2025, une année volatile mais dans le vert
Après un début d’année solide, l’annonce de nouveaux droits de douane par le président Trump le jour de la Libération avait provoqué des corrections parfois sévères. Après une chute de près de 20% de l’indice mondial des actions en francs suisses entre mars et avril, les marchés ont été portés par les baisses de taux des banques centrales, l’espoir d’un apaisement géopolitique et l’euphorie autour de l’intelligence artificielle (IA). De nombreuses classes d’actifs ont pu atteindre de nouveaux sommets historiques au second semestre. Les investisseurs qui ont fait preuve de patience et sont restés fidèles à leur stratégie ont ainsi pu profiter de cette dynamique.
Une véritable épreuve de vérité nous attend en 2026
Après trois années boursières solides, plusieurs questions en suspens retiendront l’attention: les mesures de relance budgétaire stimuleront-elles comme prévu la conjoncture mondiale? Les banques centrales plaideront-elles en faveur de nouveaux assouplissements monétaires? L’euphorie autour de l’IA va-t-elle durer ou céder la place à une (temporaire) désillusion? Comment évolueront les incertitudes géopolitiques et commerciales? D’autres poussées inflationnistes seront-elles à anticiper? Ces divers facteurs marqueront sensiblement les marchés financiers en cette nouvelle année.
2026 devrait être marquée par une volatilité accrue et des rotations sectorielles rapides.
L’impact du renchérissement et des taux bas
Aux États-Unis, l’inflation reste tenace avec un taux annuel qui se situait entre 2,6 et 2,7% fin décembre 2025. Les droits de douane plus élevés se répercutent sur les consommateurs sous forme de hausses de prix. Parallèlement, l’industrie perd en dynamisme. Bien que de nombreux droits douaniers aient été réduits, ils restent supérieurs au niveau de début 2025. Pour 2026, nous anticipons une inflation persistante d’environ 3%, soit bien au-dessus de l’objectif de 2% fixé par la Réserve fédérale américaine, ce qui limite sa marge de manœuvre. Par ailleurs, le contexte politique dans le pays accentue la pression sur la Fed. En effet, le mandat de Jerome Powell prendra fin en mai, et Donald Trump nommera un président de son choix. Toutefois, les décisions de la Fed sur les taux d’intérêts ne dépendent pas d’une personne, mais de douze membres qui composent le comité de politique monétaire et qui votent sur la fixation du taux directeur. En Suisse et en Europe, les cycles de baisse des taux semblent être terminés. Nous anticipons que la Banque nationale suisse maintiendra une longue phase avec un taux directeur à 0%. Les obligations d’État et les dépôts ne génèrent actuellement plus de rendement car, après inflation, les rendements réels sont négatifs. Pour protéger et faire croître son patrimoine, il faudra alors rechercher activement des alternatives.
Un panier bien garni et de qualité
Les obligations restent peu attractives en termes de rendement (0,5% à 1,5% pour des obligations suisses de qualité). Elles contribuent néanmoins à la stabilité d’un portefeuille et ne doivent pas être négligées. Il s’avère intéressant de privilégier les obligations des marchés émergents: après couverture du risque de change, elles offrent un rendement d’environ 3%.
Par ailleurs, en période de volatilité accrue, il est judicieux de privilégier les valeurs réelles, telles que l’immobilier, les actions ou les métaux précieux. Portés par des taux bas et une demande supérieure à l’offre, les fonds immobiliers suisses offrent actuellement un rendement sur distribution d’environ 2%. Après trois années de hausse consécutive, les valorisations des actions sont élevées. Leur sélection devient alors cruciale. 2026 constituera une année de test pour la rentabilité des valeurs technologiques. Des actions solides et à dividendes, en particulier en Suisse (rendement d’environ 3% pour le Swiss Performance Index avec une distribution record attendue) sont à privilégier. Le secteur de la santé (pharma, medtech) est prometteur grâce aux évolutions démographiques et à des valorisations attractives. Enfin, l’or, dans la lignée des autres métaux précieux tels que l’argent, le platine et le cuivre, a récemment atteint des sommets historiques. Porté par une demande soutenue et les banques centrales des pays émergents qui ont acheté massivement de l’or pour réduire leur dépendance au dollar, le métal jaune a affiché d’excellent résultats et a été l’une des meilleures classes d’actifs en 2025 (+45% en CHF). Cette tendance, toutefois moins marquée, devrait se poursuivre. Enfin, un éventuel cessez-le-feu en Ukraine améliorerait fortement le climat général et offrirait des opportunités de reconstruction.
2026 devrait être marquée par une volatilité accrue et des rotations sectorielles rapides. Dans un tel environnement, une gestion active du portefeuille, incluant un rééquilibrage des pondérations, et une large diversification seront les clefs du succès en cette nouvelle année.