Suivi d’ING par Bordier

Loïc Bhend, Bordier & Cie

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Les revenus nets d’intérêts progressent de 1% sur un an et dépassent les attentes de 3%, à 3,60 milliards d'euros.

ING a publié au T4 un bénéfice opérationnel de 1,34 milliard d'euros, en baisse de 21% par rapport à l’an dernier et 16% inférieur aux attentes. Le résultat net ressort à 880 millions d'euros, en baisse de 29% et 23% en-dessous des attentes. Les revenus, à 4,44 milliards d'euros (-1% sur un an), ressortent 2% inférieurs aux attentes, et les dépenses 2% supérieures, à 2,68 milliards d'euros. Ces résultats très inférieurs aux attentes intègrent de nombreux éléments non-récurrents, dont une partie d’impact réglementaire où le management a pris de l’avance sur les analystes. Au net, les fondamentaux sont en fait supérieurs aux attentes.

Les revenus nets d’intérêts progressent de 1% sur un an et dépassent les attentes de 3%, à 3,60 milliards d'euros. Les revenus des commissions augmentent de 4% sur un an et ressortent 1% supérieurs aux attentes, à 735 millions d'euros. La marge nette d’intérêts progresse de 1 point de base sur un an à 157pb, et s’améliore de 3pb séquentiellement. Et cette amélioration n’intègre pas encore le prélèvement pour intérêts négatifs annoncé la semaine dernière. La baisse provient d’ajustements de valeur négatifs et d’une perte de revenus du négoce pour une affaire en particulier, à caractère exceptionnel.

Les dépenses sont surtout plombées par des coûts de KYC pour un cas de fraude présumée. Le management purge assez activement le portefeuille des nombreux cas de malversations issues du passé. Leur impact sur 2020 sera inférieur mais toujours présent (c’est connu).

Le coût du risque, à 428 millions d'euros, s’affiche 50% supérieur aux attentes, et remonte de 10pb sur un an à 28pb, mais il est plombé par des provisions spécifiques, exceptionnelles par nature. La solvabilité (Bâle III) stagne séquentiellement à 14,6% de CET1, et ressort 20pb inférieure aux attentes, mais elle intègre déjà un chargement réglementaire de 61pb, que le consensus avait plutôt budgété pour 2020. Sur base comparable, ING affiche un excellent ratio de 15,2%. Le dividende, à 0,67 euro ressort pile en ligne avec les attentes.

A 8,3x les résultats 2020e, ING se traite à une décote de 15% par rapport au secteur. A 0.72x les fonds propres 2020e, le titre se traite à une décote de 6% pour un ROE 8,7%, 8% supérieur au secteur. Le rendement du dividende (6,8%) est 38% supérieur au secteur.

Au final, des résultats marqués par un gros nettoyage de printemps anticipé. Mais les fondamentaux restent très solides, les revenus de base surprennent positivement, la solvabilité également et les perspectives pour 2020 sont teintées d’optimisme.

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