Innovation technologique et gérants indépendants

Philippe Perles, Noveo Conseil

2 minutes de lecture

Chronique blockchain. L’innovation technologique est un incontournable à l’accroissement des exigences réglementaires pour les GFI.


©Keystone

Avec ses derniers communiqués, annonçant l’autorisation du 3e organe d’enregistrement et du 5e organisme de surveillance (OS), la Finma a rempli son contrat dans les délais prévus. La mise en place des conditions institutionnelles pour l’application des lois sur les établissements financiers (LEFin) et sur les services financiers (LSFin) est terminée. 

Les gestionnaires de fortune (GF), les trustees et les conseillers à la clientèle indépendants peuvent désormais initier les démarches en vue de s’acquitter à temps de leurs obligations de s’enregistrer et d’obtenir une autorisation découlant de la LEFin et de la LSFin.

Bien que cela représente un atout indéniable pour la profession, il n’en demeure pas moins que ces nouvelles exigences réglementaires viendront s’ajouter à celles déjà existantes tant en regards des actuels OAR que des banques dépositaires avec lesquelles les GF travaillent.

Une grande majorité des banques dépositaires ont déjà initié
une stratégie de digitalisation et de dématérialisation de l’information.

Mais au sein de l’écosystème dans lequel évoluent les GF, et notamment sur ces dimensions réglementaires, une majorité d’acteurs a déjà pris les devants en matière d’innovation technologique.

Au niveau de la Finma, toutes les requêtes en autorisation des GF et des Trustees se traitent au travers de sa plateforme EHP qui centralise les informations et documents nécessaires à l’assujettissement et interagit entre les GF et les OS dans ce cadre.

Certains OS, comme l’OSIF, ont opté pour une approche complètement digitalisée de leur mode de fonctionnement où leur plateforme récupérera les demandes en autorisation des GF directement de la plateforme EHP de la Finma. Cela permettra, entre autres, de faciliter la récupération des dossiers, et donc le traitement de ces informations, en évitant toutes sources potentielles d’erreur, dans le respect de la confidentialité et en toute sécurité! 

Quant aux banques dépositaires, une grande majorité d’entre-elles ont déjà initié une stratégie de digitalisation et de dématérialisation de l’information, notamment sur les processus d’onboarding et de conformité. La plupart se sont dotées d’outils adaptés au traitement de ces données, en parallèle de travaux sur l’optimisation de leurs processus. 

Chaque entité utilise déjà ses propres outils et ses propres standards.

Enfin, concernant les GF, bon nombre d’entre eux, et notamment les grandes structures se sont dotés d’outils de type PMS pour faciliter la gestion et les reporting clients, d’autres se sont tournés vers des services d’outsourcing notamment pour la consolidation de portefeuilles, enfin une majorité s’appuie sur les solutions que les banques dépositaires mettent à leur disposition pour la transmission d’ordres et les reportings clients.

A différents niveaux de la chaîne de valeur,
les principaux acteurs ont fait le pas de l’innovation technologique.

Mais rien n’a encore vraiment été pensé ni développé en matière d’échanges de compliance entre les GF et leur banques dépositaires.

On voit donc déjà qu’à différents niveaux de la chaîne de valeur, les principaux acteurs ont fait le pas de l’innovation technologique, chacun en fonction de ses besoins mais sans forcément beaucoup de concertation entre eux.

Cependant et depuis quelques mois de nouveaux acteurs de l’innovation technologique - et plus précisément de la blockchain - ont fait leur apparition dans l’industrie de la gestion de fortune pour faciliter les échanges de compliance entre les GF et leurs banques dépositaires. Un exemple est la plateforme Wecan Comply, développée en collaboration avec un panel de GF et de banques dépositaires et qui vise la réduction de la charge de travail inhérente aux processus de compliance, le partage d’informations et de documents en temps réel, dans un environnement sécurisé.

In fine, l’innovation technologique est une opportunité pour les GF comme pour les banques dépositaires de consacrer plus de temps à leurs priorités business au travers de produits et services à haute valeur ajoutée plutôt que sur des exigences réglementaires qui ne font qu’augmenter au fil des ans.

A lire aussi...