Le Japon a connu une légère croissance au deuxième trimestre, offrant un répit bienvenu au gouvernement nippon en période de forts doutes sur la santé de son économie, après des mois d’incertitude quant aux droits de douane imposés par les Etats-Unis.
D’après une première estimation officielle publiée vendredi par le gouvernement, le produit intérieur brut (PIB) de la quatrième économie mondiale a progressé de 0,3% entre avril et juin.
Le PIB du premier trimestre, qui s’était contracté selon la première estimation publiée en mai, faisant craindre une récession technique - soit deux trimestres consécutifs de contraction - pour le Japon, a quant à lui connu une croissance atone de 0,1% selon un chiffre révisé vendredi.
Le consensus d’économistes sondés par l’agence Bloomberg avait tablé pour le deuxième trimestre sur une croissance similaire de 0,1%.
Cette croissance au deuxième trimestre plus forte qu’attendu ouvre la voie à une hausse de taux de la Banque du Japon (BoJ) d’ici la fin de l’année.
La BoJ avait pointé fin juillet la persistance de «grandes incertitudes» concernant la guerre commerciale entre l’archipel et les Etats-Unis, maintenant le statu quo monétaire.
Et ce malgré l’accord conclu le mois dernier avec le gouvernement Trump, qui prévoit de surtaxer à 15% les produits japonais exportés aux Etats-Unis, bien moins que les 25% dont le pays était menacé.
A la suite de l’accord, la BoJ a relevé à la marge fin juillet sa prévision de croissance pour l’exercice 2025/26 qui se terminera le 31 mars 2026, à +0,6%. Elle s’attend pour les deux exercices suivants à +0,7% puis +1%.
«Bien que l’économie japonaise continue de souffrir d’une stagnation de la consommation privée, aucun signe de ralentissement économique marqué n’est encore perceptible malgré la mise en place des droits de douane», a commenté Yoshiki Shinke de l’institut de recherche Dai-ichi Life.
Le pays, longtemps menacé par la déflation, est confronté depuis 2022 à une hausse soutenue des prix à la consommation. L’inflation japonaise a systématiquement été supérieure ou égale à 3% depuis décembre dernier, culminant à 3,7% hors produits frais en mai, avant de redescendre en juin à 3,3%.
Face à cette envolée des prix, tirée notamment par un doublement de ceux du riz depuis un an, les Japonais ont exprimé leur colère dans les urnes le mois dernier en sanctionnant le Parti-libéral démocrate (PLD) au pouvoir, qui a désormais perdu sa majorité dans les deux chambres du Parlement nippon.
La pression à la démission s’accentue sur le Premier ministre Shigeru Ishiba, qui a pour l’instant démenti les rumeurs à ce sujet.