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Le rallye de pacotille observé mercredi fait figure de hors-d’œuvre au vu du retour notable de l’appétit au risque hier. Les doutes du début de semaine sont rangés aux oubliettes, même le marché obligataire se détend hier soir. Alors quand la duègne des actions se déride un chouia, c’est toute la cote qui sabre le champagne, à commencer par les géants de la tech qui portent tous du vert hier, menés par Amazon (AMZN +4.29%).
Le retour en force des taureaux sur les parquets de trading est permis par une nouvelle statistique macro qui confirme que le marché américain de l’emploi semble bel et bien ralentir. Cela demandera confirmation cet après-midi lors de la très attendue publication du rapport mensuel à ce sujet, mais en l’état le marché est désormais convaincu à 100% que la Fed coupera ses taux de 25 points de base le 17 septembre, puis très probablement encore une fois le 10 décembre (84%). Pour le marché des actions, il y a la Fed e basta. Tout le reste ne constitue qu’une sorte de bruit de fonds. Ce qui compte au final pour les intervenants, c’est la direction que prend la politique monétaire de la plus importante banque centrale au monde. Alors certes, dans ce contexte on aime que les statistiques macro soient faibles, jusqu’au jour où l’on commence à s’inquiéter que la croissance du pays n’en soit trop impactée. En l’état il semble que l’on soit encore assez loin de ce revirement de psyché. Or donc, la Réserve Fédérale est à nouveau la meilleure copine de Wall Street…et paf le nouveau record historique du S&P500 (SPX) hier soir en clôture.
L’indice boursier le plus suivi au monde se permet même le luxe de terminer sa journée au-dessus des 6500 points, il n’est pas suracheté, rappelons ici que lorsque le SPX démarre son mois de septembre au-dessus de sa moyenne mobile à 200 jours (ce qui était nettement le cas lundi), historiquement il progresse en moyenne de 1.3% sur le mois. Ne tirez pas sur le messager mais gardez tout de même cela en tête, septembre n’est pas forcément le mois tout pourri qu’on veut nous faire croire. Le breadth du marché est clairement positif hier, (par exemple 3 titres du SPX clôturent en hausse contre 1 en baisse), il constitue une sorte de réponse à la fragilité crainte en début de semaine. Le podium du jour du SPX se compose de la consommation discrétionnaire, des services de communication et des industrielles. La tech se fait discrète au milieu du peloton, alors que ses géants sont en pleine forme, cela nous indique que les acheteurs font leurs emplettes à tous les rayons hier, un excellent signe pour les taureaux.
Sans surprise, la volatilité recule encore un peu, le VIX perd 6.5% à 15.30, techniquement il peut aisément viser 12.70.
Quant au marché obligataire, il met un genou à terre hier, le rendement du 10 ans casse sa zone de support de 1.20% - 1.18%, ce matin il évolue à 4.16%, prochain support notable à 4.00%. Le 30 ans revient à 4.85%, support en vue à 4.77%. Le dollar aussi rend du terrain, la paire eur/usd traite à 1.1674, le combat de rue contre sa moyenne mobile à 50 jours s’éternise, cette dernière évolue actuellement à 1.1664.
Résumons : La Fed est à nouveau sympa, il n’en fallait pas plus au marché des actions pour s’enflammer, rendez-vous cet après-midi à 14h30 pour savoir si on débouche le magnum de champagne ou si on opte plutôt pour de l’Alka Seltzer.
On observe que la séance boursière du vieux continent d’hier est bonne, hormis en France où le CAC est pénalisé, non pas par un futur ex premier ministre, mais par Sanofi qui chute de plus de 8% après avoir très légèrement déçu les attentes des intervenants sur un de ses produits, tandis que LVMH marque une pause dans son opération de rédemption boursière. Au sujet du secteur du luxe, Bloomberg publie une étude assez fouillée ce matin que l’on pourrait résumer ainsi : « les gars, le moment est venu de revenir dans ce secteur et fissa ». Toujours en France, le vote de défiance demandé par la future victime elle-même aura lieu lundi, le spread OAT / Bund se réduit quelque peu ce matin, à 77 points de base, on prend.
Au chapitre de la macro, la journée d’hier est chargée en statistiques économiques. L’emploi privé ADP américain d’août ressort à 54’000 créations, bien en dessous des attentes (85’000) et de juillet (révisé à 104’000), pénalisé par les pénuries de main-d’œuvre, la prudence des consommateurs et les effets de l’IA. L’ISM des services dépasse les prévisions grâce à de nouvelles commandes solides, mais les entreprises restent prudentes face aux incertitudes liées aux tarifs douaniers. Les inscriptions hebdomadaires au chômage s’élèvent à 237’000, un peu au-dessus des attentes, tandis que les allocations continues reculent. Les annonces de licenciements sont au plus haut pour un mois d’août depuis 2020. La productivité non agricole du deuxième trimestre est révisée fortement à la hausse (3,3% annualisé contre 1,6%) et les coûts salariaux unitaires à la baisse. Le déficit commercial américain se creuse plus qu’anticipé. Sur le plan institutionnel, ô surprise Stephen Miran réaffirme l’indépendance de la Fed lors de son audition au Sénat, tandis que la presse rapporte l’ouverture d’une enquête pénale visant la gouverneure Cook. Le président de la Fed de New York, John Williams qui connait la musique, répète que des baisses graduelles de taux sont envisageables si l’économie suit le scénario attendu.
Au menu macro-économique de ce vendredi, les ventes au détail au Royaume-Uni (sorties au-dessus des attentes, la livre sterling apprécie), les commandes d'usines en Allemagne (qui chutent brutalement) puis les données mensuelles sur l'emploi aux Etats-Unis, à 14h30.
Orsted poursuit l'administration américaine pour avoir suspendu un projet éolien offshore de 1,5 milliard de dollars. Orsted qui revoit à la baisse ses prévisions de bénéfices pour 2025 en raison de vents plus faibles. Mercedes-Benz étudierait les possibilités d'implantation d'une usine en Afrique du Sud en raison des droits de douane américains. Temenos démet son CEO, remplacé à titre intérimaire par le directeur financier de la société. OpenAI s'apprête à lancer la production en série de ses propres puces d'IA avec Broadcom, selon le FT. Cet été, Nvidia a dû louer 10’000 de ses propres puces d'IA à l'entreprise de cloud Lambda pour 1,3 milliard de dollars sur quatre ans, révèle The Information. Rivian licencie pour préparer le lancement d'un SUV moins cher, selon le WSJ. Samsung Electronics a présenté un smartphone premium et deux nouvelles tablettes intégrant des fonctions d’IA.
Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en hausse à part le Nifty50 qui boude et rend 0.43%. Tokyo progresse de 1.03% à la cloche, Hong Kong avance de 1.47%, Shanghai monte de 1.24% et Séoul grappille 0.13%. Le future SPX avance de 0.15% supplémentaire, l’Europe ouvre autour de l’équilibre, tout est désormais dans les mains du rapport sur l’emploi américain, véritable arbitre de la direction à court terme que prendront les indices. À ce sujet, les esprits taquins suggéreront que cela devrait bien se passer maintenant que qui vous savez a placé un sbire au BLS, mais je m’égare…