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Wall Street était en congé hier pour la journée du travail.
Orphelin de sa maman, le reste du marché des actions ne bouge guère hormis peut-être le DAX allemand, qui s’adjuge 0.57%, porté par ses secteurs industriel, des services de communication et de la tech (SAP donc). Volumes d’échanges en berne, volatilité dans les Hamptons, une journée de trading pour pas grand-chose que ce lundi 1er septembre au final, ce d’autant que rien ne concourt à alimenter quelque optimisme que ce soit sur les parquets de trading. Il pleut des cordes, c’est la rentrée scolaire chez nos voisins, la paix en Ukraine ressemble de plus en plus à une chimère, en France le paysage politique est plus illisible que jamais, de l’autre côté de l’Atlantique la Fed reste sous pression d’un grand blond aux idées noires tandis que la résistance s’organise à l’autre bout du monde, l’Inde, la Chine et la Russie font amis-amis. Côté macro et micro cela va plutôt bien, en revanche depuis vendredi passé on observe que plusieurs indicateurs d’aversion au risque reprennent des couleurs.
L’or atteint un nouveau record historique la nuit dernière, à 3508.73 dollars l’once, ce matin de retour à 3482 dollars. Septembre doit faire un peu peur à tout un chacun, ces 5 dernières années le SPX a reculé à 4 occasions durant ce mois. De plus il traite tout près de son record historique, à un niveau de valorisation élevé, ce qui ne garantit en rien un repli du marché à court terme mais incite probablement des participants à mettre quelques profits sur la table. La question d’un retour de l’inflation provoqué par les tarifs de qui vous savez reste aussi d’actualité, tout comme son impact inéluctable à terme sur la consommation des ménages américains. On observe d’ailleurs une pentification de la courbe des taux aux Etats-Unis, le rendement du 30 ans progresse tandis que le 2 ans recule, on se méfie de la dette à long terme dans les salles de marchés, on se méfie des Etats-Unis tout court, surtout de son «commandant en chef».
Le dollar tente un léger rebond mais reste faible, la paire eur/usd traite ce matin à 1.1666, elle devrait évoluer dès après 11h, moment de la publication de l’indice des prix à la consommation en zone Euro. A propos du vieux continent, on suivra aussi de près l’évolution des spreads, surtout OAT / Bund, ce matin à 79 points de base. C’est lundi 8 septembre que le premier ministre Bayrou devrait perdre son poste, ce qui ouvrira une nouvelle période d’incertitudes jusqu’à la nomination d’un nouveau chef du gouvernement, rappelons que la France aurait du coup un cinquième premier ministre en deux ans, cela rappelle l’Italie d’il y a quelques décennies. On regardera aussi l’Espagne, qui commence à attirer l’attention après que son premier ministre Sanchez a déclaré qu’il veut aller au bout de son mandat, même si ses alliés rejettent sa dernière proposition de budget.
Au Royaume-Uni cela ne va pas fort non plus, prenez le rendement du 30 ans, qui atteint ce matin 5.68%, un niveau plus atteint depuis 1998, le spectre de Liz Truss semble hanter les intervenants de ce marché. La chute de la livre sterling, parallèlement à la flambée des rendements des obligations d'État, souligne la crise qui entoure les actifs britanniques. À mesure que les rendements augmentent, une devise serait généralement rachetée en temps plus normal, mais ce ne sont pas des temps « normaux » pour l'économie britannique, le gouvernement étant confronté à une perte budgétaire estimée à 51 milliards de livres sterling. Si la vente massive se poursuit, la chancelière Rachel Reeves pourrait être obligée de fournir des réponses bien avant de présenter le budget d’automne.
Les échéances importantes du marché sont le CPI européen de ce matin, le rapport mensuel sur l’emploi de vendredi aux Etats-Unis et par-dessus-tout la décision de la Fed sur ses taux du 17 septembre (89% de probabilités d’une baisse de 0.25% pricées par les Fed Funds). On ne le répètera jamais assez, c’est la politique monétaire de la Banque Centrale américain qui donne le ton au marché, en parallèle la question de son indépendance est de plus en plus brûlante, le chef de l’Etat tentant une sorte de coup depuis quelques temps, tout en mettant quotidiennement la pression sur Jerome Powell afin qu’il baisse les taux considérablement et sans tarder. C’est probablement la raison pour laquelle le boss de la Réserve Fédérale a entre-ouvert la porte à une coupe de 25 points de base en septembre, lors de son discours de Jackson Hole. Mais Sauron en veut plus, il tente désormais de déboulonner Lisa Cook, gouverneure de la Banque Centrale, pour la remplacer par un sbire. Madame Cook ne se laisse pas faire et le marché respire quelque peu hier lorsque Scott Bessent, Secrétaire Américain au Trésor, indique que l’indépendance de la Fed est importante. Monsieur Bessent est probablement le seul membre de l’entourage du président que le marché prend au sérieux.
Deutsche Bank, Siemens Energy et ArgenX entreront dans l'Euro Stoxx 50 le 22 septembre à la place de Nokia, Stellantis et Pernod Ricard. BBVA et Rheinmetall font leur entrée dans le Stoxx Europe 50 à la place de BASF et Mercedes. Nestlé limoge son CEO, Laurent Freixe, accusé d’avoir entretenu une relation avec une subordonnée et surtout de la démentir. Philip Navratil (Nespresso) le remplace. le titre perd 3% dans les premiers échanges. Partners Group enregistre une hausse de son bénéfice et de son chiffre d'affaires net au premier semestre, l’action bondit de près de 5%. Rheinmetall s’est constitué des stocks de matières premières lui assurant cinq ans de production, dans un contexte de boom de la demande de défense lié à la guerre en Ukraine. Dormakaba veut fractionner son action après ses résultats. Microsoft va supprimer 10% de ses effectifs en France. Amazon prévoit d'investir plus de 4,4 milliards de dollars américains en Nouvelle-Zélande. BYD enregistre deux mois consécutifs de baisse de production mensuelle pour la première fois depuis 2020.
Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en ordre dispersé. Tokyo grappille 0.29% à la cloche, Hong Kong recule de 0.44%, Shanghai perd 0.45%, Séoul avance de 0.94% et le Nifty50 monte de 0.51%. Le future SPX perd 0.2%, l’Europe ouvre en repli de 0.4%.
Les rendements obligataires remontent quelque peu aux Etats-Unis, le 10 ans traite à 4.27%, le 30 ans à 4.97%. Le pétrole revient à 65.22$ le baril de WTI Light Crude.