Santa Claus est en avance cette année!

François Savary, Prime Partners

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Il semblerait que les amoureux de l’or blanc sont déjà comblés et les prévisions indiquent que Noël ne se passera pas au balcon.

A première vue, le Père Noël a décidé de nous gratifier de ses bontés avant l’heure cette année. Ainsi, il semblerait que les amoureux de l’or blanc sont déjà comblés et les prévisions indiquent que Noël ne se passera pas au balcon. N’ayant pas d’amour particulier pour la neige, j’avoue que cela me laisse totalement indifférent.

En revanche, les développements économiques, politiques et financiers de la semaine dernière sont non seulement des cadeaux précoces de Papa Noël mais ils ont surtout de quoi ravir les opérateurs de marché, moi compris.

Après moults tergiversations, l’accord commercial sino-américain semble sous toit; certes, il est partiel; certes, il ne met pas un terme définitif à l’esprit de confrontation qui anime désormais les relations bilatérales de ces deux grands pays; en revanche, il a de quoi renforcer les perspectives d’un atterrissage en douceur de l’activité en 2020 et il pourrait inciter à revoir à la hausse les attentes de croissance bénéficiaire. Voilà qui peut inciter à revoir à la hausse ses objectifs pour les actifs risqués. Le diable se cache souvent dans les détails et nous jugerons sur pièce, mais nous ne pouvons cacher notre satisfaction de voir cet accord partiel se matérialiser (enfin), car il constitue la première étape vers une désescalade possible sur le front commercial.

Les grands argentiers de l’Oncle Sam ont indiqué
que les taux ne devraient pas être altérés en 2020.

L’écrasante victoire de B. Johnson lors des élections britanniques est un joli cadeau pour ceux qui aimeraient voir la question du Brexit disparaître de nos écrans aussi rapidement que possible. Si un triomphe de son adversaire nous a toujours paru improbable, le danger d’une «mayification» de B. Johnson n’était pas une option totalement irréaliste. En fin de compte, le pari du Premier Ministre britannique est gagnant, puisque la majorité du parti conservateur sera nettement plus forte à Westminster! Désormais, la probabilité d’un Brexit ordonné et plutôt «soft» semble sur les rails et l'UK devrait formellement engager le processus de sortie de l’Union Européenne à partir de fin janvier 2020.  Une nouvelle fois le diable se cache dans les détails – et dans le cas d’espèce mettre en œuvre pratiquement le Brexit nous promet encore bien des péripéties – mais nous éviterons les épisodes grotesques des trois dernières années d’une part et un risque non négligeable sur la conjoncture se réduit de l’autre!

Enfin, Santa nous a également gratifié d’un joli présent sous la forme de la décision de la Réserve Fédérale américaine de ne pas toucher au loyer de l’argent lors de sa réunion récente. Mieux encore, les grands argentiers de l’Oncle Sam ont indiqué que les taux ne devraient pas être altérés en 2020, alimentant ainsi la poursuite de conditions de liquidités favorables, Un mode pause pour la politique monétaire en quelque sorte! Cerise sur le gâteau, ces décisions et leur communication se sont réaliséee dans un contexte de sérénité qui était largement absent en début d’année. J. Powell semble avoir atteint un objectif essentiel: réaffirmer la crédibilité de son action, ce qui n’était pas gagné d’avance au regard des attaques en provenance de la Maison Blanche.  Certes, les dernières années nous ont appris qu’il ne fallait pas aller trop vite en matière de prévision sur la politique monétaire, mais un retour au calme sur ce plan n’est jamais une mauvaise chose pour les marchés!

Les cadeaux récents de Santa Claus ont ceci de positif
qu’ils calment les craintes des opérateurs.

A défaut d’éclaircir l’horizon à l’extérieur, les cadeaux récents de Santa Claus ont ceci de positif qu’ils calment les craintes des opérateurs sur les deux fronts principaux qui ont alimenté les mouvements erratiques du sentiment sur l’économie et les marchés financiers tout au long de 2019: les erreurs de politique monétaire et les errances (géo)politiques.

On ne va pas gâcher son plaisir de voir l’année se terminer sur une note positive. Les seuls souvenirs de la fin de 2018, où le Père Fouettard tenait clairement le haut du pavé, sont là pour nous rappeler qu’il ne faut pas faire la fine bouche, même si les éléments positifs susmentionnés sont loin de devoir conduire à faire preuve d’un optimisme béat. En d’autres termes, penser que l’horizon (géo)politique et monétaire est désormais totalement dégagé ne se justifie pas.

Croire au Père Noël est le plus sûr moyen de ne pas prendre des décisions rationnelles et l’investissement ne fait pas exception. Désormais, chacun attend impatiemment de déballer les présents que Santa Claus déposera sous le sapin. J’espère qu’il me fera le plaisir de m’octroyer une bonne dose de lucidité, une portion non négligeable de clairvoyance et une provision importante de calme. On peut toujours rêver!   

Bonnes Fêtes à tous et à l’année prochaine pour de nouvelles aventures.