La divergence de l'Europe en matière d'inflation

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Graphique de la semaine de DWS. Les chocs récents montrent que la zone euro est un groupe très hétérogène d'économies encore largement nationales. L'inflation n'est pas encore vaincue.

©Keystone

 

L'un des inconvénients d'une monnaie commune est qu'elle rend plus difficile la gestion des chocs asymétriques. Les pays membres perdent leur capacité à réagir par le biais de la politique monétaire lorsqu'un événement surprenant frappe leurs économies de différentes manières ou lorsque l'ampleur et la durée d'un choc varient.

La zone euro vient de subir trois chocs de ce type: Covid-19, les perturbations de la chaîne d'approvisionnement mondiale qui en ont résulté et la flambée des prix de l'énergie après la guerre d'agression menée par la Russie contre l'Ukraine en 2022.

Face à l'ampleur de ces défis - sans parler des nombreuses distorsions qu'ils entraînent dans la mesure des données économiques - la Banque centrale européenne (BCE) semble s'en sortir raisonnablement bien, du moins pour l'instant.

Même si les signes avant-coureurs de l'inflation ont été reconnus trop tard, les choses semblent s'être améliorées ces derniers temps. Il s'agissait en effet de trouver des réponses communes en matière de politique monétaire à un éventail aussi varié de chocs, qui touchent un groupe toujours très hétérogène d'économies encore largement nationales.

Fourchette de l'inflation dans la zone euro


 

 

Notre «Chart of the Week» montre les taux d'inflation pour l'ensemble de la zone euro depuis 2016, mesurés par l'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), ainsi que la fourchette entre le pays ayant le taux d'inflation le plus bas et celui ayant le taux d'inflation le plus élevé à un moment donné. En décembre 2023, par exemple, les taux d'inflation variaient de 0,5 pour cent en Italie et en Belgique à 6,6 pour cent en Slovaquie. Le graphique montre également comment et quand l'inflation a augmenté. Tout aussi frappant est l'écart croissant entre les taux d'inflation de différents membres de la zone euro depuis le début de la pandémie de Covid en 2020.

Les raisons sont faciles à déterminer. Les blocages liés à la pandémie et les programmes de soutien gouvernementaux ont été très différents d'un pays membre à l'autre, tout comme les menaces liées aux goulets d'étranglement de la chaîne d'approvisionnement mondiale et aux importations d'énergie russe. Il existe une grande diversité au sein de la zone euro, et pas seulement en termes de développement économique. Le mix énergétique varie d'un pays à l'autre, tout comme la part des secteurs sensibles aux pandémies, tels que le tourisme, ou la pondération de l'alimentation et de l'énergie dans les paniers nationaux de l'IPCH pour mesurer l'inflation. A cela s'ajoute un niveau plus subtil de complications lorsqu'il s'agit d'effets de second tour. En effet, les pays de la zone euro se distinguent nettement par la rapidité avec laquelle les marchés du travail s'adaptent et par la manière dont les loyers, les prestations sociales, les prix réglementés et les impôts réagissent à l'inflation, parfois même au sein de certains pays membres.

«Cela ne facilite pas le travail de la BCE, d'autant plus que les politiques tentent toujours d'exercer une influence», explique Ulrike Kastens, économiste Europe chez DWS. «Mais le risque d'inflation est loin d'être écarté, notamment en raison de la hausse des salaires dans les poids lourds économiques comme l'Allemagne».

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