Se positionner dans l'optique d'un changement de thématique de marché

James Mazeau, UBS Global Wealth Management

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Le positionnement par défaut pour les investisseurs de long terme consisterait à rester investis et exposés aux actifs risqués.


© Keystone

Une bonne partie de la décennie qui vient de s'écouler a été dominée par la thématique du «lower for longer»: des taux d'intérêt durablement bas, ainsi qu’une croissance et une inflation durablement atones.

A présent, à mesure que les campagnes de vaccination progressent et que les relances budgétaires se précisent, de nombreux investisseurs commencent à réfléchir aux thématiques qui dicteront l'évolution de l'économie et des marchés à l'avenir. Celle du «lower for longer» va-t-elle perdurer ou sera-t-elle supplantée?

Les scénarios à envisager

La Recherche d’UBS s’est penchée sur trois thématiques qui pourraient s'imposer dans les années à venir.

  • La persistance du «lower for longer»
  • L'entrée dans de nouvelles «années folles», un scénario marqué par une croissance économique plus forte, conjuguée à une légère remontée de l'inflation et des taux d'intérêt
  • Un scénario de «stagflation-lite» avec un dérapage de l'inflation nécessitant un net relèvement des taux directeurs qui pèsera sur la croissance
Les actions ont sans doute encore un potentiel de hausse à court terme.

Les deux premiers scénarios – et certaines variantes du troisième – sont certainement de nature à soutenir les actifs risqués sur le long terme. Dans ce contexte, le positionnement par défaut pour les investisseurs de long terme consisterait à rester investis et exposés aux actifs risqués.

Néanmoins, il est actuellement impossible de savoir quel scénario se vérifiera au final, d'où l'importance d'examiner si les dynamiques de marché à plus court terme plaident toujours pour la prise de risque. Dans la mesure où la croissance économique est forte, où les taux d'intérêt sont bas et où la valorisation des actions est plus intéressante que celle des obligations, les actions ont sans doute encore un potentiel de hausse à court terme.

L’envers du décor

Dans le même temps, il faut admettre qu'après un très bon début d'année, leur valorisation suppose qu'il y ait encore de bonnes nouvelles. Cependant la période de l'année à venir est, historiquement, moins favorable à la hausse des cours.

Les mauvaises surprises pourraient provenir d'une dégradation du moral des acteurs économiques, d'une inflation plus forte que prévu ou d'une erreur de dosage macroéconomique. Ces derniers mois, on a pu constater que les rotations sectorielles peuvent être brusques avec le discours ambiant sur la reprise économique post-Covid-19. Il faut donc s'attendre à de la volatilité.

Avoir de l'emprise sur les thématiques qui influencent les marchés tel ou tel jour n’est pas possible. En revanche, on peut décider comment créer son patrimoine. La Recherche d’UBS recommande trois mesures.

Il est toujours recommandé d'investir dans des domaines qui pourraient accoucher de la prochaine grande opportunité.
  1. Réexaminer son plan financier à long terme
    L’approche d’UBS selon trois «pots» stratégiques - liquidités, longévité et legs - permet d'aligner les investissements sur les objectifs financiers et de remettre en perspective les accès de volatilité à court terme.
     
  2. Diversifier son portefeuille
    Il est conseillé de diversifier son portefeuille entre différentes thématiques, zones géographiques et classes d'actifs afin d’éviter d'être pris à contrepied par les rotations sectorielles. Concrètement, cela veut dire que les investisseurs doivent se positionner à la fois dans l'optique de la relance (en mettant l'accent sur les valeurs décotées) et de la croissance structurelle.
    S'agissant du thème de la relance, la Recherche d’UBS apprécie les petites capitalisations, les valeurs financières et celles de l'énergie, les matières premières et les marchés émergents. Dans les portefeuilles aux Etats-Unis, les valeurs décotées de grandes capitalisations font désormais l'objet d'une notation Most Preferred. La Recherche d’UBS a également créé un panier d'actions censées profiter du déconfinement en Asie et de la relance.
    A plus long terme, et malgré la récente volatilité des valeurs technologiques, il est toujours recommandé d'investir dans des domaines qui pourraient accoucher de la prochaine grande opportunité (The Next Big Thing), comme la 5G, les technologies financières («fintech»), médicales («healthtech») ou vertes («greentech»), sans oublier les entreprises de services digitaux par abonnement.
    Dans son nouveau rapport intitulé Future of Earth (L'avenir de la Terre), UBS montre que l'investissement qui vise à parer à «la crise du crédit environnemental» peut procurer des avantages financiers, sociaux et environnementaux.
     
  3. Profiter de la volatilité pour investir, se diversifier et se protéger
    Les investisseurs feraient bien de se demander si le recours aux options est susceptible de leur procurer des structures de pay-off (résultat d'une option à son échéance) plus favorables dans l'environnement actuel.

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