Gonet: l'actualité des marchés au 9 février

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow +2,27%, S&P 500 +1,97%, Nasdaq +2,18%, Russell +3,60%, SOX +5,7%, Eurostoxx +1,23%, SMI +0,27%.

Vous projetez d’emmener vos enfants à Disneyland Paris? Oubliez ce projet du passé, faites-leur plutôt vivre une semaine à Wall Street, émotions et swings garantis avec retour en presque douceur à la case départ le vendredi soir.

Après une semaine de fortes baisses, surtout dans les valeurs logicielles et technologiques, les principaux indices américains d’actions rebondissent fortement vendredi : le vénérable Dow Jones met tout le monde d’accord, gagne plus de 1200 points et dépasse pour la première fois les 50’000 points à la cloche (T-Shirts, casquettes etc…) tandis que le S&P500 (SPX) termine la semaine presque inchangé, on croit rêver. Ce sursaut ne dissipe toutefois pas la nervosité des investisseurs, toujours préoccupés par l’impact potentiellement plus large que prévu de l’intelligence artificielle et par la capacité des entreprises à rentabiliser leurs investissements massifs. Le scepticisme persiste, illustré par la chute d’Amazon vendredi (AMZN -5,55%) après l’annonce de lourdes dépenses liées à l’IA et par le recul d’Alphabet (GOOG -2,48%). Les marchés avancent prudemment dans l’attente de données clés sur l’emploi et l’inflation cette semaine, alors que les hedge funds semblent réduire leur exposition aux valeurs technologiques et que certains investisseurs se repositionnent vers des secteurs plus défensifs. Malgré des attentes de croissance des bénéfices en 2026, la faiblesse récente des indicateurs macro-économiques et la forte dispersion entre secteurs alimentent l’idée que la volatilité pourrait prendre ses aises parmi nous, même si celle du VIX recule brutalement vendredi, de 18% à 17,76, en revanche la volatilité implicite de nombreux titres reste élevée.

Le SPX rebondit pile sur sa moyenne mobile à 100 jours, il en profite pour récupérer sa 50 jours vendredi, sans être suracheté. Son podium du jour se compose de la tech, des industrielles et de l’énergie. Le breadth est sans appel avec un 4-1 positif pour le SPX et le NDX, dans des volumes d’échanges plutôt stables. L’indice S&P500 équipondéré (SPW) sous-performe légèrement le SPX vendredi, en revanche il poste un nouveau plus haut de tous les temps à la cloche, signe que les opérateurs ne se limitent plus aux mastodontes de la tech comme dans un passé récent mais s’intéressent désormais à toute la cote, un phénomène sain et plutôt rassurant. Les valeurs liées à l’intelligence artificielle rebondissent, les semi-conducteurs décollent de près de 6%, on ne peut s’empêcher de trouver ce rallye suspect, voyez d’ailleurs les comportements diamétralement opposés de certains membres des sept magnifiques. Gardez aussi en tête que la configuration technique du Nasdaq100 (NDX) reste plutôt fragile, contrairement à ses pairs il ne parvient pas à récupérer ses moyennes mobiles à 100 et 50 jours, on lui laissera tout de même le bénéfice du doute, il repasse au-dessus des 25'000 points vendredi soir.

En Europe, la solide croissance des bénéfices des entreprises ne se reflète pas dans la performance des indices, les investisseurs deviennent très sélectifs. Alors qu’une large part des sociétés a publié des résultats globalement bons, les marchés sanctionnent fortement la moindre faiblesse dans les perspectives, ce qui creuse l’écart entre gagnants et perdants. La dispersion entre les actions est exceptionnellement élevée et les corrélations restent faibles, accentuées par les rotations sectorielles. Selon Goldman Sachs, cette situation s’explique par des facteurs très différenciés selon les entreprises: impact inégal de l’IA, risques géopolitiques, dépenses de défense, tensions commerciales et évolution du dollar. Les performances sont donc surtout tirées par des dynamiques propres aux titres, tandis que les indices européens progressent peu. Plusieurs secteurs, notamment les logiciels, services de données et gestion d’actifs, ont fortement corrigé face aux craintes liées à l’IA, surtout en raison de risques sur les marges à moyen terme. Pourtant, les résultats restent solides: les entreprises du Stoxx 600 affichent une croissance des bénéfices de 8% au quatrième trimestre, avec une majorité dépassant les attentes. Les réactions boursières demeurent toutefois négatives, car les perspectives pour 2026 ne justifient pas toujours les valorisations élevées. La visibilité sur les bénéfices devient cruciale, d’autant que la hausse de l’euro et des taux longs constitue un frein. Cette tension se traduit par une forte volatilité autour des publications, malgré la résilience globale des indices.

Côté marché obligataire, les investisseurs vendent la dette US à nouveau, le rendement du 10 ans remonte de 4,16% vendredi à 4,23% ce matin, il se retrouve donc pile sur sa moyenne mobile 200 jours. En parallèle, les prévisions des Fed Funds augmentent légèrement au sujet d’une baisse de taux par la Fed le 17 juin (55%), cela ne reflète pas une conviction forte mais ça progresse. Au chapitre des monnaies, l’euro repart à la hausse contre le dollar, la paire EUR/USD traite ce matin à 1,1861. Après une chute de 9% en 2025, le dollar reste en baisse depuis le début de 2026, les investisseurs sont méfiants face à l’incertitude politique, aux menaces de droits de douane et à la perspective d’une politique monétaire plus accommodante sous l’influence de Donald Trump. Cette perte de confiance pousse les marchés à se diversifier vers d’autres devises comme l’euro ou le franc suisse, ainsi que vers l’or et les matières premières, même si le dollar demeure pour l’instant la principale monnaie de réserve mondiale.

L’or et l’argent repartent à la hausse en ce lundi matin. L’once de métal jaune est de retour à 5029 dollars, tandis que le métal gris revient à 82 dollars. Petit message à l’attention des apprentis sorciers en argent, sa volatilité évolue au plus haut de tous les temps ce matin, n’hésitez pas à porter casque, airbag intégré et protège-un-peu-tout si vous vous lancez dans l’aventure.

Les indicateurs macroéconomiques de la fin de semaine passée envoient des signaux contrastés. L’indice préliminaire de confiance des consommateurs de l’Université du Michigan ressort meilleur que prévu, grâce à une amélioration de la composante sur la situation actuelle, même si les anticipations des ménages se dégradent légèrement. Point positif notable, les anticipations d’inflation à un an reculent de 0,5 point de pourcentage à 3,5%, leur plus bas niveau depuis janvier 2025. Du côté de la Réserve fédérale, Mary Daly (Fed de San Francisco) souligne que la banque centrale doit rester attentive aux deux volets de son mandat, inflation et emploi, dans un contexte économique qu’elle juge fragile. Le vice-président de la Fed, Philip Jefferson, soutient pour sa part la décision récente de maintenir les taux inchangés, estimant que la politique monétaire actuelle devrait contribuer à stabiliser le marché du travail tout en permettant à l’inflation de reprendre sa trajectoire baissière vers l’objectif.

Au Japon, la première ministre Sanae Takaichi remporte la plus large victoire électorale du Japon depuis l’après-guerre; le Nikkei progresse de 4%, le yen recule dans un premier temps puis se renforce désormais de 0,5% à 156,77.

La Chine exhorte les banques à réduire leur exposition aux bons du Trésor américain en raison des risques de marché.

L’Iran qualifie les discussions nucléaires avec les États-Unis de «pas en avant».

Au Royaume-Uni Keir Starmer fait face à une lutte pour sa survie politique après la démission de son principal conseiller, sur fond de controverse liée à la nomination de l’ancien envoyé américain Peter Mandelson. Selon des sources proches du dossier, un groupe de ministres pourrait l’exhorter discrètement à quitter ses fonctions. Les hedge funds renforcent leurs paris baissiers contre la livre sterling.

Au menu macro-économique de ce lundi, un discours de la présidente de la BCE Christine Lagarde (17h CET), un autre de Christopher Waller de la Fed (19h) et de Raphael Bostic de la Fed (21h30).

La société Automotive Cells Company (ACC), détenue par Stellantis, Mercedes et TotalEnergies, a abandonné ses deux projets d'usine de batteries en Italie et en Allemagne. Stellantis continuera en tant qu'entreprise intégrée, a déclaré le CEO pour mettre fin aux spéculations concernant la vente de marques ou la scission de l'entreprise. Elon Musk annonce que le poids-lourd Tesla bénéficiera d'une production en série cette année. Apple prévoit d'autoriser les chatbots IA à commande vocale externes dans CarPlay, selon Bloomberg. Le groupe devrait par ailleurs lancer une offensive produit en 2026 avec l'iPhone 17e, des iPad améliorés et de nouveaux Mac, selon Bloomberg. Samsung Electronics flambe de plus de 5% en bourse après l'annonce de la mise en production prochaine de puces mémoire HBM4.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en nette hausse. Tokyo gagne 3,89% à la cloche, Hong Kong monte de 1,76%, Shanghai avance de 1,41%, Séoul décolle de 4,1% et le Nifty50 progresse de 0,62%. Le future SPX traite autour de l’équilibre, l’Europe monte de 0,4% dans les premiers échanges.

Cette semaine, au-delà des toujours nombreuses publications de résultats de sociétés, le marché se concentrera sur le rapport mensuel de l’emploi aux Etats-Unis mercredi, puis sur l’indice des prix à la consommation vendredi.

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