L’instabilité politique mondiale maintiendra des taux plus élevés

Christopher Smart, Barings AM

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La politique zéro-covid inflexible chinoise entraînera de nouvelles pressions sur les chaînes d'approvisionnement et sur les prix.


© Keystone

Cette semaine, l’actualité apporte de nouveaux signes de tension politique croissante. Manifestations en Chine, escalade en Ukraine et un Congrès américain divisé qui se réunit pour une session peu enthousiasmante. Tous ces événements disparates indiquent que l'ordre politique est en train de s'effilocher, mais ils comportent également des considérations économiques et de marché claires. Les banques centrales avaient pour objectif, en augmentant les taux d’intérêts, de faire ralentir l’économie. Or des perturbations de l’offre peuvent encore arriver de différents côtés, obligeant les banques centrales à lutter contre l'inflation plus longtemps que ne le prévoient les marchés.

Il est particulièrement difficile d'évaluer la portée des manifestations en Chine, qui sont liées aux restrictions de la politique zéro-Covid chinoise, bien qu’elles pourraient comporter également des demandes de réforme politique plus larges. Ces manifestations pourraient s'estomper rapidement avec la réaction des autorités. Elles peuvent également marquer le début d'une ère de plus grande souplesse en ce qui concerne les mesures de confinement liées à la pandémie, qui couvrent désormais des zones représentant les deux tiers de l'économie, selon certaines estimations. Avec la propagation rapide des nouveaux cas de Covid, il est difficile d'envisager une levée générale des restrictions qui stimulerait considérablement les perspectives économiques du pays pour l'année prochaine. Mais même un certain assouplissement des restrictions pourrait éviter un ralentissement plus important pour une économie qui se débat encore avec les séquelles de la crise immobilière.  Dans tous les cas, l'incertitude persistante autour de la politique zéro-Covid entraînera de nouvelles pressions sur les chaînes d'approvisionnement mondiales et maintiendra les prix plus élevés qu'ils ne le seraient autrement.

Les rendements des obligations d'État resteront probablement plus élevés et plus volatils que d'habitude.

Par ailleurs, le fait que le G-7 et l'Union européenne aient des difficultés à s’accorder sur les derniers détails quant au plafonnement des prix sur les achats de pétrole russe fait oublier que les pays les plus riches du monde sont très proches d'un accord. La Russie, quant à elle, a menacé de refuser les livraisons de pétrole à tout pays concerné par le plafonnement des prix. Le pétrole russe trouvera probablement encore des acheteurs avides en Asie, tandis que l'Europe cherchera d'autres fournisseurs. L'impact sur les marchés pétroliers mondiaux reste très incertain, mais le fait que de nouveaux acheteurs trouvent de nouveaux fournisseurs devrait maintenir les prix à un niveau élevé dans un avenir immédiat, même si la demande mondiale faiblit.

Enfin, il y a une petite chance que le Congrès adopte un projet de loi de crédits bipartisan pendant sa session d’avant Noël. Le gouvernement sera à court d'argent le 16 décembre et le sénateur Mitch McConnell pourrait décider d'éviter une épreuve de force l'année prochaine avec une faible majorité républicaine à la Chambre des représentants. Cependant, si le Congrès n'adopte qu'une résolution continue pour maintenir les lumières allumées pendant plusieurs mois, les marchés devront faire face à une autre série d'incertitudes l'année prochaine, lorsque le pays atteindra la limite actuelle de sa dette. Si l'impact de cette situation sur les prix reste incertain, les rendements des obligations d'État resteront probablement plus élevés et plus volatils que d'habitude.

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