.jpg)
Alphabet remet le marché en selle hier, aimablement aidée par Apple. La firme de Mountain View échappe à la patrouille antitrust, la justice n’impose pas à Google de vendre son navigateur Chrome, en parallèle le contrat de recherche entre Google et Apple n’est pas remis en cause, qui rapporte 20 milliards de dollars par an à la firme à la pomme. Résultats des courses, Alphabet (GOOG) décolle de 9.01% tandis qu’Apple (AAPL) s’adjuge 3.81%.
La bonne tenue de ces deux-là permet aux géants de la tech de passer une bonne journée, pour le reste le plus grand nombre recule hier comme l’illustre l’indice S&P500 équipondéré (SPW) qui abandonne 0.18% contre +0.51% au SPX. Le breadth du jour est légèrement négatif sur le SPX et de 3 contre 2 négatif sur le NDX, c’est un rallye maquillé que celui d’hier, on rachète au passage quelques shorts, le podium du jour du SPX se compose des services de communication, de la tech et de la consommation discrétionnaire. La volatilité recule légèrement, le VIX abandonne 4.8% à 16.35, on observe en parallèle une détente du marché obligataire, le rendement du 10 ans US était revenu à 4.30%, ce matin il est de retour à 4.22% (sa zone de support se situe entre 4.20% et 4.18%). Le 30 ans menaçait de casser les 5%, le revoici à 4.90%. C’est une statistique plutôt faible du marché de l’emploi qui provoque ce revirement, le rapport mensuel à ce sujet de demain prend du coup encore plus d’importance.
Le dollar en prend acte, la paire eur/usd repart à la hausse, elle traite ce matin à 1.1651, tout près de sa moyenne mobile qui se trouve actuellement à 1.1665. Quant aux Fed Funds, ils sont désormais convaincus à 97% que la Fed coupera ses taux de 0.25% le 17 septembre, puis probablement une fois encore en décembre.
On se penche plus en détails sur la macro de ce mercredi. Les offres d’emploi JOLTS de juillet aux Etats-Unis tombent à 7,18 millions, en dessous des attentes et au plus bas depuis septembre 2024. Le rythme des embauches reste stable, mais toujours faible, tout comme le taux de démissions, bloqué à 2% depuis quatre mois. Les commandes industrielles reculent de 1,3% sur le mois, mais font un peu mieux que prévu. Côté Fed, Christopher Waller confirme son souhait de baisser les taux en septembre, avec plusieurs coupes possibles ensuite. D’autres responsables affichent des nuances : Musalem estime que la politique actuelle est adaptée, Bostic craint plus d’inflation liée aux tarifs douaniers mais reste pour une seule baisse de 25 points de base cette année, Kashkari juge l’inflation encore trop élevée mais en voie de ralentir doucement. Le Beige Book signale une économie globalement stable, mais avec des consommateurs sous pression et plus de candidats sur le marché du travail.
Au menu macro-économique de ce jeudi, les ventes au détail de la zone euro puis aux Etats-Unis la variation de l'emploi ADP, les nouvelles demandes d'allocations chômage, la productivité, la balance commerciale, le coût unitaire de la main-d'œuvre, les indices PMI et ISM des services et les stocks de brut DOE.
Google doit payer 425 millions de dollars aux Etats-Unis dans le cadre d'un recours collectif sur la protection de la vie privée. Et 325 MEUR en France pour publicités non consenties. Apple prévoit de doter Siri d'un outil de recherche sur le Web alimenté par l'IA pour rivaliser avec OpenAI et Perplexity, selon Bloomberg. Exxon Mobil envisage la vente d'usines chimiques européennes, selon le FT. ConocoPhillips prévoit une énorme réduction de 20 à 25% de ses effectifs. Lockheed Martin remporte un contrat de 9,8 milliards de dollars pour des missiles Patriot.
Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en hausse hormis en Chine ou Hong Kong recule de 1.12% tandis que Shanghai abandonne 1.25%. Tokyo prend 1.53% à la cloche, Séoul avance de 0.52% et le Nifty50 grappille 0.26%. L’Europe ouvre en très léger repli, l’or marque une pause et revient à 3538$ l’once, le pétrole glisse à 63.08$ le baril de WTI Light Crude après l’annonce que l’OPEP+ souhaite augmenter encore sa production.
Le marché obligataire européen reste tendu, les taux ne se détendent pas en France et au Royaume-Uni. CNBC publie un article à ce sujet dont le titre est : « L'Italie était autrefois le mauvais élève de l'Europe. Aujourd'hui, c'est la France qui prend le relais. ». L’hexagone traverse une crise politique et budgétaire qui le fait désormais comparer défavorablement à l’Italie, pourtant longtemps symbole d’instabilité. Le Premier ministre François Bayrou joue son avenir lors d’un vote de confiance le 8 septembre sur un budget 2026 prévoyant 44 milliards d’euros de coupes pour réduire le déficit (actuellement 5,8% du PIB contre 3,4% en Italie), mais la gauche et la droite refusent de le soutenir, notamment face à des mesures impopulaires. Sa probable chute ferait de lui le quatrième chef de gouvernement renversé en moins de deux ans, obligeant Emmanuel Macron à nommer un cinquième Premier ministre sans passer par les urnes. Les analystes redoutent un gel du budget 2026 qui alourdirait le déficit et soulignent que les marchés sanctionnent déjà la fragilité française, le taux à 30 ans ayant dépassé 4,5%, un plus haut depuis 2008.