Aucun succès dans les négociations n’a été signé sur le front douanier. Partant, pour nos prévisions, nous maintenons l’hypothèse d’une place industrielle suisse toujours impactée par l’écart douanier par rapport à la concurrence européenne ou japonaise. Ces prochains trimestres, les marques du marteau douanier vont émerger dans le PIB de la Suisse sous forme de repli des exportations vers les Etats-Unis. Les biens durables, comme les montres, ont déjà été expédiés en amont par bateau pour éviter les droits de douane frappant ce marché. Un net recul des exportations est déjà visible dans les données des échanges commerciaux du mois d’août. Le secteur privé, agile, sonde en outre les possibilités de déplacement de la production, ce qui limite la croissance potentielle si l’inégalité de traitement de l’industrie suisse comparée à ses concurrents persiste. Il en résulte un assombrissement du marché du travail. Selon une enquête du KOF de l’EPF de Zurich, les entreprises industrielles ont déjà largement revu à la baisse en août leurs projets d’achats de produits intermédiaires.
L’indice relatif à l’activité économique hebdomadaire (AEH) du Seco, reflet de la situation de l’économie dans son ensemble, s’étend jusqu’à la première semaine de septembre et signale jusqu’à présent une poursuite de la croissance. La conjoncture domestique est portée par une hausse des salaires réels d’environ 2% par rapport à 2024. Le secteur de la construction continue de profiter d’une politique monétaire expansionniste de la part de la Banque nationale suisse.
Fort recul des prix à la production
Le ralentissement sur le front de l’emploi atténue la pression inflationniste à moyen terme. Actuellement, la baisse des prix à l’importation et de l’énergie a un effet déflationniste sur les producteurs. Jusqu’en août 2025, l’indice des prix à la production et à l’importation cède 1,8% par rapport à l’année précédente.
Actions
L’euphorie de l’IA
Suisse
- Léger repli du marché suisse en septembre en raison de la faible performance de poids lourds du SMI et du manque d’exposition à l’IA.
- A la date de rédaction, rien ne présageait de la réaction de la pharma à la date limite du 30 septembre quant à un plan américain de baisse des prix des médicaments.
Zone euro
- En septembre, les actions en Europe sous-performent les américaines, l’exposition à l’IA étant infime.
- Malgré le boom de l’IA, les titres de l’UEM surperforment légèrement le marché américain en 2025. +65% en 2025 pour les banques européennes et plus de +450% depuis 2020 : c’est plus que les titres IA et des Magnificent 7. Ce marché est désormais également valorisé au-delà des moyennes historiques.
Etats-Unis
- Euphorie autour de l’IA et première baisse par la Fed ont dopé les gains en septembre.
- Forte hausse des titres liés à l’IA : plus de 8% pour les Magnificent 7, 28% pour Tesla et 18% pour Alphabet. Oracle s’est envolé de 40% en une journée.
- Selon certaines mesures, la valorisation du marché est à un pic historique (p. ex. rapport prix/chiffre d’affaires) ou s’en approche (Shiller PE). Les titres de l’IA sont en pleine bulle, mais sans signe d’une soudaine fin de la fête.
Marchés émergents
- Les ME surperforment en septembre.
- Comme sur le marché américain, l’IA est un facteur clé. L’IT pèse 26% de l’indice et les actions chinoises du secteur (Baidu, Alibaba) signent +40% sur le mois.
Royaume-Uni
- Les titres britanniques ont légèrement surperformé ceux de l’UEM.
- Ce marché profite toujours d’une faible valorisation, mais l’économie végète.