Un vaste train de mesures pour relancer la croissance des Etats-Unis
Le 5 novembre 2024, Donald Trump a été nommé 47e président des Etats-Unis et la question de la migration montre qu’il s’emploie à tenir ses promesses électorales. Son gouvernement s’en prend sévèrement aux immigrés clandestins, et cela a un effet dissuasif puisque les franchissements de frontières sont en baisse.
Le président a également mis ses menaces en matière de politique douanière et commerciale à exécution. Même si son approche erratique a secoué le monde, de nombreux accords bilatéraux ont été entérinés. En Suisse, le Conseil fédéral a récemment annoncé que de nouveaux droits de douane revus à la baisse, passant de 39 à 15%, pourraient entrer en vigueur prochainement. Bien que de nombreux pays s’en sortent bien, la confiance envers les Etats-Unis est globalement affectée. Vues sous un angle trumpiste, les mesures entreprises portent leurs fruits, car les recettes douanières sont montées en flèche (illustration 1). Une extrapolation montre qu’elles devraient permettre de réduire de 15 à 20% le déficit public des USA qui s’élève actuellement à 1’800 milliards de dollars.
Illustration 1: La politique douanière de Donald Trump porte ses fruits pour les USA

Un bilan nuancé
Les consommatrices et consommateurs américains ne devraient guère se réjouir à moyen terme, car ce sont eux qui paieront in fine la note de la hausse des prix. Il est toutefois intéressant de noter que la consommation interne aux Etats-Unis reste actuellement forte. Toute d’abord, cela s’explique par le fait que de nombreuses importations avaient été anticipées et qu’aucun droit de douane n’a donc encore été prélevé sur les produits actuellement commercialisés. Ensuite, les droits à l’importation sont en partie supportés par les entreprises. Ce sont, dans ce cas, les actionnaires qui sont invités à mettre la main au portefeuille. Néanmoins, les économistes considèrent le risque d’une inflation tenace comme le plus grand danger pour l’économie américaine. En effet, l’inflation a persisté au cours des 12 derniers mois au-dessus du niveau de 2% fixé par la banque centrale. En constante augmentation depuis avril 2025, elle a même atteint 2,9% en août (illustration 2).
Illustration 2: Tenace, l’inflation américaine...
... augmente de nouveau depuis avril

Evolution de l’inflation américaine par rapport au même mois de l’exercice précédent.
Sources: Bloomberg, CIO Office Raiffeisen Suisse
Un billet vert en chute libre
La forte dépréciation du dollar reflète une perte de confiance envers les Etats-Unis. Il a perdu environ 8% par rapport au franc suisse depuis l’élection de Donald Trump et environ 15% depuis l’entrée en fonction de ce dernier en janvier. L’euphorie qui a suivi les élections n’a donc été que de courte durée. Les banques centrales et les investisseuses et investisseurs ont réduit leur dépendance à la monnaie américaine: au cours des derniers mois, ils ont vendu leurs positions en dollar pour les remplacer notamment par des positions en or, en euro ou en franc. Il est clair que la volatilité sur les marchés financiers restera élevée pendant les trois prochaines années du mandat de Donald Trump.
Pendant ce temps, le marché des actions américain reste de marbre. Tous les indices américains sont largement positifs. Par souci d’exhaustivité, il convient toutefois de mentionner que le rendement en francs est atténué par les pertes de change. Une fois de plus, les bourses ont été tirées vers le haut par l’intelligence artificielle. Celle-ci est fortement encouragée par le gouvernement de Donald Trump dans le cadre du projet Stargate, pour lequel des investissements à hauteur de 500 milliards de dollars ont été réalisés. Déjà annoncé en janvier, le projet est mis en œuvre sous la direction des groupes technologiques OpenAI, Oracle et Softbank. Par conséquent, les valorisations ont continué à croître, en particulier dans le secteur technologique, ce qui amène certains observateurs à évoquer une possible bulle spéculative.
Si le comportement erratique et les activités gouvernementales du locataire de la Maison blanche peuvent être controversés, leurs conséquences pour les investisseurs et la conjoncture américaine ne se font sont actuellement pas sentir. Finalement, ce qui compte bel est bien en bourse, est la santé des entreprises. Quant aux annonces des responsables politiques, leur effet ne dure jamais bien longtemps.