L’industrie exportatrice souffle un peu

Marc Brütsch, Swiss Life Asset Managers

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En 2025, notre prévision d’un retour passager à une inflation nulle en Suisse s’est vérifiée. Nous tablons sur une légère hausse courant 2026, mais au plus tôt sur 2027 pour des valeurs supérieures à 1%.

Conjoncture

Outre les effets négatifs attendus des tarifs, un effet exceptionnel a pesé fin 2025 sur la balance commerciale. Les travaux de maintenance dans la centrale nucléaire de Gösgen ont fait lourdement chuter la production électrique nationale, principalement compensée par des importations depuis la France. Cette dépendance exceptionnelle durera jusqu’au premier trimestre 2026 et exige en elle-même un léger abaissement de la prévision de croissance. A l’inverse, l’accord trouvé avec Washington aura un effet positif. Les incitations pour les entreprises exportatrices à délocaliser leur production vont notamment disparaître.

Toutefois, les livraisons anticipées par les exportateurs suisses pour éviter les tarifs font que les stocks aux Etats-Unis pourront répondre à la demande jusqu’au deuxième trimestre 2026. Même avec un régime douanier moins douloureux, les faiblesses cycliques de l’économie américaine font que la situation ne durera pas indéfiniment. En termes nets, il en résulte un léger relèvement de la prévision de PIB pour 2026. Parmi les thèses discutées ci-contre, les efforts d’exportation de la Chine pèsent également sur les perspectives. La consolidation de la conjoncture intérieure allemande est une évolution positive. La question de la dette place de plus en plus la Suisse en position d’exception, avec des taux durablement bas et une pression haussière constante sur le franc suisse. L’industrie exportatrice restera confrontée à ce défi.

Retour à l’inflation nulle

En 2025, notre prévision d’un retour passager à une inflation nulle en Suisse s’est vérifiée. Nous tablons sur une légère hausse courant 2026, mais au plus tôt sur 2027 pour des valeurs supérieures à 1%.

Actions

Nouvelle performance à deux chiffres en 2025

Suisse

  • Malgré le récent rebond, le marché suisse sous-performe ses homologues en 2025 (en monnaie locale).
  • Sa valorisation est plus élevée qu’en Europe ou au Japon, mais moindre qu’aux Etats-Unis.

Zone euro

  • Surperformance du marché actions de l’UEM vs l’américain en 2025, avec un gain de plus de 20%. Exprimée en EUR, elle est bien supérieure.
  •  Les financières ont été déterminantes dans ce joli résultat, les banques de l’UEM gagnant plus de 80% en 2025.
  • Le taux de décote par rapport aux Etats-Unis reste très important.

Etats-Unis

  • Evolution latérale du marché américain ces dernières semaines en raison de doutes quant au boom de l’IA émergeant.
  • La performance YTD en 2025 tutoie 17% en USD, un chiffre très élevé après plus de 20% en 2023 et en 2024. A cause de la forte dépréciation de l’USD, les performances dans les autres devises ne sont qu’à un chiffre.
  • Le marché américain est cher, et de nombreux titres IA ont une valorisation élevée.

Marchés émergents

  • Retour des marchés émergents en 2025, surperformant les marchés actions mondiaux de 10%.
  • L’IA et le retour de la Chine ont été des facteurs clés. Le marché coréen gagne 85%, le colombien prend plus de 100%, et de nombreux autres dépassent les 60%. L’Inde a en revanche peiné.

Royaume-Uni

  • La performance du marché britannique a imité celle de l’UEM.
  • Il affiche la plus faible valorisation parmi les marchés actions des grands pays industrialisés.

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