Pas de renouvellement systématique des échéances de l’été

François Meylan et Raymond Paquier, Meylan Finance

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Etant donné l’absence de direction, le cash est à privilégier. Sans pour autant anticiper un krach ces prochains mois.

L’euphorie du début d’année s’est évaporée avec l’augmentation des températures. Au cours du premier semestre, le principal indice boursier suisse le SMI a perdu 8%. Les incertitudes se sont accumulées: le bras de fer commercial américain, la progression des populismes «antisystème» en Europe (Hongrie, Pologne, Italie et dans l’autonomie catalane) est attisée par la crise des migrants. Les indicateurs sont mitigés sur la croissance économique mondiale. La problématique migratoire met en exergue l’incompréhension persistante entre une Union européenne technocratique et sa base qui craint à la fois pour ses conditions d’existence et pour ses racines. D’autre part, l’environnement global au fil des mois a clairement changé et il serait imprudent de ne pas en tenir compte. 

L’Europe semble être, une nouvelle fois, testée sur ses fondements. Dans ce contexte, avec des leaders politiques déjà bien fatigués, entre autres, par l’intempestif Trump l’euro va encore faiblir. Le dollar US est à garder en guise de couverture. 

Sur le plan technique, Exane Derivates relève une fébrilité accrue des investisseurs confirmée par les montants records de sorties des fonds actions. Le tout étant exacerbé par la saisonnalité (début de l’été) et une mise à l’abri habituelle, avant les grandes vacances. 

Et l’économiste Pierre-Olivier Beffy d’insister sur le fait: «Qu’en termes nominaux la demande mondiale n’est pas aussi forte qu’on pourrait l’attendre. Que la hausse des prix du pétrole va également amoindrir le pouvoir d’achat des ménages. Il faut faire attention aux entreprises avec un pouvoir de marché faible qui pourraient éprouver des difficultés à répercuter la hausse des coûts de production aux consommateurs.»  

Les acteurs à faibles émissions de carbone seront à l’avenir privilégiés.

Côté bonne nouvelle, on retrouve les feuilles de route à 18 mois des banques centrales américaine comme européenne qui se veulent bienveillantes à l’égard des marchés. Sans oublier toutefois qu’il s’agit beaucoup de communication. Nous sommes à l’époque où l’émotionnel prend (trop) souvent le dessus sur le rationnel. 

Comme l’écrit Swissquote, cette semaine, il y a une absence de direction. Dans cet environnement mieux vaut s’abstenir. Vu ce qui précède, nous ne renouvellerons pas systématiquement les échéances de l’été. Nous privilégions le cash. Sans pour autant anticiper un krach ces prochains mois. 

D’autre part, la banque en ligne mentionnée ci-dessus nous rappelle que seules les entreprises européennes liées aux énergies renouvelables semblent avoir le vent en poupe.  On ne peut, en effet, plus nier le réchauffement climatique. Les acteurs à faibles émissions de carbone seront à l’avenir privilégiés. Pour la banque américaine Goldman Sachs, nous allons vers un nouvel accord sur le climat qui sera plus important que celui de Kyoto en 1997. Et au loup de Wall Street d’estimer ce marché à quelques 600 milliards de dollars. 

Il y a sans conteste des pistes à explorer. Pour donner une cohérence à nos investissements avec l’avenir de la planète. Un peu comme l’écrivait le psychanalyste allemand Erich Fromm, en évoquant l’amour, sans une motivation spirituelle l’engagement ne tient pas. La période actuelle de remise en question nous paraît propice pour revisiter le sens que nous comptons octroyer à nos placements.