Les marchés boursiers ne se laissent pas impressionner par les récents développements géopolitiques ni par la politique douanière erratique menée par l’administration Trump. A l’heure actuelle, le marché américain des actions enregistre, en comparaison historique, de très fortes valorisations. Emmenées par les «sept magnifiques» qui investissent massivement dans l’intelligence artificielle (400 milliards de dollars US en 2025), les valeurs des groupes technologiques américains ont enregistré de fortes hausses. Présentant une capitalisation boursière de 4’300 milliards de dollars, le fabricant de puces Nvidia est actuellement l’entreprise la plus chère au monde. A titre de comparaison, l’ensemble du marché boursier suisse – mesuré par le Swiss Performance Index (SPI) – représente une capitalisation totale de 1’600 milliards de francs suisses. Sur la base du taux de change actuel, la valorisation de Nvidia est donc plus de deux fois supérieure à celle de toutes les entreprises cotées à la bourse suisse, qui compte tout de même des groupes mondiaux comme Nestlé, Roche et Novartis.
Assiste-t-on à la formation une nouvelle bulle spéculative?
A raison, on pourrait se demander si l’engouement actuel pour l’intelligence artificielle (IA) n’est pas en train de créer pas une bulle spéculative. Divers indicateurs de valorisation plaident en ce sens. Ainsi, le ratio cours / valeur comptable (C/VC), qui rapporte les cours à la substance effective des entreprises, c’est-à-dire leur valeur comptable, évolue pour l’indice S&P 500 à un niveau comparable à celui atteint au plus fort de la bulle Internet, en mars 2000. Penchons-nous de plus près sur la situation d’alors et celle que nous vivons aujourd’hui. A cette époque, l’infrastructure Internet, tant la bande passante que les équipements ou encore son utilisation, en était encore à ses débuts. Aujourd’hui, le cloud, les données et le matériel (GPU, TPU) font leurs preuves et permettent d’ores-et-déjà un déploiement rapide et à grande échelle des solutions IA. Par ailleurs, la bulle de l’an 2000 avait alors été alimentée par l’enthousiasme qui régnait autour du potentiel d’Internet: les entreprises avec la mention .com dans leur nom attiraient des investissements massifs, même sans disposer de modèles économiques solides. Porté par les avancées en intelligence artificielle, notamment l’IA générative, l’engouement que nous vivons actuellement repose sur l’automatisation des processus, les gains de productivité et la profonde transformation de certains secteurs.
Séparer le bon grain de l’ivraie
La prudence reste de mise. Toutefois, il est bien connu que les marchés des actions évoluent à la hausse sur le long terme. Cette tendance ne suit certes pas une ligne droite mais prend la forme de vagues, dont les variations sont plus ou moins fortes. Dans un tel environnement, une gestion active du portefeuille, avec des actions soigneusement sélectionnées, est plus que jamais essentielle. Enfin, certains secteurs et des régions présentent des titres de qualité et de croissance dont le potentiel de rendement est avantageux. C’est par exemple le cas des secteurs pharmaceutique et des technologies médicales mais aussi des assureurs qui, en tant que prestataires de services, ne sont que peu touchés par les droits de douane américains. Et y ajouter des dividendes attractifs constitue la cerise sur le gâteau.