Gonet: l'actualité des marchés au 9 septembre

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow +0,25%, S&P 500 +0,21%, Nasdaq +0,45%, Russell +0,16%, SOX +0,84%, Eurostoxx +0,84%, SMI -0,47%.

 

Un vent violent, froid et sec se lève sur la France hier, qui ravit pourtant les observateurs du tissu économique hexagonal. En effet, Mistral AI, la pépite française de l’intelligence artificielle, atteint une valorisation de près de 14 milliards de dollars après que le géant néerlandais ASML a pris une participation de 1.3 milliard d’euros dans la startup fondée à Paris en 2023. ASML s’empare de 11% du capital de Mistral AI et devient un des principaux actionnaires de la firme. On observe que cette opération fait plus que doubler la valorisation de la société constatée lors d’un précédent tour de table. Considérée comme l’une des startups technologiques les plus compétitives en Europe et perçue comme un rival régional d’OpenAI, Mistral développe des modèles de langage servant de socle à des applications comme les chatbots. Son CEO Arthur Mensch a annoncé cet été que l’entreprise lançait son premier modèle de raisonnement, présenté comme performant en mathématiques et en programmation, afin de rivaliser avec OpenAI et le chinois DeepSeek.

Tout cela pour rappeler que, dans l’hexagone, il n’y a pas que la classe politique, dont le peuple semble se lasser comme jamais, mais ça c’est une autre histoire que le marché observe du coin de l’œil ce matin, le future CAC fait même un peu mieux que ses pairs, tandis que le spread OAT / BUND s’écarte à nouveau, il remonte à 82 points de base contre 76 hier, l’ombre du parti socialiste planerait-elle sur Matignon ? Plus d’infos à ce sujet rapidement a promis l’Elysée.

De l’autre côté de L’Atlantique, on ignore superbement les tribulations gauloises, l’indice Nasdaq Composite s’offre un nouveau record historique à la cloche, la tech reprend les choses en mains, menée par Broadcom (AVGO +3.21%), qui ne semble plus vouloir s’arrêter. Amazon (AMZN +1.51%), Nvidia (NVDA +0.77%) et Microsoft (MSFT +0.65%) lui prêtent main forte, les autres géants restent en retrait, le podium du jour du SPX se compose de la tech, de la consommation discrétionnaire et des materials. Pas de record pour le SPX et le NDX hier, ils évoluent ceci dit tous deux juste en-dessous, le breadth du jour est légèrement négatif sur le SPX, légèrement positif sur le NDX, l’indice S&P500 équipondéré (SPW) égare 0.04%, cela nous indique que le plus grand nombre de la cote ne bouge guère hier. Le narratif du moment ne change pas, la Fed incite les acheteurs à poursuivre leurs efforts, les Fed Funds prédisent désormais 3 baisses de taux cette année encore, la première le 17 septembre, 25 points de base semblent acquis, quelques intervenants espèrent 50.

Le comportement du marché obligataire valide ces attentes, le rendement du 10 ans US recule à 4.06%, son principal support se situe à 4.00%, sa zone de résistance à 4.18% - 4.20%. Le 30 ans revient à 4.70%, sa 200 jours évolue à 4.77%, son prochain support à 4.64%. La volatilité du marché dans son ensemble recule, le VIX est faible à 15.11, le MOVE (son alter ego obligataire) perd encore 1.5% hier à 84.

Au chapitre des monnaie, le dollar poursuit son affaiblissement, le Dollar Index (DXY) a désormais cassé 98, il évolue à 97.38 et voit son prochain support à 96.37 (bas en séance du 1er juillet). La paire eur/usd évolue à 1.1764, résistance majeure à 1.1829 (top en séance du 1er juillet). Le franc suisse est aussi impacté par le repli du greenback, la paire usd/chf traite ce matin à 0.7918, son prochain support se trouve à 0.7872, c’est le bas en séance du … 1er juillet et je ne voudrais vraiment pas voir ce qui se passe si ce niveau est traversé (#grandplongeonenvue).

Bloomberg Intelligence (BI) publie un article ce matin qui souligne que, malgré un climat d’incertitude avant plusieurs décisions de banques centrales et un positionnement des investisseurs déjà assez élevé depuis l’été, il reste des liquidités disponibles pour acheter les replis. Les stratégies systématiques ont fortement investi en actions et approchent de leurs niveaux d’exposition maximum, ce qui représente un risque si elles se mettent à vendre, comme on l’observe déjà partiellement en Europe. Toutefois, la demande institutionnelle reste sous-pondérée et les fonds américains disposent encore de liquidités importantes (170 milliards de dollars), tandis que la demande des particuliers et des entreprises continue de soutenir le marché. Toujours selon BI, l’exposition globale aux actions demeure neutre, avec des rotations sectorielles et des prises de bénéfices. Les fonds « vol control » et CTA se situent à des niveaux d’allocation historiquement élevés, bien qu’ils aient réduit récemment leurs positions, surtout en Europe, où les flux de vente peuvent avoir un impact plus marqué.

CNN se fend d’un long article qui analyse la situation politique et économique du président des Etats-Unis huit mois après le début de son second mandat. Derrière ses menaces spectaculaires et ses démonstrations de force, comme la volonté de « faire la guerre » à certaines villes démocrates ou les opérations militaires controversées en Amérique latine, se dessinent des fragilités politiques. Ses politiques économiques, marquées par des guerres commerciales et une forte intervention de l’État, commencent à peser : création d’emplois en berne, chômage en hausse, effets négatifs des tarifs douaniers et de la politique migratoire. La santé publique est fragilisée par des positions radicales, tandis que la politique étrangère accumule les revers, notamment avec la Russie. Sur le plan intérieur, les tribunaux bloquent plusieurs initiatives présidentielles, mais qui vous savez continue d’élargir l’usage de son pouvoir exécutif, soutenu par une base fidèle qui apprécie son style combatif. Cependant, sa cote de popularité reste faible, autour de 43%, ce qui représente un risque à l’approche des élections de mi-mandat. L’avenir dépendra en grande partie de l’évolution de l’économie : selon CNN si elle se dégrade, le soutien de son socle électoral pourrait s’effriter, mettant en lumière les limites d’une stratégie politique fondée sur la provocation et la surenchère.

Au menu macro-économique de ce mardi, la production industrielle française (8h45) précèdera la révision annuelle des chiffres de l'emploi aux Etats-Unis (16h00).

Banca Monte Dei Paschi devient la 3e banque italienne en parvenant à contrôler plus de 50% de Mediobanca après son OPA hostile. ASML confirme prend 11% de Mistral AI pour 1,3 milliard d’euros. Novartis va racheter Tourmaline Bio pour 1,4 milliard de dollars (48 USD l'action). Sandoz conclut un accord avec Regeneron pour régler les litiges sur le brevet d'un médicament ophtalmique aux Etats-Unis. Apple présentera ses nouveautés aujourd'hui lors de sa grand-messe de rentrée. Dell confirme ses objectifs après le départ de sa directrice financière Yvonne McGill. Intel nomme un ex-dirigeant d'Arm à la tête de ses centres de données. Anglo American proche de racheter Teck Resources pour 20 milliards de dollars, selon Bloomberg et le FT.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en ordre dispersé. Tokyo rend 0.42% à la cloche. Hong Kong prend 1.02%, Shanghai perd 0.51%, Séoul monte de 1.26% et le Nifty50 grappille 0.31%. Le future SPX progresse de 0.15%, l’Europe ouvre autour de l’équilibre, le CAC40 en hausse de 0.2%. L’or reste demandé, l’once traite à 3646$, le pétrole est stable à 62.81$ le baril de WTI Light Crude. 

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