Gonet: l'actualité des marchés au 10 février

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

3 minutes de lecture

Dow +0,04%, S&P 500 +0,47%, Nasdaq +0,90%, Russell +0,70%, SOX +1,42%, Eurostoxx +1,01%, SMI +0,11%.

Kevin Hassett, directeur du National Economic Council et principal conseiller économique à la Maison-Blanche, déclare hier que les chiffres mensuels de créations d’emplois aux États-Unis devraient être un peu plus faibles dans les mois à venir, sans que cela ne soit nécessairement un signe de faiblesse économique. Il explique qu’une croissance plus lente de la population, combinée à une productivité en hausse, signifie que le pays peut créer moins d’emplois chaque mois tout en conservant une croissance élevée du PIB. Il ajoute qu’il ne faut pas s’alarmer si les chiffres de l’emploi ressortent plus bas que d’habitude, car la situation est inhabituelle mais reste cohérente avec une économie qu’il juge dynamique.

Ces propos sont peut-être un détail pour vous, mais pour le marché ils veulent dire beaucoup, on se remet à taper sur le dollar sur les parquets de trading tout en achetant de la dette américaine, le 10 ans US recule à 4,18%. Les Fed Funds ont eux aussi reçu le message, ce matin ils prédisent 60% de probabilités d’une baisse de 25 points de base par la Fed le 17 juin. De là à dire que ce repli des rendements US permet à Wall Street d’enchainer après sa puissante hausse de vendredi, il y a un pas que votre serviteur franchit allègrement.

Le vénérable Dow Jones marque une pause bien méritée hier, mais grappille tout de même quelques miettes et établit de ce fait un nouveau record historique à la cloche. On recherche à nouveau les valeurs de logiciels, les mastodontes de la tech se comportent bien dans leur ensemble, à l’exception d’Amazon et Apple. Le podium du jour du S&P500 (SPX) se compose de la tech, des materials et de l’énergie. Le breadth est légèrement positif et la volatilité se replie légèrement (VIX -2% à 17,36). Ceci dit la volatilité implicite de nombreux titres reste élevée. Le marché continue de disséquer les résultats trimestriels de sociétés, tout en se préparant à deux échéances macro importantes cette semaine, le rapport mensuel sur l’emploi aux Etats-Unis demain et l’indice des prix à la consommation (CPI) vendredi.

De l’autre côté de l’Atlantique, sans faire de bruit le Stoxx Europe 600 (SXXP) poste un nouveau record historique à la cloche hier soir. Depuis le début de l’année l’énergie, les matériaux de base et les utilities sont en grande forme, à l’inverse de la consommation cyclique, luxe et automobiles surtout.

À ce propos, on constate de plus en plus nettement que Wall Street se détourne progressivement des seules actions américaines pour chercher des opportunités moins chères à l’international. Après des années de surperformance des grandes valeurs américaines, un nombre croissant d’investisseurs parie que l’avance des États-Unis sur les autres marchés actions mondiaux va se réduire. Plusieurs facteurs soutiennent ce mouvement : des valorisations jugées élevées aux États-Unis, un dollar plus faible, ainsi que des dynamiques positives à l’étranger, comme le stimulus budgétaire au Japon ou l’augmentation des dépenses militaires en Europe. Beaucoup d’investisseurs cherchent aussi à se diversifier, car les indices américains sont fortement concentrés sur quelques grandes valeurs technologiques.

En 2026, plusieurs marchés internationaux surperforment déjà les indices américains, notamment l’Europe, la Corée du Sud, les marchés émergents et le Japon, où le Nikkei atteint de nouveaux records. Sur l’ensemble de l’année passée, les actions mondiales hors États-Unis affichent une performance bien supérieure à celle du SPX.

Les flux confirment cette tendance: en janvier, plus de 50 milliards de dollars ont été investis dans des ETF actions internationales, un niveau en forte hausse depuis fin 2024. De nombreux gérants renforcent leurs positions en Europe, au Japon et en Chine, attirés par des valorisations plus basses et davantage de sources de performance.

La baisse du dollar joue un rôle clé, car elle améliore les rendements des investissements étrangers pour les investisseurs américains. Elle est aussi perçue par certains comme un signal de moindre confiance dans l’économie et les marchés américains, notamment dans un contexte de tensions commerciales, de dette publique élevée et d’incertitudes politiques. Pour autant, il ne s’agit pas d’un nouveau «Sell America». La plupart des professionnels interrogés par le Wall Street Journal continuent de croire que les États-Unis resteront un moteur majeur des marchés actions mondiaux, mais probablement avec une avance moins marquée qu’au cours des dernières années. L’idée dominante dans les salles de marchés n’est donc pas de sortir des États-Unis, mais de rééquilibrer les portefeuilles vers une approche plus globale et plus diversifiée.

On se penche sur la macro de ce début de semaine avec Stephen Miran qui déclare que les droits de douane permettent des taux plus bas au fil du temps et ne pense pas que la domination budgétaire sera un problème.

Donald Trump se rendra à Pékin au cours de la première semaine d'avril pour rencontrer Xi Jinping, selon Politico.

Au menu macro-économique de ce mardi, le taux de chômage en France au quatrième trimestre, qui ressort au-dessus des prévisions, puis aux Etats-Unis les ventes au détail et les prix à l’importation au mois de décembre, ainsi que deux discours de membres de la Fed, Hammack à 18h CET et Logan à 19h.

Kering espère redresser la barre après des résultats en berne en 2025. Le titre bondit de 13% dans les premiers échanges ce matin. Antoine Arnault promu au comité exécutif de LVMH. Par ailleurs, le groupe nomme Véronique Courtois PDG de Parfums Christian Dior et de la division beauté. Alstom met en service 76 véhicules légers Flexity à Toronto. UBS a pour option privilégiée d'être une banque mondiale basée en Suisse, selon son CEO, après les rumeurs d'un éventuel départ aux USA. La FDA met en cause Novo Nordisk pour publicité télévisée mensongère. Alphabet a attiré beaucoup d'investisseurs dans le cadre d'un placement obligataire de 20 milliards de dollars et prévoit de placer une obligation à 100 ans en livre sterling, ainsi qu'une opération en franc suisse. Amazon discuterait avec les éditeurs d'une place de marché dédiée au contenu IA, selon The Information. Meta et YouTube (Alphabet) en procès en Californie pour avoir organisé l'addiction de jeunes utilisateurs. Salesforce a discrètement licencié des employés dans le cadre d'une nouvelle vague de réductions d'effectifs, selon Business Insider. Le chiffre d'affaires de TSMC bondit de 37% en janvier.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en hausse. Tokyo grimpe de 2,28% supplémentaires à la cloche, Hong Kong grappille 0,47%, Shanghai prend 0,13%, Séoul 0,07% et le Nifty50 avance de 0,19%. Le future SPX est inchangé, l’Europe fait de même dans les premiers échanges.

L’or se maintient au-dessus de 5000 dollars l’once. L’argent reste extrêmement volatil, l’once évolue actuellement à 81,67 dollars, elle voit un support intéressant à 64,27 dollars.

La paire EUR/USD est repassée légèrement au-dessus de 1,1900 après les propos de Kevin Hassett, elle regarde 1,2000 puis 1,2081.

A lire aussi...