Gonet: l'actualité des marchés au 5 janvier

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow +0,66%, S&P 500 +0,19%, Nasdaq -0,03%, Russell +1,06%, SOX +4,01%, Eurostoxx +1,02%, SMI fermé.

Le monde de la finance revient doucement aux affaires, comme chaque début d’année voyons un peu ce que le cru 2025 nous a réservé.

Premier constat, en 2025 le marché s’est mis à la danse classique, il est désormais capable de réaliser un grand écart, de performance en l’occurrence, propulsant l’argent de 148% en un an, tandis que le cacao est jeté aux orties et chute de 47%. Heureusement que suis passé chez Lindt pour le leur dire, ils n’avaient manifestement pas eu l’info. La performance de 2025 de l’argent est de loin la meilleure de toutes, elle a été probablement permise par un souci croissant de dé-trumpiser les portefeuilles, son rôle de valeur refuge (incertitudes géopolitiques, sur la dette publique, questions sur la solidité du système financier), l’affaiblissement du dollar l’an passé a aussi joué un rôle, tout comme les perspectives de baisses de taux de la Fed. Un autre moteur clé est de la demande industrielle. L’argent est un métal stratégique pour la transition énergétique: panneaux solaires, véhicules électriques, électronique de puissance, semi-conducteurs. En 2025, la demande liée au photovoltaïque et aux technologies vertes est restée très soutenue, alors que l’offre minière progressait peu, créant des tensions structurelles sur le marché. En parallèle, l’effet de rattrapage a été important. Le ratio or/argent était historiquement élevé fin 2024, signalant que l’argent était très en retard par rapport à l’or. De nombreux investisseurs ont alors arbitré en faveur de l’argent, jugé moins cher et offrant un potentiel de hausse plus important, ce qui a amplifié le mouvement. Enfin, l’aspect spéculatif n’est pas à négliger. Une fois la tendance clairement enclenchée, les flux vers les ETF adossés à l’argent et les positions acheteuses sur les marchés à terme ont accentué la dynamique, rendant la hausse plus rapide et plus violente que sur d’autres classes d’actifs. Il suffit de voir comment la résistance supposée ultra solide de 50 dollars par once a volé en éclats, peu après avoir été testée pour la première fois à la mi-octobre.

L’or réalise pour sa part une progression de 66.5% sur l’année, pour les mêmes raisons que l’argent, la partie industrielle exceptée.

Sur le front des actions, la palme de 2025 revient à la Corée du Sud (+75,6%), le bonnet d’âne étant remis à la bourse de Copenhague, qui perd pas mal de poids et recule de 23,5%. Pour être honnête, cette contre-performance n’est pas uniquement due à Novo Nordisk, Orsted aussi pèse fort sur la cote l’an passé, les velléités de qui vous savez de s’emparer du Groenland n’ont certainement pas aidé non plus. Au chapitre des principaux indices, le Stoxx Europe 600 (SXXP) affiche une performance annuelle de 16,7%, légèrement supérieure à celle du S&P500 (SPX), qui se «contente» de 16,4%. Toutefois, pour un investisseur européen non protégé contre les fluctuations de change, l’écart réel est bien plus marqué. L’appréciation de l’euro face au dollar, de l’ordre de 12,9% sur l’année, ampute fortement le rendement des placements libellés en devise américaine. Concrètement, un ETF répliquant fidèlement le Stoxx Europe 600 délivre près de 16,7% de performance, tandis qu’un ETF exposé au SPX n’a dégagé qu’environ 4% une fois l’effet de change pris en compte.

Quant à notre bon vieux SMI (Swiss Market Index), il s’offre un très joli cru 2025  avec un total return de 18,04%, pas mal pour un indice quasiment dénué de tech.

D’un point de vue technique, le SPX reste bien orienté, il évolue à 6858 points contre sa moyenne mobile à 50 jours à 50 jours à 6805 pts. Le Nasdaq100 (NDX) pour sa part rencontre un peu plus de peine, il traite à 25'206 pts contre sa 50 jours à 25'326 pts. La volatilité reste faible, le VIX se situe à 15,12, il a de la place jusqu’à 12,70. En Europe cela se passe nettement mieux, le Stoxx Europe 600 (SXXP) accélère actuellement à la hausse, il est entré en territoire suracheté et s’attaque ce matin au niveau de 600 points. Côté monnaies le dollar tente de relever la tête, le Dollar Index (DXY) essaie actuellement de récupérer sa 100 jours, la paire EUR/USD traite à 1,1681, sa 100 jours évolue à 1,1665. Au chapitre obligataire le rendement du 10 ans US n’a guère évolué pendant les fêtes de fin d’année, il se situe ce matin à 4,17%, son principal support reste 4,00%, dans l’intervalle il devra se frotter à la 50 jours qui évolue actuellement à 4,10%.

On se penche maintenant sur les indicateurs internes de marché avec SentimenTrader qui dresse un tableau globalement constructif mais nuancé pour début 2026: les indicateurs de tendance, de liquidité et de risque restent majoritairement favorables aux actifs risqués, ce qui plaide pour une poursuite de la hausse des actions à moyen et long terme, portée par la monétisation de l’IA, le potentiel de rattrapage des small caps et de bonnes opportunités hors des États-Unis, mais le court terme apparaît plus fragile en raison de l’échec du «Santa Claus Rally», de valorisations élevées et d’incertitudes macroéconomiques, suggérant davantage de volatilité. Les obligations offrent surtout du rendement, avec peu de potentiel de hausse des prix dans un contexte de déficits massifs et de rendements durablement élevés. Les matières premières restent très divergentes: l’or conserve un rôle central de protection et de diversification malgré un sentiment élevé, tandis que le pétrole fait face à des vents contraires structurels, même si l’essence pourrait rebondir à court terme. Le bitcoin et les cryptos montrent des signaux techniques plutôt négatifs à court terme. En résumé, le contexte favorise une exposition aux actions et aux actifs risqués sur l’horizon moyen-long, tout en imposant prudence et gestion du risque à court terme (source: sentimentrader).

Retour aux affaires donc en ce lundi 4 janvier, l’actualité est déjà brûlante, notamment sur la partie géopolitique. Les thèmes qui vont occuper le marché ces prochains jours devraient tourner autour de l’appétit conquérant du grand blond aux idées noires, après le Vénézuéla à qui le tour? Cuba? Le Groënland (Danemark)? Panama? Le Canada? On ne peut aussi s’empêcher de penser à Taiwan, sur laquelle la Chine a des vues depuis longtemps. Bref, le prix Nobel de la paix prend manifestement de plus en plus forme. La macro US reste très importante, directement liée à la Fed et sa politique monétaire. À ce sujet le mois de mai approche, qui verra un nouveau ou une nouvelle boss reprendre les rênes de la principale banque au monde, là encore un sujet important pour les intervenants. Côté entreprises on voudra savoir au plus vite si la frénésie autour de l’IA perdure, tandis que l’on devrait bientôt apprendre si les droits de douane du président des Etats-Unis sont légaux ou non. La Cour Suprême doit statuer à ce sujet dans les prochains jours.

La présidente par intérim Delcy Rodríguez invite les États-Unis à coopérer avec le Venezuela dans le cadre d’une relation «équilibrée et respectueuse». Le président américain déclare que Washington coopère, mais qu’il a besoin d’un «accès total» au pays sud-américain, affirmant que «c’est nous qui commandons». Le raid américain et la capture de Nicolás Maduro mettent le monde en alerte sur le nouvel ordre mondial voulu par le locataire de la Maison-Blanche. Son plan pour le pétrole vénézuélien pourrait coûter plus de 100 milliards de dollars. Les États-Unis utilisent le levier pétrolier pour faire pression en faveur de nouveaux changements au Venezuela, déclare Marco Rubio, dans le but de remodeler l’Amérique latine à l’avantage de Washington.

L’OPEP+ accepte de maintenir sa production de pétrole inchangée jusqu’en mars malgré les turbulences des marchés mondiaux. Des délégués indiquent que le Venezuela n’est pas abordé lors de cette brève réunion.

La Première ministre danoise avertit Donald Trump de cesser de menacer de prendre le contrôle du Groenland, soulignant qu’il bénéficie de la protection de l’OTAN. Le président américain réaffirme que les États-Unis ont besoin de ce territoire pour leur sécurité nationale.

Volodymyr Zelensky déclare que les États-Unis se joindront à l’Union européenne pour des discussions à Paris demain sur les garanties de sécurité pour l’Ukraine. Dans le même temps, qui vous savez exprime sa frustration à l’égard de Vladimir Poutine concernant la guerre et déclare qu’il ne croit pas à une attaque ukrainienne contre la résidence de Poutine.

Au menu macro-économique du jour, aux Etats-Unis, l'indice ISM manufacturier de décembre sera publié à 16h00.

Avolta finalise un rachat d'actions pour un montant de 200 millions de francs suisses.  SGS rachète l'indien Panacea Infosec. Tesla cède la couronne de premier producteur mondial de véhicules électriques à BYD. Le film Avatar: Fire and Ash de Walt Disney a dépassé le milliard de dollars de recettes mondiales. L'autorité antitrust brésilienne ouvre une enquête sur les services cloud de Microsoft. La pénurie de puces mémoire est «sans précédent» et «dramatique», selon le co-CEO de Samsung Electronics. Baidu dévoile son projet de scission et d'introduction en bourse à Hong Kong de sa division spécialisée dans les puces IA. Standard Robots (Wuxi) a déposé un dossier d'introduction en bourse à Hong Kong. Honda prolonge de deux semaines la suspension de sa production en Chine, selon Nikkei.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en hausse hormis le Nifty50 qui abandonne 0,38%. Tokyo gagne 2,97%, Hong Kong grappille 0,03%, Shanghai prend 1,38% et Séoul décolle de 3,43%. L’upgrade de Goldman Sachs sur Taisan Semiconductor n’est pas passé inaperçu, la banque d’affaires New Yorkaise relève son objectif de cours sur le titre de 35%, le titre décolle de plus 5%. «Nous considérons l’IA comme un moteur de croissance sur plusieurs années pour TSMC, avec des tensions sur les capacités qui devraient persister jusqu’en 2027, car la croissance exponentielle de la consommation de tokens continue de maintenir la demande de silicium en avance sur l’offre», écrivent les analystes de Goldman Sachs, des mots qui constituent de la musique aux oreilles des taureaux.

L’or traite à 4430 dollars l’once, le pétrole à 56,53 dollars le baril de WTI Light Crude.

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