Funds prédisent 59% de probabilités d’une coupe de 0,25% le 17 juin. Le dollar en prend acte, il reste faible et traite à 1,1918 contre euro, objectif technique 1,2000. Côté marché obligataire, le rendement du 10 ans écoute lui aussi et recule logiquement, ce matin à 4,14%, c’est pile un tick au-dessus de sa 100 jours, s’il la franchit le test réel l’attend à 4,00%. Pour revenir aux monnaies, on notera que le yen japonais semble en forme olympique, il vient de casser ses moyennes mobiles à 50 et 100 jours contre dollar, traite ce matin à 153,07 et peut viser sa 200 jours à 150,51. On verra si cela impacte la bourse japonaise, qui est fermée ce mercredi.
Retour à Wall Street où l’on constate que le marché semble s’attaquer à deux nouveaux segments de la cote, qu’il considère comme potentiellement fragiles vis-à-vis de l’émergence de l’intelligence artificielle. Ce sont désormais les sociétés de services financiers qui sont dans le viseur des vendeurs. Hier le secteur recule nettement, Raymond James chute de 9%, Charles Schwab de 7%, Ameriprise de 6% et Stifel de 4%. Ces groupes ont en commun d’être des acteurs traditionnels du conseil en investissement et en optimisation fiscale aux États-Unis. Leur fragilité actuelle tient au fait qu’ils apparaissent comme potentiellement concurrencés, voire contournés, par des solutions technologiques plus rapides et plus automatisées fondées sur l’IA. Les fournisseurs de données sont eux aussi dans le viseur. Le potentiel de transformation lié à l’IA y est perçu comme considérable, notamment dans un environnement où l’exploitation massive des données devient centrale. Les résultats publiés hier par S&P Global accentuent les inquiétudes: l’action a décroché de 9,7%, entraînant dans son sillage MSCI (-7,8%), Moody’s (-6,8%), Verisk (-5%) et Broadridge (-5%).
On se penche sur la macro de ce mardi avec les ventes au détail américaines de décembre qui sont restées stables sur un mois alors que le consensus attendait une hausse de 0,4%. Les ventes du groupe de contrôle, qui entrent dans le calcul du PIB, reculent de 0,1% contre une hausse attendue de 0,4%. Les ventes baissent dans les magasins de meubles, d’habillement et chez les détaillants divers, tandis que les matériaux de construction enregistrent de bonnes performances. Les prix à l’importation augmentent de 0,1% sur un mois et les prix à l’exportation de 0,3%. L’indice du coût de l’emploi au quatrième trimestre progresse à un rythme annualisé de 0,7%, légèrement en dessous des attentes. L’indice de confiance des petites entreprises (NFIB) recule de manière inattendue en janvier.
Du côté de la Fed, Hammack (Cleveland, votante) estime que les taux pourraient rester inchangés assez longtemps, dans un contexte économique prudemment optimiste. Logan (Dallas, votante) considère que la politique monétaire se situe actuellement dans une zone neutre, mais envisage un assouplissement si le marché du travail devait se détériorer.
L’adjudication de 58 milliards de dollars d’obligations du Trésor à 3 ans se passe bien, avec une demande solide et un intérêt étranger en hausse par rapport à janvier.
Le rapport sur l’emploi de janvier qui sera publié aujourd’hui à 14h30 sera le principal événement macro de la semaine, avec des créations d’emplois attendues à +65’000 contre +50'000 en décembre. Plusieurs membres de la Fed doivent également s’exprimer. Le Trésor émettra 42 milliards de dollars d’obligations à 10 ans. Demain seront publiées les inscriptions hebdomadaires au chômage et les ventes de logements existants de janvier, tandis que 25 milliards de dollars d’obligations à 30 ans seront mis sur le marché. Vendredi, place à l’inflation de janvier: le CPI cœur (très important aussi) est attendu en hausse de 0,3% sur un mois et de 2,5% sur un an.
Au menu macro-économique de ce jour, le rapport mensuel sur l’emploi aux Etats-Unis, un discours de membre de la Fed (Bowman 16h15) et l’annonce mensuelle du budget des Etats-Unis (20h).
Dassault Systèmes vise en 2026 une croissance du chiffre d’affaires de 3% à 5% et marge opérationnelle comprise entre 32,2% et 32,6%. Stellantis envisage de sortir de sa coentreprise avec Samsung SDI dans les batteries. Renault pourrait produire jusqu'à 600 drones kamikazes par mois au Mans. Siemens Energy confirme ses prévisions 2026 après un bon premier trimestre fiscal. Heineken dépasse les prévisions, mais le brasseur anticipe une croissance plus lente pour 2026 et va licencier plusieurs milliers de personnes. Schindler améliore sa marge d'EBIT à 12,6% en 2025. SGS améliore son revenu et ses bénéfices en 2025. ThyssenKrupp Nucera enregistre une baisse des commandes en raison de la persistance d'un marché de l'hydrogène difficile. Paramount améliore son offre sur Warner Bros en proposant de prendre en charge les frais de rupture avec Netflix et d'autres frais. Par ailleurs, le fonds Ancora aurait bâti une position pour pousser à l'abandon de la transaction avec Netflix. Ford publie une lourde perte au quatrième trimestre et redoute le poids des droits de douane. La FDA a refusé d'examiner une demande d'autorisation de Moderna pour son premier vaccin contre la grippe basé sur la technologie de l'ARN messager.
Cette nuit et ce matin en Asie, les indices évoluent majoritairement dans le vert. Tokyo est fermée, Hong Kong grappille 0,25%, Shanghai 0,09%, Séoul monte de 1% et le Nifty50 égare 0,05%. Le future SPX et son compère NDX progressent légèrement de 0.2%, l’Europe ouvre autour de l’équilibre tandis que l’or se maintient au-dessus de 5000 dollars l’once, l’argent restant extrêmement volatil, l’once traite actuellement à 83,87 dollars.
Tout le monde sur le pont à 14h30 pour les payrolls!